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III. — Technique opératoire

a) CHOIX, PRÉPARATION ET FIXATION DES ANIMAUX. — Toutes nos expériences ont été faites sur des animaux de petite taille et cela pour plusieurs raisons. D'abord, pour réduire à son minimurm la déformalion que présente l’image des rayons X, déformation qui est produite par l'obliquité de ces rayons, et qui est d'autant plus

CARVALLO, 3

REMT à pes srande que l’objet radiographié est plus volumineux. Ensuite pour pouvoir contenir l’image des organes digestifs sur une longueur de pellicule relativement petite et pouvant être tirée par le chronophotographe. Enfin, pour mieux traverser ces animaux par les rayons X, et avoir des photographies nettes et détaillées de leurs organes digestifs avec une seule décharge.

Nous avons donc choisi, dans les diverses classes de vertébrés, les espèces les plus petites et, en même temps, les plus différenciées au point de vue de l'organisation anatomique et fonclionnelle de leur appareil digestif.

Chez les poissons, nous avons pris des espèces d'eau douce, la perche, la truite, etc., parce que nous les avions plus facilement sous la main, mais nous espérons, un jour ou l’autre, pouvoir lransporter nos appareils au bord de la mer el étendre nos recherches aux espèces marines, dont les organes digestifs présentent tant de particularités intéressantes |

Chez les batraciens, nos sujets d'expérience ont été le crapaud et la grenouille, et principalement celle-ci.

Chez les reptiles, le lézard.

Chez les oiseaux, le moineau, le serin, la fauvetle, le poulet el le canard, ces deux derniers pendant les deux premières semaines de leur existence.

Finalement, chez les mammirères, nous'avons éludié jusqu'ici la souris, mais nous nous proposons également de radiochronophotographier la digestion de beaucoup d’autres espèces qui se prêtent très bien à l'expérience.

Ces divers animaux étaient nourris avec la pâte alimentaire, dont nous avons donné la composition dans la partie historique, ou avec leurs aliments habituels mélangés au sous-nitrate de bismuth. Précédemment, on les faisait jeùner afin d'éveiller leur appétit et de débarrasser leur tube digestif des matières alimentaires. La plupart d'entre eux étaient gavés, une fois fixés, de sorte que l’on pouvait les transporter tout de suite à l'appareil etavoir les premières phases de la digestion sur la pellicule. Pour d'autres espèces, comme la souris, l'expérience ne pouvait commencer que lorsque l'animal avait avalé lui-même son repas. Néanmoins, celte opéralion ne durait pas bien longtemps, une ou deux minutes, car les animaux avaient {très faim el mangeaient avec voracité.

La fixation de ces animaux pendant l'expérience nous a demandé beaucoup de soin.

D'une part, il fallait obtenir leur immobilité absolue, et, d'autre part, nous devions éviter de leur faire du mal sous peine de troubler le cours de leur digestion. Le problème ainsi posé paraissait insoluble, mais, en réalité, il ne l'était pas.

Les poissons, qui nous semblaient être tout d'abord les moins maniables de tous les animaux, sont au contraire ceux qui se prètent le mieux à l'expérience. Pour montrer à quel point le procédé de fixation pour ces animaux était excellent, il nous suffira de dire que nous avons pu garder une truite pendant deux jours consécutifs en expérience, sans que cet animal, dont la délicatesse est légendaire, ait éprouvé le moindre trouble.

Avec du celluloïde, matière très transparente aux rayons X, el complètement imperméable, nous avons construit un petit bac coiffant exactement la forme de l'animal et présentant à ses deux extrémités deux petits tubes en verre pour l’amenée et la sortie de l'eau. Contre une des parois latérales de ce bac et sur sa face interne nous avons collé, par un bout seulement, une petile bandelette en celluloïde, qui, écartée par un coin, exerce une pression très douce mais constante sur le corps de l'animal et le. maintient dans la position qu'on lui donne. La hauteur de ce bac était sensiblement la même que l'épaisseur de l'animal, de sorte que lorsqu'on l’'appliquait contre le diaphragme en papier paraffiné, fermant la fenêtre du chronophotographe, le poisson se trouvait enfermé dans une boîte complètement close, d'où il fui était impossible de sortir et dans laquelle il ne pouvait faire d'autres mouvements que les mouvements respiratoires. Disons, d'ailleurs, que l'animal se trouvait tellement bien, sous l'influence de fort courant d'eau qui traversait le bac et lui arrivait directement dans la branchie, que même sans fermer le bac il restait longtemps absolument immu-

*bile. Une planchette en bois parafliné, portant au centre une fenêtre

qui coïncide avec celle du chronophotographe, servait de support au bac. Dans le but d'assurer une bonne circulation d'eau dans celle-ci et absolument constante, nous avons placé dans l’évier du laboratoire un grand flacon qui recevait l’eau de la conduite à pleins flois el qui débordait constamment. Ce flacon se trouvait un peu au-dessus du niveau qui occupait le bac, et étant loujours rempli

d'eau, donnait une chute constante et entretenait dans le bac par l'intermédiaire d’un tube de caoutchouc une circulation très régulière, avec de l’eau fraiche et bien aérée. Un débit de 2 ou 3 centimètres cubes par seconde était suffisant, vu la faible capacité du bac, pour assurer la respiration de l'animal. Avec ce débit nous sommes arrivés à garder en vie des carpes et des perches pendant une semaine. Toutefois, dans nos expériences sur la truite, nous avons dû forcer l'intensité de la circulation et faire passer dans le bac 5 centimètres cubes d'eau par seconde.

Les moyens que nous avons employés pour la fixation des batraciens étaient beaucoup plus simples, mais pas aussi satisfaisants. La grenouille comme le crapaud se trouvaient attachés sur un châssis en toile, par des rubans en soie, cousus préalablement sur la toile et noués délicatement autour de la racine des membres de l'animal. Lorsqu'on finissait d’attacher l'animal, on mouillait légèrement son Corps ainsi que la toile du châssis et on enveloppait ses extrémités avec du coton humide, pour éviter leur dessiccation. Dans quelques expériences, nous avons mis l’animal dans une auge en toile, dans laquelle il se trouvait accroupi et sans pouvoir bouger, mais nous avons constaté que cette attitude était très défavorable pour la prise des images des organes digestifs. D'un autre côté, l'animal ne semblait pas ‘se porter beaucoup mieux dans cette attitude que lorsqu'il était ligaturé.

Le lézard aussi était attaché sur un châssis en toile, et comme la peau de cet animal est très dure, il ne souffrait pas du tout des . attaches. |

Quant aux oiseaux, nous les avons fixés par leurs pattes et leurs ailes sur une planche en liège, leur corps passant en partie à travers la fenêtre que cette planche présentait dans son milieu, destinée au passage des rayons X. Pour les jeunes oiseaux, il a fallu établir une circulalion d’eau chaude autour de leur corps, afin de maintenir leur température constante et d'éviter le ralentissement des phénomènes moteurs.

Finalement, pour la souris, nous avons fait en celluloïde un tube conique, ouvert à ses deux extrémités, dans lequel l'animal s’en- | gage très volontiers et où il se trouve pris sans pouvoir avancer ni | reculer. Ce tube étant très mauvais conducteur de la chaleur, l'animal |

ne se refroidit pas, malgré l'immobilité à laquelle il est condamné. | |

ENST =

b) MancHe DE L'APPAREIL. — Après avoir fixé l'animal sur son support, on le place contre la fenêtre du chronophotographe, entre la pellicule qui passe immédiatement au-dessus de lui et l'ampoule qui se trouve au-dessous. Préalablement on amorce la pellicule. Cette opération se fait en plein jour, le magasin qui contient la pellicule vierge étant complètement fermé à la lumière. On retire de ce magasin un bout de pellicule de 50 centimètres de longueur, qu'on passe à travers le couloir à friction de la fenêtre du chronophotographe et qu'on enroule autour du cylindre d'entraînement et de la bobine réceptrice. Puis on couvre le chronophotographe avec la boîte en carton. Une ou deux décharges suffisent pour voir sur l'écran du viseur si l'animal a été bien orienté, s'il a été bien nourri et si la digestion est arrivée à la phase qu’on désire radiographier. Ces constatations faites, on met en marche le moteur, puis on embraye le chronophotographe. À partir de ce moment, on voil l’ampoule s'éclairer d'une facon intermittente à des intervalles parfaitement égaux, tandis qu'on entend la pellicule défiler pendant ces intervalles. À chaque tour, les mêmes phénomènes recommencent. L'interrupteur, actionné par l'arbre du chronophotographe, produit sa décharge sur l'ampoule au moment où la pellicule est arrêtée et la photographie se fait, puis la longueur de pellicule impressionnée est reprise par la griffe du chronophotographe et une nouvelle portion de pellicule vierge se présente devant la fenêtre prête à recevoir la prochaine image. Ces diverses opérations se réalisent toujours au même moment et ne peuvent pas empiéter les unes sur les autres, attendu que les pièces mécaniques qui les produisent n’admettent aucun décalage.

Dans le but de savoir le nombre de radiographies que nous faisions dans l'unité de (emps, nous avons installé un petit contact sur l'arbre moteur du chronophotographe qui ferme à chaque tour de celui-ci ie courant d'un accumulateur sur un signal de Desprez. Trois séries d'inscriptions faites au cours de l'expérience, une au début, une autre au milieu et une autre à la fin, suflisaient pour se rendre compte de la fréquence des interruplions et de la constance de celles-ci, mais nous pouvions, bien entendu, faire cette inscription continue en mettant le signal sur un chariot à déplacement automatique. On avaif ainsi un contrôle constant de la vitesse de rotation du chronophotographe et par conséquent du

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