‹ Méthode RadiochronophotographiqueChapitre 13 sur 22 · SOU · texte numérisé non relu

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une gouttière qui fait tout le tour du plateau métallique et dans laquelle on met au préalable une couche de ouate. Cette boîte se trouve lraversée dans son milieu et, à peu près, dans toute sa hauteur, par un tube carré, également en carton, qui porte, à son extrémité inférieure, un écran fluorescent ayant les dimensions de la fenêtre du chronophotographe et s'appliquant directement contre celle-ci. Par ce moyen, nous sommes toujours à même d'observer ce qui se passe chez l'animal sans découvrir la pellicule. Une seule décharge suffit pour voir si l’animal se trouve bien orienté devant la fenètre, et si les organes digestifs sont arrivés à la phase

FiG. 4. — Trajectoires décrites par les leviers d'entrainement de la griffe du chronophotographe.

d'activité que l'on désire radiographier. On peut de même, pendant l'expérience, se rendre compte de la marche des phénomènes en regardant par le viseur au moment où les étincelles éclatent dans l’ampoule. |

Finalement, la fenêtre du chronophotographe se trouve fermée par un morceau de toile noire bien épaisse qui, tout en s’opposant au passage de la lumière normale, se laisse traverser facilement par les rayons X.

€) APPAREILS PRODUCTEURS DES RAYONS X. INTERRUPTEUR, BOBINE Et AMPOULE. — La première question qu'il nous a fallu résoudre, au début de nos expériences {1903-1904) a été celle de savoir si, avec les appareils radiologiques connus à cette époque, on pouvait

Or

faire la radiographie nette du tube digestif en mouvement. En prenant comme type d'animal la grenouille et en réglant les appareils radiographiques que nous nossédions alors (bobine de Carpentier avec interrupteur électro-magnétique et ampoule à osmo-régulateur de Chabaud-Willard), en vue d'un rendement maximum, cest-à-dire l'interrupteur à sa plus grande fréquence (30 par seconde) et l'ampoule ni trop molle, ni trop dure. Nous avons pu obtenir plusieurs épreuves radiographiques satisfaisantes en moins d'un cinquième de seconde de pose pour chacune.

Chez les reptiles et chez les poissons, et surtout chez ces derniers à cause de l’opacité de l’eau qui les entoure, le temps de pose devait être plus long de 1/3 à 1/2 seconde, mais comme les mouvements du tube digestif de ces animaux sont plus lents, les radiographies obtenues étaient encore acceptables. Par contre, chez les oiseaux et chez les mammifères, poulet, souris, ele., il nous à été impossible d'obtenir des radiographies nettes du tube digestif en mouvement.

Nous avons donc dû nous contenter de faire nos premiers essais de radiochronophotographie sur les vertébrés inférieurs et voici comment nous opérions à ce moment-là : Sur l'arbre moteur du chronophotographe (fig. 5) nous avons placé une came à escargot, donnant une chute de 2 centimètres. Un levier articulé par son extrémité inférieure sur le plateau du chronophotographe était maintenu en contact par son autre extrémité avec le pourtour de la came à l’aide d'un puissant ressort. Chaque fois que l’entaille de la came arrivait, le levier se trouvait brusquement attiré et donnait pendant sa chute un coup de marteau sur un balancier oscillant chargé de fermer, par l'intermédiaire d'un relais, le circuit sur l'interrupteur. La période d'oscillation de ce balancier étant réglée par un amortisseur, on avail à chaque expérience el indépendamment des variations de vitesse du système moteur, un contact d’égale durée et, par conséquent, des épreuves radiographiques comparables. Ajoutons que la came se trouvait calée sur l'arbre du chronophotographe de facon à faire coïncider le moment de la chute du levier, c'est-à-dire du passage du courant dans l’ampoule avec l'arrêt de la pellicule sensible.

L'emploi de ce procédé nous à été très ulile pendant tout le temps que nous nous sommes servis des interrupteurs ordinaires,

EIIGONES

donnant plusieurs interruptions pour chaque photographie. Ce procédé avait cependant le défaut de ne pas pouvoir faire plus de quatre ou cinq radiographies par seconde, car la période d’oscillalion du balancier était relativement longue, environ 1/5 de seconde.

1° Interrupteur. — Les interrupteurs électro-magnétiques,

FiG..:

i. — Came à escargot, marteau et balancier destinés à fermer le cireuit du relais sur l'interrupteur électro-magnétique.

actionnés par la bobine elle-même, présentent l'avantage, lorsqu'ils sont bien réglés, de démarrer aussitôt qu'on ferme le courant primaire sur eux. Malheureusement, ces interrupteurs ont un très mauvais rendement et leur état de fonctionnement change beaucoup pendant l'expérience, de sorte qu'il est impossible de faire avec eux un grand nombre de radiographies comparables.

Les interrupteurs électrolytiques sont encore plus défectueux, car ils exigent des voltages considérables et ne donnent Jamais

des épreuves radiographiques comparables à cause de la variabilité et de la complexité des phénomènes qui provoquent les interruptions.

Quant aux interrupteurs mécaniques à moteur indépendant, il faut faire une distinction entre ceux qui produisent la rupture du courant par le déplacement linéaire et alternatif d'une tige de cuivre, qui pénètre dans une masse de mercure et en sort et les turbines à mercure. Les premiers sont des interrupteurs à basse fréquence, dont la vitesse de rupture est insuffisante et qui donnent par conséquent un mauvais rendement au point de vue radiographique. Les turbines à mercure sont certainement les meilleurs des interrupteurs de ce genre pour Les expériences radiographiques. Avec ces appareils, on peut faire facilement trois interruptions par un tour de la turbine, soit 90 par seconde si on fait tourner la turbine à 30 tours par seconde, ce qui n’a rien d’excessif. La vitesse de rupture de ces interrupteurs est assez grande, 1/500 de seconde au plus si la turbine lourne à 30 tours par seconde et si l’on suppose que la coupure a lieu sur 5 millimètres de longueur.

Il en résulte que la décharge produite par ces interrupteurs esl beaucoup plus puissante à égalité des conditions que celle des autres interrupteurs et nous avons pu, avec une de ces turbines, obtenir des radiographies très nettes d'une grenouille en 1/10 de seconde de pose, c'est-à-dire en la moitié du temps qu'il nous fallait employer avec les interrupteurs électro-magnétiques. De plus, les turbines à mercure permettent de faire toute une série de radiographies successives ayant à peu près la même valeur, car elles projeltent constamment du mercure propre contre les palettes de contact el les diverses interruptions sont assez comparables entre elles. Néanmoins, au bout d’un certain temps, le mercure, qui est continuellement agité, finit par s'émulsionner avec le pétrole et les interruptions deviennent mauvaises. On peut éviter cet inconvénient en remplaçant le pétrole par l'alcool, mais alors le rendement de l'interrupteur est moins bon, par suite de ce fait que l'alcool est moins résistant que le pétrole et que Île temps de rupture devient plus long.

Le grand ennui de ces turbines à mercure, comme celui de tous les interrupteurs qui ne sont pas automatiques, c’est qu'il faut les

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