‹ Méthode pratique de langage et de lecture d'Écriture, de Calcul, etc, a l'usage du cours préparatoire des écoles primaires. Livre du MaîtreChapitre 60 sur 70 · XXV- LEÇON Un élève nialproi>i>c et pas soig^iieux · texte numérisé non relu

XXV- LEÇON Un élève nialproi>i>c et pas soig^iieux

« Julien, venez ici. Vous ne vous êtes donc pas lavé ce matin? Votre figure est sale. Et votre cou? Il est noir. Voyons vos mains ; montrez-les à vos camarades. Sont-elles propres? » — Tous les élèves : « Les mains de Julien ne sont pas propres ; elles sont tachées d'encre. Julien ne les a pas lavées ce matin. »

« Voyons vos cheveux, votre pantalon, vos souliers, » etc. (Voir le livre de l'Élève.)

VOCABULAIRE

« André, venez ici auprès de moi. Quel âge avez-vous? Répondez tout bas. » — André : «J'ai huit ans. »

Le Maître, s'adressant aux autres élèves : « Avez-vous entendu André? — Non, Monsieur, personne n'a entendu. Je vais recommencer : André, quel âge avez-vous? Répondez à haute voix. Fort. » — André : « Monsieur, j'ai huit ans, » « Cette fois tout le monde a entendu. André avait d'abord répondu à voix basse; puis il a répondu à haute voix. »

« Michel, ouvrez la fenêtre; appelez Philippe qui est rtw bout de la cour. Philippe ne vous a pas entendu. Parlez p/us haut. Criez : Philippe! C'est bien, cette fois. Philippe a entendu ; il vous a répondu. »

Les élèves crient dans la cour pendant la récréation.

XXVP LEÇON Jean écrit.

Le maître fait sortir les élèves de leur banc. Il les range sur une ligne, en face de Jean, de Paul, de Louis, etc., qui écrivent.

« Mes enfants, nous allons regarder Jean et dire ce qu'il fait. Qu'est-ce que Jean fait? »

Un élève (qui comprend déjà un peu le français) : « Jean écrit. » Tous les plèves : « Jean écrit. »

« Est-ce qu'il td>:he, est-ce qu'il essaie de bien écrire? »

Un élève : « Oui, il s'applique à bien écrire. »

« Louis, au contraire, ne s'applique pas à bien écrire. (Le Maître montre un élève qui se tient mal, qui n'est pas appliqué.) Disons tous ensemble : Jean s'applique à bien écrire; Louis, au contraire, ne s'applique pas à bien écrire. »

« Comment Jean se tient-il? — Il se tient droit. Et s'il se tenait comme cela? » (Le Maître se courbe lui-même ou fait courber un élève). — « Il se tiendrait courbé. » « Disons tous ensemble : Jean ne se tient pas courbé, il se tient droit. »

« Sa tète est-elle droite «ur ses épaules, ou est-elle

penchée ? » (Le Maître prend les doux attitudes.) — « Sa tête n'est pas droite, elle est un peu penchée. » « En avant ou en arrière? » (Le Maître prend encore les deux attitudes.) — « En avant. » « C'est bien. Allons, disons tous ensemble : Jean lient son corps droit ; mais il tient sa têle un peu penchée en avant. »

« Appuie-t-il sa poitrine sur la table? contre la table? (Le Maître montre un élève dont la poitrine presse la table.) — Non, il n'appuie pas sa poitrine sur la table. Louis, au contraire, appuie, presse sa poitrine contre la table. »

« Maintenant, voyons le cahier de Jean. Est-il droit? (Le Maître met un cahier droit, en face de Paul ou de Louis.) — Non, jl est un peu incliné, penché. » « A droite ou à gauche? — A gauche. » Disons : « Son cahier est un peu incliné à gauche. » Ce n'est pas bien. Recommençons. Tous ensemble et lentement. Prononçons distinctement, en marquant bien, en détachant chaque syllabe : « Son ca-hier est unpeu-in-cli-né-à-g-auche. »

C'est bien, etc., etc. (Voir, pour la suite, le livre de l'Élève.)

Principaux mots que les élèves, à la fin de la leçon, doivent avoir compris et retenus : s'appliquer, droit, courbé, penché, incliné, ployé, raide, entre, en face de, etc.

VOCABULAIRE

« Jean, touchez le front de Louis avec votre index. Touchez son épaule gauche avec votre main droite. Poussez Paul avec votre coude. Poussez Louis avec votre épaule. Paul et Louis, venez ici. (Le Maître les place au milieu de la classe.) Jean, fermez les yeux, marchez jusqu'au mur. » Jean s'avance; il rencontre Louis et le heurte. «Jean a heurté Louis. Jean se heurte à la table. En passant, Jean a renversé la chaise. Il la renverse rudement: il la culbute*. »

1. On est entré, pour cette leçon, dans de menus détails, afin de bit n marquer la marche à suivre. Les maîtres trouveront sans doute qu'ainsi entendue, la leçon exige plus d'une demi-heure. Sans doute; mais nous ferons remarquer : 1» Que la même leçon doit être répétée quatre lois dans la journée ; que le plus souvent le maître la fera deux fois lui-même, une fois le matin et une fois le soir; qu'il pourra, par conséquent, n'en faire que la moitié à chaque classe; 2" qu'il n'est pas indispensable que

m MÉTHODE PRATIQUE DE LANGAGE,

XXVII* LEÇON Henri alliiiiio une eliandolle.

« Henri, venez ici. Montez sur l'estrade. Ouvrez le tiroir de mon bureau. Voyez- vous une boîte d'allumettes? — Oui, Monsieur. Prenez-la. Ouvrez-la. Prenez une allumette, refermez la boîte. »

Disons ce que Henri vient de faire : « Henri a pris la boîte d'allumettes dans le tiroir du bureau. Il l'a ouverte. II y a pris une allumette. Il a refermé la boîte. »

(( Maintenant, regardez votre allumette. Il y a un bout qui est soufré ; l'autre n'est pas soufré. Frottez le bout soufré sur la boîte. Une fois, deux fois. Encore. Bien. Cette fois, l'allumette a pris feu. Voyez ; le soufre s'est enflammé ; puis, le bois aussi s'est enflammé. L'allumette brûle. »

« Approchez votre allumette enflammée de la mèche de la chandelle. La mèche, à son tour, prend feu. Elle a pris feu; elle s'est enflammée. La voilà qui brûle. Elle éclaire, elle donne de la clarté. Le suif s'échaufl'e, il fond, il coule, le long de la chandelle. »

Disons maintenant ce qu'a fait Henri : « Il a frotté sur la boîte », etc. (voir le livre de l'Élève.) 11 importe, dans ces sortes de leçons, de bien marquer la liaison des faits. 11 faut que ces faits, qui se suivent sous les yeux de l'enfant, donnent lieu dans son esprit à des idées ou plutôt à des images qui se lient et qui s'appellent réciproquement. Les mots, à leur tour, se lieront comme les idées qu'ils expriment. Tout comme l'enfant prépare et coordonne ses moyens en vue de la fln qu'il poursuit, ainsi les mots s'appelleront et se rangeront d'eux-mêmes dans des séries analogues pour exprimer ce qu'il fait.

tous les élèves comprennent et retiennent absolument tout ce qui est dit dans chaque leçon. Que de choses une mèro dit à son entant, que celui-ci ne comprend qu'en partie ou imparfaitement! L'important est d'exciter l'activité de leur esprit. La leçon, d'ailleurs, est faite pour des «élèves d'aptitudes différentes : chacun en prend ce qu'il peut, et il n'est pas bon que la masse soit retardée par quelques esprits inertes ou peu ouverts. Ceux-ci recommenceront le cours d'initiation.

VOCABULAIRE

Le maître dira aux élèves d'aller chercher les paniers qui renferment les provisions pour le dîner. Il leur montrera le pain, le beurre, etc., et leur dira le nom de chaque chose. Il lui sera facile ensuite d'imaginer de petites phrases comme celle-ci : « faime mieux le pain blanc que le pain noir; je préfère le pain tendre au pain dur. Je mange une pomme avec mon pain, f étale du beurre sur mon pain. Maman m'a coupé deux tartines », etc.

XXVIIJc LEÇON

Victoi* lie des ba-gtiettes. Il en fait une Ijotte-cISzaine.

« Victor, allez chercher les baguettes dont nous nous servons pour compter. » — Tous les élèves disent ce que fait Victor: « Victor ouvre l'armoire; il prend une poignée de baguettes, il les apporte sur l'estrade », etc. (Voir le livre do l'Élève.)

VOCABULAIRE

Le maître rapproche deux choses quelconques l'une de l'autre; puis illes éloigne; puis il les rapproche. l\ attache ensemble deux morceaux d'étoffe avec une épingle. Il colle un morceau de papier sur un autre, à l'aide d'un pain à cacheter. Il applique une bande de papier gommé sur un cahier; il la colle; puis il l'enlève, il la détache, etc. Il est facile d'imaginer, dans la classe même, des actes qui fassent comprendre aux élèves le sens des mots de la leçon et d'autres analogues.

Conjuguer quelques temps de verbe : au présent, au passé, au futur.

XXIX* LEÇON Paul va faire une addition au tal>lcaii noir.

K Paul, allez an tableau noir. » Tous les élevés disent' ce que fait Paul : « Paul se lève, il sort de son banc, il quitte sa place, il se dirige vers le tableau^ il est arrivé auprès du tableau, il s'arréle. » Et ainsi du reste, (voir le livre de l'Élève.)

Noter ainsi tous les moments d'un fait, les uns à la suite des autres, dans Tordre dans lequel ils se présentent, c'est développer chez les enfants l'esprit d'observation et d'analyse, c'est leur faire sentir les nuances : ainsi, se diriger vers, s'approcher de, être arrivé auprès de; c'est aussi enrichir leur vocabulaire de verbes qui leur serviront à exprimer plus tard des actes autrement importants.

VOCABULAIRE

Après avoir fait comprendre aux enfants, à l'aide d'un sabot, ce que signifient ces expressions : le dessus, le dessous, le dedans, etc., le maître les appliquera à toutes sorles d'objets dillérents : le dessus de la table, le dessus du banc, le dedans de mon chapeau, etc.

XXX' LEÇON Marcel se fait un verre d'eau sucrée.

Le Maître : « Marcel va préparer un verre d'eau sucrée; nous dirons ce qu'il fait. » — « Marcel prend la carafe de sa main droite. Il vei'se de l'eau dans le verre. Il verse doucement. Le verre se remplit. Le verre est plein. Il découvre le sucrier (ilôie le couvercle du sucrier), il y prend un morceau de sucre entre le pouce et l'index de sa main droite, il laisse tomber le sucre dans l'eau. Il prend une cuiller », etc. (Voir le livre de l'Élève.)

On peut également demander à Marcel de dire ce qu'il fait, à la première personne : « Je prends la carafe, je verse », etc.

CONSEILS AUX MAITRES POUR l/EMPLOI DES LIVRETS. i3o

VOCABULAIRE

Comme dans la leçon précédente, le maître, après avoir bien fait comprendre le sens tie ces mots : le haut, le bas, le devant, le côté, le bout, etc., appliqués aux Jiverses parties du corps humain, en fera l'application à tous les objets qui l'entourent : le haut, le bas, le devant, le derrière de l'estrade, de la chaise, le bout du banc, etc., etc.

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