‹ Méthode pour prérarer les enfants à la première communionChapitre 29 sur 98 · LA PERSÉVÉRANCE · texte numérisé non relu

LA PERSÉVÉRANCE

Chers enfants, voilà que vous êtes réconciliés avec le bon Dieu ! Bientôt, oui bientôt viendra l'heure sainte où le divin Sauveur établira sa demeure en vous; son cœur comme le vôtre est plein d'une sainte impatience et rempli de joie. Oh! que vous êtes heureux! — Cependant je ne puis vous le cacher; une triste pensée se présente dans mon esprit et essaie de troubler ma joie, je me demande avec inquiétude : resterez-vous dans cet état? Demain peut-être le soleil se lèvera radieux, le ciel sera illuminé des teintes rosées de l'aurore, et bientôt après, qui sait si des brouillards humides et froids ne voileront pas le soleil à nos regards, pour nous amener une journée sombre et pluvieuse.

C'est ainsi, chers enfants, que le soleil de la grâce divine se lèvera radieusement dans vos cœurs ; mais hélas ! les brouillards empestés du péché ne viendront-ils pas s'accumuler dans votre âme? Que déjeunes gens de dix-huit, de vingt ans sont maintenant grossiers et libertins! que de jeunes filles sont légères et effrontées, pour ne rien dire de pis! et cependant ils ont célébré aussi un jour leur première Communion, peut-être avec les mêmes sentiments de repentir et d'amour, avec les mêmes résolutions que les vôtres. Et vous, ne pouvez-vous pas tourner comme eux? Ah que ce serait affreux, s'il en était ainsi! si vous deveniez infidèles à votre divin Sauveur, si vous alliez violer vos saintes et solennelles promesses, causer à son cœur adorable cette blessure et cet affront, si vous alliez abuser de votre corps et de votre âme pour commettre le péché ! votre corps et votre âme qui, par la sainte Communion, sont devenus sa propriété, et qu'il a pour ainsi dire consacrés comme des vases saints! si vous alliez chasser Jésus de votre cœur pour y donner de nouveau entrée au démon! si enfin vous alliez vous damner, vous damner pour toute l'éternité! Je suis convaincu, chers enfants, que vous êtes fermement résolus à l'éviter, et c'est pourquoi je veux vous montrer aujourd'hui, en peu de mots, ce que vous devez fuir et ce que vous devez faire pour persévérer dans la grâce que vous recevrez.

I. Que devez- vous fuir? Vous êtes obligés de fuir le péché, surtout le péché mortel, puis, autant que possible, tous les péchés véniels entièrement volontaires; c'est ce que je vous ai déjà dit; de même, vous êtes tenus d'éviter les occasions prochaines, c'est-à-dire certaines maisons, certains camarades certains jeux, etc. qui jusqu'ici vous ont entraînés au péché et vous y entraîneraient de nouveau, si vous ne les évitiez pas avec soin. Mais vous devez fuir, non-seulement ce qui jusqu'à maintenant a été une cause de péché pour vous, mais tout ce qui, à l'avenir, pourrait être une occasion de péché, et présenter un danger pour votre âme. Si vous voulez persévérer dans la grâce, vous devez particulièrement fuir:

A) la fréquentation des personnes impies, corrompues et même légères. Si quelqu'un tient de mauvais discours contre

la religion, s'il se moque de la piété et de la vertu, s'il se permet des choses déshonnêtes, s'il veut vous entraîner à des actions honteuses et inconvenantes, n'allez pas avec lui, laissez-le de côté ; et si vous vous trouvez dans une maison, dans un lieu où se trouvent de telles gens à vos côtés, par exemple des domestiques, faites-le connaître de suite à vos parents, à vos maîtres et surtout à votre confesseur, afin que celui-ci puisse vous dire comment vous devez vous conduire. Si vous ne le faites pas, vous vous perdrez infailliblement. Prenez la pomme la plus belle et la plus saine, mettez-la à côté d'une pomme gâtée, ce n'est pas celle-ci qui deviendra saine, mais ce sera la bonne qui se gâtera. De même, quelque sages et vertueux que vous soyez, si vous fréquentez des personnes méchantes et corrompues, vous ne les rendrez pas vertueuses, mais ce sont-elles qui vous rendront méchants et pervers. De même les garçons et les jeunes filles ne doivent jamais se fréquenter familièrement, ni jouer ensemble.

B) Fuyez les lieux dangereux. N'allez pas dans des maisons où il se passe des choses mauvaises ou légères ; gardez- vous d'entrer dans les cabarets, plus tard dans les salles de danse, ne fût-ce même que pour y aller voir. Gardez-vous de rôder pendant la nuit, ou de courir loin de la maison. N'entrez pas au service de maîtres dans la maison desquels il n'y a pas de religion, ni de surveillance. — Je suppose que vous ayez à porter un vase fragile, dans lequel se trouve un onguent rare et très cher : sauteriez-vous avec ce vase, iriez-vous courir sur la glace, en vous disant : je puis y faire attention? Sans doute que vous ne le feriez pas. Eh bien, chers enfants ! Vous portez aussi quelque chose d'infiniment précieux, que Jésus-Christ a racheté au prix de tout son sang, c'est votre âme, votre innocence, et cela dans un vase très fragile ; l'innocence se perd si facilement, et jamais on ne pourra la racheter, jamais on ne pourra la recouvrer, si elle a été perdue. Or ne serait-ce pas une impardonnable imprudence, si vous alliez dans les lieux, où vous pourriez tomber aisément, et perdre votre innocence avec votre âme ? Retenez bien cette parole de Jésus-Christ ; « Celui qui s'expose au danger, y périra ».

C) Evitez la lecture des mauvais livres. Si vous en avez le temps, lisez, surtout le dimanche l'après-dîner, de bons livres qui puissent vous édifier (par exemple: les vies des saints, Philotée, etc).Jesuis prêta prêter à ceux qui veulent venir m'en demander, de bons livres qui amusent et qui édifient. Ceux qui aiment à lire, n'ont qu'à venir me trouver, ils ne doivent pas se gêner. Mais d'un autre côté, je vous en conjure, ne lisez pas de mauvais livres où l'on attaque et insulte la Religion, où se trouvent des choses contraires à la décence. De tels livres sont un véritable poison pour l'âme. Ne lisez jamais un livre qui vous ferait rougir et trembler, si je vous le trouvais entre les mains. Quand vous doutez si le livre est bon, venez me le montrer, je vous dirai alors ce qui en est. — Mais je ne veux pas m'arrêter plus longtemps à vous indiquer ce que vous devez éviter ; je dois encore vous faire bien comprendre :

Page 1