Apologie, ^ xvn, XXXlIi
MÉTHODE SPINOSISTE 71
En présence d'adversaires aussi insidieux que TéLaicnt les sophistes, la méthode Socratique avait assez peu de chances de succès. Socrate n'était pas sans comprendre la difficulté des circonstances, car nous le voyons se répéter à lui-même l'objection capitale de ses contradicteurs : « Voici, ditil, ce que Protagoras ou quelqu'un des siens va nous objecter: vous ne m'opposez ni démonstration ni preuve décisive, et vous vous en tenez à la vraisemblance; et pourtant, si Théodore ou quelque autre géomètre raisonnait delà sorte en géométrie, il ne trouverait pas un auditeur (1). » Ainsi, pour lutter alors -avec avantage, la probabilité ne suffisait pas : il eût ftdlu la certitude. Les géomètres avaient fort bien compris la situation; aussi tendaient-ils à perfectionner la forme de leurs démonstrations pour se mettre à l'abri de toute attaque sérieuse, au moins devant tout esprit de bonne foi. Ici donc, à coup sûr sans le vouloir, la sophistique avait servi une branche importante de la science ; mais elle allait par contre-coup perdre