‹ Méthode RadiochronophotographiqueChapitre 6 sur 22 · CANNON : American Journ. Physiol · texte numérisé non relu

CANNON : American Journ. Physiol

facilement Les rayons X. Le châssis étant fixé en face de l'ampoule, on ferme le circuit à intervalles réguliers pendant une seconde. Dans le temps qui s'écoule entre la prise des deux radiographies successives, à l’aide d'une manivelle on enroule la pellicule sur un axe de facon à la faire avancer de la longueur voulue, devant la fenêtre de la lame de plomb. Nous n'avons pris qu'une radiographie toutes les dix secondes, cette vitesse nous ayant paru suffisante pour étudier la propagalion des ondes. Sur le chien et sur l’homme ce procédé n’était pas applicable, ete. »

Tout en rendant hommage à ces auteurs, pour avoir été les premiers qui ont essayé de faire la radiochronophotographie, nous ne pouvons pas considérer leur méthode, comme une méthode bien établie et aple à produire des résultats nets et comparables. En premier lieu, nous ferons remarquer que, contrairement à ce qu'affirment Roux et Balthazard, le temps de pose d'une seconde est trop long pour avoir une image nelle de l'appareil digestif en activité d'une grenouille. Lorsqu'on place cet animal entre 15 et 20 degrés, c’est-à-dire à la température du laboratoire, il faut faire, au moins, une radiographie toutes les deux secondes, pour avoir les diverses phases d'un mouvement de l’estomac. Or, nous savons que, pour obtenir une image nette d'un corps en mouvement, le temps de pose ne doit pas dépasser 1/25 de la période de ce mouvement. Par conséquent. si l'on veut radiographier l'estomac d’une grenouille avec netteté, la prise des images doit èlre faile en moins de 1/10 de seconde, et non pas en une seconde, comme le font Roux et Balthazard. Outre cela, la plupart des opérations qui composent cette méthode (fermeture du circuit sur l'interrupteur, déplacement intermittent de la pellicule, etc.), sont faites à la main, de sorte que les épreuves radiographiques ne peuvent pas avoir la même valeur et les intervalles séparant chacune d'elles sur la pellicule doivent être très différents. Nous regreltons beaucoup que ces auteurs n'aient pas publié leurs pellicules radiographiques, telles qu'ils les avaient obtenues, au lieu de nous donner quelques radiographies isolées, très floues d’ailleurs; on verrait ainsi que les critiques que nous leur adressons sont parfaitement justes. Disons enfin, que douze radiographies sont absolument insuflisantes pour donner une idée, même approximative, des phases que traverse l'activité motrice de les-

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tomac. Dans une seule expérience qui dure plus d'une heure et sur une pellicule de 100 mètres de longueur, nous faisons jusqu'à 2,000 radiographies successives, et, cependant, nous n'avons pas la prétention de croire que toutes les phases intéressantes de la digestion ont été photographiées.

Le professeur vün Grützner', après avoir une année plus tard, en 1898, répété les expériences de Roux et de Balthazard sur la erenouille et sur le rat, essaye de rendre plus opaque le milieu alimentaire, en utilisant le mercure en nature et dans quelques cas le cinabre. Il arrive par ce procédé à avoir certains phénomènes intéressants de la digestion intestinale, entre autres, l’oscillation des aliments dans l'intestin grêle. Il termine cette partie de son travail en disant «qu'il faudra qu'il passe beaucoup d'’étincelles à travers le tube de Rüntgen avant de pouvoir connaître le fonctionnement normal de l'intestin par cette méthode ».

En 1902, un médecin hollandais, le D' P. H. Eykman, de La Haye*, se sert également des rayons X pour étudier les mouvements des organes du cou pendant la déglutilion, mais il cherche à photographier directement ces organes. Ne pouvant pas les radiographier d’une façon instantanée, cet auteur a eu recours à un artifice qu'il appelle lui-même dans une publication récente* le procédé soi-disant instantané. La rupture du courant primaire, nécessaire à l'éclairage de l’ampoule, était obtenue par l’intermédiaire d’un levier mis en contact avec la pomme d'Adam. À chaque déglutition, ce levier se trouvait déplacé et dans sa course il ouvrait le circuit d’un relais, chargé de produire la rupture, mais comme une seule interruption ne suffisait pas à obtenir une image nette des organes en mouvement, le D° Eykman a dû imposer à son sujet d'expérience le {ravail pénible d’avaler cent trente fois pour chaque radiographie. « Je parle toujours, dit cet auteur, d’un seul éclat, bien que cette expression ne soit pas tout à fait exacte, attendu que ce seul éclat devait être, à chaque fois, répété environ cent trente fois. » Aïnsi donc, pour avoir une dizaine de radiographies repro-

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