Ce slcyb américain
Ses principes fonbamentau;c et son but
Cboi;c bes mobèles
En 1888, Madame Quincy A. Shaw, une des vraies philanthropes des Etats-Unis, fonda dans le quartier le plus misérable, peuplé d'émigrants, la North Bennet Street, à Hoston, une école élémentaire dans laquelle furent introduits, pour la première fois en Amérique, les travaux manuels suivant les principes du sloyd suédois. La bienfaitrice appela à la direction de ces cours M. Larrson, instituteur suédois, élève de Naàs. Les premiers résultats furent peu satisfaisants ; les modèles empruntés à la vie domestique en Suède, n'eurent pas d'attrait pour les enfants. M. Larrson s'appliqua, dès le début, à les approprier aux situations et aux goûts américains. Dans de nombreux écrits et dans des conférences, il en exposa les principes fondamentaux, peu connus alors. Entretemps, il fonda des cours normaux libres qui se développèrent et aboutirent à la création de Vécole normale des travaux manuels, dont il est actuellement encore le directeur.
M. Larrson, entouré bientôt de disciples convaincus, expérimenta longuement les adaptations du «sloyd suédois» pour les enfants américains ; il maintint fermement les principes fondamentaux du système et veilla à ce que le choix des modèles et la succession dans l'emploi des outils eut pour effet le développement harmonique de l'enfant. «La valeur du sloyd", dit M. Larrson dans une des nombreuses leçons auxquelles nous avons eu le grand plaisir d'assister à l'école normale, «dépend essentiellement de l'observation stricte des principes fondamentaux universels du système».
Le sloyd a ses doctrines, ses axiomes, ses principes intangibles qui peuvent se résumer ainsi :
1° Les professeurs de sloyd doivent être des liommes d'enseignement et non des artisans.
2° L'enseignement doit être systématiquement progressif, et, à l'exception de certaines démonstrations de classes, autant que possible, individuel.
3° Le travail doit être choisi pour donner le meilleur développement physique, par des mouvements lihres et vigoureux.
4° Les résultats visihles, c'est-à-dire les travaux faits, doivent représenter l'effort personnel de l'élève. En principe, les opérations ne doivent introduire aucune, division du travail et excluent pratiquement l'emploi des machines-outils.
5° Les exercices, dont la progression conduit du travail facile au travail plus dittlcile, doivent s'api)liquer à des ohjets attrayants, dont l'usage peut être compris et apprécié par l'élève.
Les objets sont simples, de bonnes formes et proportions.
6° Les travaux ne comprennent pas seulement l'exécution d'objets qui peuvent être réalisés exactement à l'aide d'instruments de mesure ; ils doivent surtout se faire à main libre et exercer particulièrement le sens des formes et des proportions par la vue et le touchei-.
7° Une importance spéciale est attachée à la propreté, à l'exactitude et au fini de l'exécution, dans le l)ut d'inspirer l'amour du beau travail pour le travail lui-même et de développer l'esprit d'appréciation indépendante.
Gomme on le voit, ces principes ne sont pas particuliers au sloyd, mais s'appli({uent à toutes les branches d'enseignement.
Le but du sloyd est le développement naturel, physiologique, intellectuel et moral de l'élève, suivant une méthode, un processus régulier et rationnel.
Le choix des modèles est la pierre de touche du système. Ces modèles doivent inspirer un intérêt tel que l'élève applique à leur exécution son effort volontaire et toutes ses facultés. Dans ce but, il convient de les adapter aux conditions variables de la capacité, du goût, des mœurs, du milieu, etc. : là se trouve le point capital des méthodes du sloyd ; l'intérêt ne se trouve pas dans les modèles mêmes, qui ne sont pas inaltérables, mais dans les raisons immuables qui en sont la base : la difficulté croissante et progressive des exercices, l'effet de certains outils sur le développement musculaire, la capacité des élèves d'exécuter un travail en toute indépendance, l'utilité et l'agrément du modèle à confectionner dans un espace de temps donné : tous ces points sont considérés soigneusement à chaque pas dans le sloyd américain, tel que l'a formulé et le pratique M. Larrson.
ENSEIGN'EMKNT KI.KMKN TAIHE 103