TABLEAU MURAL DE LECTURE
On ne saurait trop engager le maître à faire d'abord sa leçon de chaque jour au tableau noir et à en choisir luimême les éléments (lettres, mots ou phrases). Ainsi seulement il lui sera possible d'en bien graduer les difficultés et de les proportionner à la force et aux progrès de ses élèves, — de ne leur faire lire que des mots employés déjà par lui dans ses leçons de langage et bien connus d'eux,
— de les surprendre enfin et de les intéresser toujours par l'imprévu de l'exercice, de nicanière à les empêcher de lire par pur souvenir, sans aucun etfort et sans se rendre compte de l'assemblage des éléments, comme cela arrive si souvent, quand ils restent des jours et quelquefois des semaines sur le même tableau et devant les mêmes lettres.
Marche à suivre.
Doncle maître écrit chaque jour, en caractères imprimés, les sons et les articulations qui font l'objet de sa leçon, en suivant pas à pas le livret de félève et en s'aidant du tableau récapitulalif. Voici quelques spécimens de ce qu'il devra tracer au tableau noir.
,a = fa "^ e = fe : — i = fi
o = fo
— -u = fu ~^é = fé \è = fè
ch ..
gn -...^:>-^ ill '-^
on?
^ chon -gnon — illon ^"'quon
se -.^
st -;
^aiii
,xblan -Scan — stan ■^stran
..,b = ab .....c = ac -^ d = ad -f = af
ou=
c -- ouc -f = ouf -1 = oui -r = our
A l'aide d'une baguette, il montre la syllabe et essaie df^ la faire lire dans sa complexité. Si les élèves ne peuvent pas la lire d'emblée, il montre et fait lire séparément le son et l'articulation (en commencani, soit par l'arLiculation, soit par le son); puis il les assemble et les fait lire d'une seule émission de voix.
Aussitôt qu'il le peut, il résume les éléments lus séparément dans un mot, puis dans une petite phrase ou portion de phrase présentant un sens.
Usage du tableau mural récapitulatif.
Mais chaque leçon faite au tableau noir ne comprend forcément que quelques éléments nouveaux, et il faut continuellement revenir sur ceux qui ont été précédemment étudiés. C'est ici qu'intervient le tableau mural récapitulatif. Muni de deux baguettes, l'une pour les sons et l'autre pour les articulations, le maître recommence sa leçon, montrant et faisant lire successivement le son et l'articulation, ou inversement; puis il amène ses deux baguettes à la syllabe qu'ils forment par leur réunion et qui se lit d'une seule émission de voix, comme lorsqu'on étudie la table de Pythagore.
La leçon lue au tableau noir, puis au tableau mural, est reprise enfin par chaque élève sur son livret. Elle est suivie de la copie en caractères écrits.
Un autre avantage du tableau mural, que le maître doit toujours avoir à côté du tableau noir, bien en vue des élèves, c'est qu'il peut continuellement s'y reporter pour y faire retrouver les éléments déjà étudiés, et que l'élève ne reconnaîtrait pas au tableau noir ou sur son livret.
Enfin le maître pourra y faire chercher soit des sons, soit des articulations, sur lesquels il croit devoir insister, comme il fait chercher des villes, par exemple, sur une carte de géographie.
Faut-il rappeler que les sons au, in, on, un; eu, ou, oi, au, etc., ne doivent jamais être décomposés, pas plus que les articulations /)A, ch, gn, ill, (7«, etc., — et que les consonnesmuUiples elles-mêmes bl, cr, sp, si, de, ne doivent être décomposées qu'autant et aussi longtemps qu'il sera