‹ Méthode spinoziste et méthode hégélienneChapitre 35 sur 37 · Magisfra vitm · texte numérisé non relu

Magisfra vitm

cher au cœur, et nous serons toujours des premiers à le défendre partout où nous pourrons croire l'erreur inconsciente, partout où éclatera, comme chez Spinosa, avec la passion de la Vérité, le culte désintéressé de la science; mais jamais nous ne saurions consentir à en faire bénéficier l'homme de mensonge, et cela pour une raison bien simple : c'est que le droit d'errer n'est nullement le droit de mentir.

Encore deux mots pour en finir. Si la Philosophie veut la liberté, il faut qu'elle se surveille elle-même ; il faut qu'elle-même fasse énergiquement sa police intérieure: autrement les Puissances ennemies viendront la faire à ses dépens ; et quand elles lui mettront à la bouche le bâillon du silence, elle sera m.al venue à se plaindre. La besogne est désagréable, sans doute, et nous le savons mieux que par ouï-dire ; mais c'est une tâche qu'elle ne saurait éluder sans faillir à son devoir. Aussi, aux personnes qui, par suite d'une pente naturelle à une indulgence sans bornes, seraient disposées à nous reprocher trop de sévérité, nous ne pourrions qu'adresser une prière , c'est de vouloir bien méditer sérieusement, avant de nous condamner, les paroles suivantes que Platon met dans la bouche de Socrate même : « J estime un moindre

mal de tuer un homme sans le vouloir, que de le tromper sciemment sur le beau, le bien, et le juste (1).

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(République, liv. 5, § 2.)

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