‹ Méthode RadiochronophotographiqueChapitre 7 sur 22 · Journal d Radiologie, 1908, Bruxelles · texte numérisé non relu

Journal d Radiologie, 1908, Bruxelles

duisant les diverses phases du mouvement des organes du cou, le sujet du D' Eykman a dû avaler le nombre formidable de treize cents fois. On avouera que le procédé est peu pratique, voyons maintenant s'il est exact. Pour que les radiographies obtenues de cette facon puissent avoir une certaine valeur, il faut qu'il existe, pendant tout le cours de l'expérience, une concordance parfaite, non seulement entre le levier chargé de produire la rupture et la pomme d'Adam, mais aussi entre le mouvement de ce dernier organe et les mouvements des autres organes du cou pendant la déglutition. Les précautions prises par le D° Eykman pour assurer la première de ces concordances nous semblent tout à fait insuffisantes. Le levier qui commande l'éclairage de l'ampoule se trouve maintenu en contact avec la peau qui recouvre la pomme d'Adam par un simple fil de caoutchouc, dont la tension agit normalement au plan dans lequel se meut le larynx. Or, la peau de cette région étant très mobile, le larynx peut glisser facilement sous elle en changeant ainsi les rapports établis par l'expérimentateur.

D'ua autre côté, il est bien difficile d'admettre qu'un acte aussi complexe que la déglutition soit toujours égal à lui-même. Les divers organes qui concourent à celte opération doivent, au contraire, suivant les conditions du travail qu'ils ont à réaliser, modifier leurs mouvements et changer très souvent leur rapport cinématique. Nous n'oscrions donc pas prendre le mouvement d'un de ces organes comme point de repère invariable pour l'étude du mouvement des autres. M. Eykman prétend cependant qu'avec son dispositif, la coïncidence des mêmes phases est assurée; mais, s’il en élait ainsi, les quelques épreuves radiographiques publiées par cet auteur dans les Forlschritte der Rüntyenstrahlen, devraient ètre très nettes. Or, ces épreuves sont tellement floues qu'on à de la peine à voir le contour des organes, si bien que M. Eykman s’est cru dans l'obligation de marquer ceux-ci par un trait de plume.

En résumé, M. Eykman s'est donné beaucoup de mal pour radio. graphier sur une plaque fixe, par un grand nombre de décharges de rupture, la posilion des organes du cou à un moment donné de la déglutition, mais ce procédé n'a aucun rapport avec la radiographie instantanée et moins encore avec la radiochronophotographie, dont le principe consiste à faire une série de radiographies instantanées à des intervalles de temps rigoureusement égaux, sur

une pellicule se déplaçant d'un mouvement intermittent el régulier.

En rédigeant l’article « estomac » du Dictionnaire de Physiologie du P' Richet en 1902, nous avons été frappés de voir que, malgré l'intérêt considérable que présentaient les expériences de Cannon, de Roux et de Balthazard, personne ne s'était encore occupé de perfectionner la méthode employée par ces auteurs, pour l'étude des mouvements digestifs. Nous nous sommes alors décidés à entreprendre cette tâche.

Notre premier désir a été d’avoir une impression d'ensemble sur les phénomènes que nous voulions étudier. Dans ce but, nous avons commencé par faire la radioscopie simple des organes digestifs; mais comme les moyens techniques dont on disposait alors ne nous permettaient pas de poursuivre longtemps cet examen radioscopique, nous avons dû construire l’appareil suivant (fig. 1), qui nous a donné d'excellents résultats. Quatre ampoules, formant moulinet, se trouvent montées sur un axe en bois, perpendiculairement les unes aux autres. Le support de ces ampoules est constitué par deux tubes de verre, dont une des extrémités seulement, celle qui est en relation avec l'ampoule se termine par une partie mélallique destinée à permeltre le passage du courant induit. L'axe avec ses ampoules tourne très librement sous une table dont il fait partie. Les fils amenant le courant d'induction pénètrent de chaque côté de la table à travers un tube de verre rempli de parafline et viennent se souder à une lame métallique fixe formant ressort, contre lesquelles butltent les tiges en cuivre de tubes que supportent les ampoules. À chaque quart de tour de l'axe, une ampoule nouvelle vient en contact du courant et pendant qu’elle fonctionne les autres se refroidissent. Cette opération se fait avec une très grande rapidité, de sorte qu’on peut, sans perte de temps appréciable, faire la radioscopie pendant plusieurs minutes et suivre l’évolution complète des phénomènes qu'on étudie.

Afin d'éviter les étincelles qui ne manqueraient pas de se produire au moment du passage des ampoules, nous avons placé entre les deux pôles de la bobine, un excitateur par lequel passe le courant aussitôt qu'il est rompu dans les ampoules. Une autre précaulion importante que nous avons prise est celle de recouvrir le dessus de la table d’une plaque en plomb, portant au centre une large fenêtre dont nous pouvions varier les dimensions à volonté

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