‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 22 sur 98 · La satisfaction · texte numérisé non relu

La satisfaction

Par satisfaction dans le sacrement de Pénitence, on entend, comme vous l'avez appris, l'accomplissement de la pénitence imposée par le prêtre. Cette pénitence est imposée, pourquoi? 1° Pour expier les peines temporelles dues au péché, 2° pour rendre notre vie meilleure (afin que par-là nous soyons préservés de la rechute dans nos anciens péchés et prémunis contre de nouveaux péchés ; ensuite afin que nous soyons portés à une vie plus pieuse, plus vertueuse, par exemple à la mortification, à la prière, à l'examen de la conscience etc.) Je disais d'abord : pour expier les peines temporelles dues au péché. En effet, après que nous avons reçu dignement le sacrement de pénitence, avons-vous encore des peines à expier? 11 est vrai, en recevant dignement la sainte

absolution, le péché vous est pardonné ainsi que la peine éternelle de l'enfer, que vous aviez méritée pour vos péchés mortels. Mais d'un autre côté, Dieu ne vous remet pas toutes les peines temporelles (qui ne durent qu'un certain temps). Dieu est miséricordieux, c'est pourquoi il remet au pécheur sa faute et les peines terribles, éternelles de l'enfer; mais Dieu est en n ême temps juste, et c'est pourquoi il exige que ceux qui, après le baptême, ont péché si facilement et si gravement, souffrent aussi une peine. C'est vraiment bien de la part de Dieu d'avoir réglé cela ainsi ! Déjà les hommes ne sont que trop méchants; ils ne font guère attention au péché, parce qu'ils savent que, par le sacrement de pénitence, ils peuvent de nouveau obtenir le pardon. Mais à quels péchés ne se livreraient-ils pas, s'ils obtenaient ce pardon sans la moindre punition, sans la plus légère pénitence! Dieu en agit ici comme un père plein de bonté et de sagesse. Celui-ci pardonne volontiers à son enfant, quand il a manqué; il lui rend son affection, mais il lui impose néanmoins une punition, afin que l'enfant comprenne mieux combien il a manqué et s!observe avec plus de soin à l'avenir. Or cette peine temporelle nous devons l'expier, nous devons, pour ainsi dire, la payer en pratiquant des œuvres de pénitence. Cela peut se faire, quand nous accomplissons la pénitence imposée par le confesseur; ensuite quand nous pratiquons des mortifications volontaires que nous nous imposons à nous-mêmes, et quand nous nous soumettons aux pénitences que Dieu nous impose, c'est-à-dire, quand nous souffrons avec patience, comme autant de punitions de nos fautes, les épreuves que Dieu nous envoie, telles que les maladies, la pauvreté, les douleurs, etc.

Par ces œuvres de pénitence, nous devons satisfaire, c'est-àdire que nous devons/aire des pénitencesjusqu'à ce qu'il y en ait assez, pour expier les peines temporelles que nous nous sommes attirées par nos péchés. Et si nous ne satisfaisons pas dans ce monde, nous serons obligés de souffrir dans l'autre monde en purgatoire, jusqu'à ce que nous ayons expié toutes les peines temporelles.

Mais combien de peines temporelles avons-nous méritées

par nos péchés et devons-nous encore supporter après la confession? Personne n'est en état de le dire exactement; cependant vous pourrez le savoir à peu près, quand je vous aurai dit les pénitences que, dans les premiers siècles de l'Eglise, on imposait aux pécheurs pour expier les peines temporelles qu'ils avaient méritées. Je ne vous citerai que deux exemples : Celui qui, par imprudence, avait abusé du nom de Dieu pour jurer, devait jeûner sept jours au pain et à l'eau; s'il le faisait une seconde, une troisième fois, il devait jeûner quinze jours; celui qui bavardait dans l'église au temps de la messe, — dix jours ; celui qui maltraitait ses parents, devait faire pénitence pendant trois ans. Un enfant qui avait fait de vilaines choses, seul avec lui-même, devait jeûner quinze jours ; s'il était âgé de plus de quinze ans, cent jours. Celui qui volait une bagatelle, devait la première ou la deuxième fois, faire une année de pénitence, etc.

Pensez-y, chers enfants ! Combien de fois n'avez-vous pas commis ces péchés et d'autres encore! Combien de peines temporelles n'avez-vous donc pas à expier! Lorsque vous y réfléchissez, vous comprenez aisément que la pénitence, qui d'ordinaire vous est imposée par le confesseur, n'est guère suffisante pour expier les peines temporelles que vous avez méritées pour vos péchés. Cependant pour que, dans l'autre vie, en purgatoire, vous n'ayez pas à souffrir beaucoup, que ferez vous?

1° Vous accomplirez de bon cœur, consciencieusement et avec zèle, la pénitence qui vous a été imposée par le confesseur, — comme d'ailleurs c'est votre devoir; car en l'omettant vous feriez un péché. Mais vous ferez encore plus : vous prierez même le confesseur (ainsi que le font les pieux chrétiens) de vous prescrire une pénitence plus grande. En effet les œuvres de pénitence que nous impose le confesseur, ont plus de valeur que les autres, aux yeux de Dieu.

2° Vous vous imposerez librement des pénitences à vousmêmes, par exemple, en vous levant de plus bonne heure, en retranchant quelque chose de vos repas, surtout les vendredis, en vous privant d'un plaisir, en faisant quelques prières,

en assistant à la sainte Messe et en pratiquant d'autres bonnes œuvres.

3° Vous supporterez avec patience et résignation les épreuves et les contrariétés que Dieu vous envoie, comme les maladies, les souffrances, la pauvreté, les persécutions, etc.; en vous disant : « Hélas! j'ai mérité cent fois plus à cause de mes péchés ; j'aime mieux souffrir maintenant ici, que dans l'autre vie, en purgatoire.

4° Vous tâcherez de gagner des indulgences, au moyen desquelles vous pouvez payer d'une manière facile pour les peines temporelles et vous épargner peut-être de longues souffrances dans les flammes du purgatoire.

Ghers enfants, plusieurs d'entre vous connaissent l'histoire de ce jeune garçon qui, pendant une chaude journée d'été, traversait avec son père la campagne, et refusa de ramasser sur le chemin, un fer à cheval parce qu'il trouvait que c'était trop fatigant pour lui de se courber. Le père le ramassa, le vendit dans le village voisin, et avec l'argent acheta des cerises. Comme ils continuèrent leur route et que la chaleur du soleil faisait éprouver au jeune garçon une soif violente, le père qui allait en avant, laissa tomber une cerise à terre et aussitôt son fils se pencha pour la ramasser; bientôt après il en laissa tomber une seconde et ainsi de suite, jusqu'à ce que le petit drôle les eût toutes ramassées. Alors le père se retourna et dit : « Mon enfant, que tu montres peu de bon sens ! Si tu avais voulu te pencher une seule fois pour prendre le fer à cheval, tu n'aurais pas eu besoin de te courber plus de cent fois pour ramasser les cerises. » Chers enfants! semblables à ce petit garçon, il y a des hommes qui ne veulent pas faire des œuvres de pénitence, et plus tard ils s'en repentiront amèrement. S'ils avaient fait pénitence ici, par de légères et faciles mortifications ils auraient été délivrés de leurs peines, et ils se seraient acquis en outre des mérites et des récompenses dans le ciel ; mais dans le purgatoire ils devront souffrir des peines bien plus grandes et plus nombreuses, sans en recueillir des mérites ou quelque récompense. N'en agissez pas ainsi, mais pratiquez volontiers des œuvres de pénitence, comme je vous l'ai conseillé tantôt.

Je vous ai déjà dit comment vous devez réparer le tort que vous avez! fait au prochain, et quels moyens vous devez employer pour vous corriger ; de même, et plus tard aussi je vous en parlerai encore, je vous dirai entre autres ce que vous devez faire pour conserver la grâce que vous obtenez en recevant le sacrement de pénitence, pour conserver celle qui, dans la sainte Eucharistie, a été si merveilleusement obtenue et augmentée, et pour vous présenter un jour devant le trône de Dieu, avec la robe sans tache de l'innocence. Pour le moment, je n'ai qu'un vœu à faire, c'est que vous observiez exactement ce que je vous ai dit sur la confession générale, afin que vous puissiez en recueillir les fruits abondants, et aller à la sainte Table, avec une pureté et une sainteté dignes de celui que vous allez recevoir.

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