‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 21 sur 98 · La Confession · texte numérisé non relu

La Confession

Vous savez tous ce que c'est que la confession, et tous vous vous êtes déjà confessés différentes fois. Vous vous rappelez aussi que la confession doit être entere, c'est-à-dire que vous devez confesser tous les péchés au moins mortels, avec leur nombre et les circonstances nécessaires. Elle doit être sincère, ce qui signifie : vous devez vous accuser tel que vous vous connaissez coupable devant Dieu; vous ne pouvez cacher aucun péché qui pourrait êtremortel, ni le diminuer, ni le déguiser, en faisant accroire au prêtre que la chose n'a

pas été fort grave; vous ne devez pas non plus vous excuser, en disant: je l'ai fait, mais c'est un tel qui m'y a forcé. — Puis la confession doit être claire; dites vos péchés de telle manière que le confesseur sache ce que vous voulez dire, par conséquent appelez les péchés par leur nom. Vous ne pouvez pas dire simplement : je m'accuse d'avoir été méchant, ou d'avoir mal parlé. En ce cas le confesseur ne saurait pas ce que vous voulez dire, quelles ont été ces mauvaises paroles, si elles ont été contraires à la modestie, à la vérité ou à l'honneur du prochain etc.

Tout cela, chers enfants, je puis le résumer en quelques mots, en vous disant : après que vous aurez suffisamment examiné votre conscience, déclarez vos péchés tels que vous les aurez trouvés, en vous examinant. Déclarez-les dans l'ordre des dix commandements, comme je vous l'ai montré, en faisant l'examen de conscience. Surtout n'oubliez pas d'en indiquer le nombre; car quoiqu'on l'ait répété si souvent, il y en a plusieurs qui continuent à se confesser, sans dire le nombre de leurs péchés. Celui qui veut inscrire ses péchés sur un billet, pour ne pas les oublier, peut le faire, — mais il doit bien se garder de laisser voir ce billet à d'autre-, il doit avoir bien soin de ne pas le laisser tomber entre les mains de quelqu'un, et le brûler de suite après avoir été à confesse.

Il y a cependant un pointsur lequel je dois insister davantage, chers enfants, afin de mieux vous l'expliquer et de vous l'inculquer profondément : c'est que, comme certains enfants, vous n'alliez pas, par une fausse honte, cacher vos péchés, ou les diminuer ou les déguiser.

Personne n'aime d'avouer ses fautes, surtout des fautes graves, et principalement des fautes dont on ne le soupçonne pas. Aussi y a-t-il quelquefois des enfants, d'ailleurs assez sages, qui, après avoir commis un péché grave, ne veulent pas l'avouer, n'en disent rien à confesse, ou tâchent de le diminuer. 0 mon Dieu! que ces pauvres enfants sont malheureux! Pour le reste, ils sont si consciencieux, ils s'accusent des moindres fautes, ils s'efforcent d'être tranquilles etc. — et tout cela ne leur sert de rien ; aussi longtemps qu'ils ne confessent pas tout avec sincérité, il n'y a pas de

pardon pour eux. — Chers enfants! Peut-être y en a-t-il Tun ou l'autre parmi vous, qui jusqu'ici a caché des péchés. Ah! j'en suis certain : aujourd'hui vous avez la ferme volonté de ne plus jamais le faire, mais d'avouer tout bien sincèrement; car vous savez, que sans cela, vous ne pouvez obtenir aucun pardon; vous commettez au contraire un nouveau péché, un péché énorme, vous faîtes une communion sacrilège, et vous vous attirez les plus terribles punitions de la part de Dieu ! Mais, quoique vous soyiez fermement résolus maintenant... le démon viendra vous tenter de nouveau, il esssaiera de vous fermer, en quelque sorte, de nouveau la bouche; et voilà pourquoi je veux d'avance vous rendre attentifs à ses ruses et à ses mauvaises inspirations, afin que, s'il essaie de vous tenter, vous soyez en état de le repousser de suite.

D'abord le démon vous soufflera dans l'esprit : « Ce péché est trop grand ; vous ne pouvez le confesser, — vous en auriez trop de honte. » Chers enfants ! ne croyez pas le menteur. Quand vous avez commis le péché, il vous a soufflé à l'oreille que vous deviez hardiment le faire, que ce n'était pas un si grand mal, que ce n'était rien ; et maintenant, quand vous allez le confesser, il veut l'exagérer, le rendre énorme. Peut-être n'est ce pas du tout un grand péché et n'est-ce qu'une bagatelle? Il y a parfois des enfants qui s'imaginent que telle chose est un péché mortel, puis ne s'en accusent pas; et peut-être n'est-ce qu'une chose tout à fait insignifiante. (Mais vous êtes obligés de vous en accuser, précisément parce que vous doutez, ou que vous croyez que c'est un grand péché.) Et puis, chers enfants, quand même ce serait une faute très-grave, vous n'avez pas eu honte de la commettre; ainsi vous avez tenu de vilains et sales propos devant les autres : maintenant il ne s'agit pas de répéter ces vilains propos, non, mais de dire simplement: Mon père, je m'accuse d'avoir tenu de sales propos. Eh bien ! est-ce là une si grande honte? Non. C'est honteux sans doute de commettre le péché, mais c'est honorable de l'avouer sincèrement.

« Et que va penser de moi le confesseur? Il sera tout étonné de ce que je lui dirai ». — Cher enfant, au contraire, il ne pensera rien de vous. En effet le confesseur ne connaît

pas toutes les personnes qui se présentent au confessionnal, et quand même il vous connaîtrait, il ne pensera plus à rien après votre confession. Car vous comprenez bien, qu'en écoutant tant de centaines de confessions, il lui est impossible de retenir ce que chacun lui a déclaré a confesse S'il y a une pensée qui l'occupe, c'est celle-ci : « Dieu merci, cet enfant s'est confessé sincèrement, il avait le cœur sur la main ! Cela lui a coûté beaucoup de peines, mais il a su triompher de lui-même; cet enfant a certes une véritable contrition, il a obtenu sans doute le pardon de ses fautes et communiera dignement ! » Je vous dis moi qu'il aura encore plus d'estime et d'affection pour vous qu'auparavant.

« Mais le confesseur me grondera ». Non, mon enfant ! Sans doute il ne vous louera pas d'avoir commis des péchés, il doit vous mettre sous les yeux l'état de votre âme, vous montrer l'énormité de vos péchés ; mais quand il verra que vous êtes touché et affligé, il vous consolera, il vous parlera avec bonté et charité ; vous gronder, vous injurier, vous regarder de travers ? Non, certainement il ne le fera pas.

« Mais je crains de confesser ce péché, parce qu'il pourrait devenir public et être connu des autres ». Cher enfant! vous vous trompez ! Quand vous déclarez votre péché à confesse, c'est justement alors qu'il restera caché, tandis que si vous voulez le cacher, il sera connu publiquement. Quand vous le confessez, à qui le dites vous ? Au confesseur. Or croyez-vous qu'il ose en dire quelque chose? Le confesseur ne peut rien dire, pas la moindre chose de la confession, quand même il pourrait par là sauver la vie à des milliers d'hommes. Si quelqu'un venait se confesser à lui d'avoir jeté du poison dans l'eau d'un puits, le confesseur ne pourrait pas dire aux gens qu'ils ne doivent plus en boire. Il est arrivé un jour que le frère d'un prêtre fut accusé injustement d'avoir assassiné un marchand, et qu'on le condamna à mort. Deux jours avant l'exécution, le véritable assassin du marchand vint trouver le prêtre et se confessa de ce meurtre ; imaginez-vous, chers enfants, ce qui devait se passer dans le cœur de ce confesseur ! S'il avait dénoncé le meurtrier, son frère eût été sauvé et mis en liberté. Mais il ne put rien dire

de ce qu'il avait appris par la confession, et son frère mourut sur 1 echafaud, on lui coupa la tête. C'est le meurtrier luimême qui l'a raconté plus tard, sans quoi on n'en aurait jamais rien su. C'est ainsi encore que S. Jean Nepomucène préféra souffrir le martyre, plutôt que de révéler quelque chose du secret de la confession. Oui, chers enfants, voilà le silence sévère que doit garder le confesseur. 11 ne peut pas même, en dehors du confessionnal lorsque vous êtes tout seul avec lui, vous parler de ce que vous lui avez déclaré à confesse. Ce que vous dites alors au confesseur, c'est comme si vous l'aviez dit à un tombeau, car le confesseur n'en parle pas plus qu'un cadavre; ce que vous lui dites est oublié, caché pour toujours. Mais au contraire, si vous ne confessez pas vos péchés, ils seront rendus publics, ils seront connus des anges et des hommes, au jour du dernier jugement. Oui, mes amis! vos parents, votre famille, vos camarades, etc. tous verront que vous aviez commis ce péché et que vous l'avez caché à confesse. Comment? diront-ils tous, cet enfant, qui paraissait si sage, cet enfant a fait cela ? Qui l'aurait jamais cru ? Quel enfant scandaleux et hypocrite ? 0 mon Dieu ! quelle sera alors votre honte ! vous voulez éviter une légère honte devant le confesseur, devant un seul homme, et voilà que vous serez couvert de honte devant le monde entier ! Voudriez-vous cela?

Et maintenant, chers enfants, considérez quelle énorme différence, il y a entre un enfant qui confesse sincèrement ses péchés et celui qui cache même un seul péché. L'enfant qui est franc et sincère est purifié de ses fautes ; il sort du confessionnal aussi heureux et aussi content, que si on avait enlevé de son âme un poids d'une écrasante lourdeur ; la paix de Dieu est dans son cœur, et le lendemain il reçoit dignement, saintement et avec joie son divin Sauveur. L'enfant, qui n'est pas sincère, fait une confession sacrilège ; il quitte le confessionnal, la conscience chargée d'un nouveau péché, d'un péché énorme, et tourmenté par des remords cuisants ; il s'avance indignement vers la sainte Table ; il vit dans les craintes et les angoisses, il meurt dans le désespoir, il sera déshonoré devant les anges et les hommes, et il expiera

son forfait dans les tourments éternels (i) ! Auquel des deux voulez-vous ressembler ?

En Hollande, il y avait un homme qui avait commis un grand péché contre la pureté, et qui avait honte de le confesser. Sa conscience le tourmentait affreusement. 11 voulut s'étourdir dans les joies et les plaisirs, ce fut en vain ; il voulut retrouver la paix par des œuvres de pénitence, en jeûnant etc, par des actes de bienfaisance, en distribuant des aumônes etc, ce fut inutilement. Enfin, pour se débarrasser de ces cruels remords de la conscience, il résolut de s'ôter la vie. Cependant le bon Dieu le conduisit près d'un brave ecclésiastique ; celui-ri remarqua bientôt que cet homme avait quelque chose sur le cœur, et par ses questions il le mena si loin que le malheureux avoua qu'il voulait se tuer, parce qu'il avait honte de se confesser et qu'il ne pouvait plus supporter les reproches de sa conscience. Le prêtre le consola alors et lui nomma plusieurs péchés, entre autres celui que cet homme avait commis. « C'est celui-là, s'écria vivement le malheureux, oui c'est celui-là qui me tourmente ». — Eh bien, répliqua l'ecclésiastique, vous venez de me le nommer, vous n'aurez donc plus honte de le confesser. Et en effet le pauvre pécheur s'en confessa ; dans la suite il fut si heureux, si content qu'il ne put assez en remercier Dieu pendant le reste de sa vie.

Chers enfants! Tâchez aussi de trouver ce bonheur. Confessez-vous avec beaucoup de sincérité. S'il y a quelque chose qui vous pèse, qui vous gêne, faites comme je vais vous dire : D'abord déclarez vos péchés que vous avez commis depuis la dernière confession. Puis, dites au prêtre : Je veux faire maintenant une confession de toute ma vie. Depuis telle année... J'ai fait de mauvaises confessions. J'ai caché tel péché... Vous verrez, qu'après avoir dit cela, tout le reste ira d'autant plus facilement. Peut-être que vous ne savez pas bien comment vous devez vous accuser de ce péché? Dites alors :Mon père! j'ai un péché (contre tel... comman-

(1) Rappelez l'histoire de ce jeune garçon qui, après avoir fait une confession et une communion sacrilèges, se pendit dans sa chambre. (Voyez page 178).

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dement) et je ne sais comment je dois le dire. »Le confesseur vous interrogera dans ce cas, c'est alors qu'il faut lui répondre avec beaucoup de franchise.

Si vous doutez que quelque chose soit péché ou non, faites comme ceci, dites : Mon père ! j'ai encore quelque chose, mais je ne sais pas très-bien si c'est un péché.

Chers enfants; confessez-vous donc avec sincérité, et vous le verrez, la paix de Dieu descendra dans votre âme. Soyez aussi sans peur et sans crainte. Si vous avez la volonté sérieuse de vous confesser sincèrement, et qu'après la confession, vous vous rappelez d'avoir oublié tel péché... ne craignez pas que votre confession ait été mauvaise. Ce que vous avez oublié, vous n'avez qu'à le confesser, le samedi avant votre première communion. Si alors vous avez encore oublié quelque chose et que vous vous le rappeliez seulement le dimanche matin, (à moins que vous ne sachiez bien que c'est un péché mortel que vous n'avez jamais bien confessé auparavant) vous pouvez cependant aller en paix à la sainte Communion. Malgré cela, si quelqu'un avait encore de sérieuses inquiétudes, il pourrait me le dire le dimanche matin au confessionnal, avant la sainte Communion, ou s'il ne peut aller au confessionnal, il n'a qu'à m'appeler à part, à venir dans la sacristie pour me déclarer ce qui l'inquiète.

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