‹ Méthodes américaines d'éducation générale et techniqueChapitre 30 sur 160 · principes qui ont guibé les abaptations bu sloy · texte numérisé non relu

principes qui ont guibé les abaptations bu sloy

suébois aux situations américaines

Objections : rigibité, bcnuement artistique.

Ca corrélation bes travaux-

Dans les milieux éducatifs et dans le public, une certaine opposition a survécu contre le sloyd, môme chez les personnalités qui sont convaincues de la haute valeur des travaux manuels. On lui reproche son nom exotique qui ne dit rien à l'esprit ; les modèles, produits de la civilisation suédoise, ne répondent ni aux besoins, ni à la mentalité de l'enfance américaine ; l'intérêt qu'offre leur exécution n'est pas sufHsant pour solliciter l'eftbrt ; les types de travaux sont peu variés et ne répercutent aucun des caractères régionaux ou nationaux ; ils sont pauvres de forme et de problèmes originaux.

Dans les congrès de travaux manuels, des orateurs autorisés formulent périodiquement le vœu, de voir les travaux plus pénétrés de l'esprit de la race ; nos enfants, diseftt-ils en substance, sont plus vifs, moins patients, plus inventifs, plus spontanés que les enfants de l'Europe du Nord ; ils ont une tendance à la versatilité ; mais, si leur effort est sollicité par le plaisir, ou l'intérêt, ou la nouveauté, ils sont capables d'une persévérance et d'une activité à toute épreuve. Ils ne se sentent pas volontiers liés par une succession étroitement réglée de travaux ou d'opérations ; ils ne supportent pas d'être limités dans l'expression de leurs idées personnelles.

Les petits campagnards n'apprécient pas les travaux qui conviennent aux habitants des villes ; l'enfant qui habite des régions montagneuses a des goûts et des besoins autres que ceux de l'enfant des plaines ; le climat lui-même est un facteur de variation dans un même milieu. Les aptitudes diffèrent notablement d'un individu à un autre.

Beaucoup de professeurs et d'autorités scolaires trouvent aussi (|ue le sloyd est un système trop rigide, malgré les

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efforts d'adaptation fnits par l'Ecole de P>oston. Dans le vaste domaine de l'industrie, de l'agriculture, du commerce, de la famille, il serait, à leur avis, possible de faire un choix de modèles qui seraient cliacun un fragment de la vie américaine ; les travaux manuels devraient, d'après eux, donner aux garçons et aux filles un moyen d'expression personnelle, de "Self-expression- nationale et contribuer au développement de l'individualisme et de l'originalité de pensée, qualités maîtresses en Amérique.

L'école de Boston et la légion de ses disciples travaillent avec ténacité dans toutes les directions pour faire tomber ces objections g-raves. Les modèles que nous avons publiés constituent déjà une adai)talion sérieuse, qui permet à peine de soupçonner leur source suédoise. Le sloyd s'assouplit, les opérations et manipulations se modifient ; les séries de travaux-types ne visent déjà plus que le développement des aptitudes fondamentales; ils sont toujours entourés de modèles supplémentaires qui se plient dans une certaine mesure, aux g^oùts et aux besoins de la jeunesse américaine.

Tout exercice renferme un principe mécanique ; développer ce principe par la manipulation est, plus que l'achèvement de la pièce, le but essentiel du travail ; une nouvelle connaissance doit se bâtir sur l'ancienne ; chaque modèle renferme un ou plusieurs éléments nouveaux qui se lient à des principes déjà étudiés ; il constitue un échelon qui conduit à celui qui lui est immédiatement supérieur, et met l'élève en mesure de parcourir gi-aduellement toute l'échelle ; la succession rigoureuse s'impose donc dans les travaux. Cette condition étant satisfaite, il reste une marge suffisante, pour rencontrer les désirs des enfants. En voici un exemple :

Trois jeunes gens d'une classe ont acquis sutiisamment d'intelligence et de dextérité pour faire un joint à mis-bois ; l'un veut exécuter un porte-clefs, l'autre un moulin-à-vent, le troisième une étagère pour pots-à-fleurs ; le principe et l'exercice visé sont incorporés dans les trois modèles. Le sloyd ainsi rendu élastique par une interprétation large exalte la spontanéité au lieu de la comprimer.

Un autre exemple d'adaptation est donné par l'application du sloyd à l'enseignement destiné aux enfants arriérés, aux

ENSIilGNEMKNT ÉLÉMENTAIRE l'Jl

avcîUiilos cl sourds, sans ({u'il soit dénaturé dans ses principes fondamentaux.

Le dénuement artistique du sloyd n'est pas non plus de nature à satisfaire la préoccupation grandissante des Américains pour la culture esthétique.

Au début du mouvement, on ne voyait guère, dans les travaux manuels, que le côté procédé, et peu d'attention était apportée à l'aclièvement du produit ; les exercices, et non les pièces finies, étaient le but prescrit. Les instituteurs se sont généralement éloignés de cette idée première et, i)ar le fait, ils exigent que les objets, façonnés par les enfants, soient de bons dessins ; ils veulent que les travaux manuels allinent le goût et contribuent à la culture du sentiment artisti([ue.

Dans les écoles publiques d'Indianapolis, ce résultat est atteint par le fini et le coloris de la pièce et par l'étude serrée des profils et contours. Les objets sont généralement traités à l'huile ou teintés en tons neutre, vert, brun, gris ; le vert de chrome, le brun Van Dyck, la terre de Sienne brûlée sont les couleurs les plus employées.

Créer des formes est une tâche plus difiicile à accomplir pour les enfants de treize à quatorze ans, dont on ne peut attendre des conceptions originales. Nous avons vu des essais fort intéressants tentés d'après la méthode suivante, appliquée à la construction d'une étagère : le professeur énonça le problème ; il discuta et arrêta avec les élèves les dimensions générales de l'objet, sa fonction, sa forme et la construction qui en découle.

Il examina ensuite d'une manière approfondie le problème de la construction et de la résistance des pièces ; scruta les profils, les rapports avec les matériaux employés ; puis, sur la base des renseignements donnés, les élèves procédèrent à l'établissement du plan. De bons dessins furent montrés pour aider les lents et les faibles dans l'élaboration du projet.

Pour la facilité des travaux, l'étagère était symétrique suivant un axe vertical. Les élèves tracèrent le modèle en grandeur d'exécution, sur le papier, et le découpèrent ; lorsqu'une moitié du projet fut terminée, ils firent l'autre moitié, en [)liant leur dessin suivant l'axe ; ils le rapportèrent ensuite

sur le bois. Certains élèves firent une demi-douzaine d'esquisses en papier, avant de trouver une forme acceptable pour l'exécution.

Dans la décoration en relief, les écoles d'Indianapolis cherchent un autre moyen puissant de culture artistique ; le travail décoratif de sculpture se fait à la gouge et se complète par l'application d'ornements en couleur. La décoration est appliquée en un ou deux tons sur fond ; nous avons trouvé de forts intéressantes esquisses, ne manquant pas d'harmonie et de sens décoratif.

Non seulement le dessin, mais dans une large mesure, les travaux manuels, sont enseignés en corrélation avec les diverses branches d'enseignement, sans que, évidemment, la marche progressive des exercices en soit affectée.

Voici un exemple de la façon originale dont l'école d'Indianapolis établit cette corrélation : la classe étudiait la vie d'un seigneur, ses moyens d'atta({ue et de défense dans l'histoire du mo3-en-àge ; dans le cours d'anglais les élèves recevaient simultanément les explications du roman -Ivanhoe». Tout l'intérêt se trouvait concentré sur le chàteau-fort que la classe des travaux manuels entreprit de construire en béton ; on n'y oubliait ni le pont-levis, ni la herse, ni les tours à meurtrières, ni l'habitation seigneuriale. Le pontlevis, la herse et les organes actifs en bois furent exécutés à l'atelier ; le béton — trois parties de sable et une partie de ciment — fut coulé dans des moules en bois, construits aussi par les élèves.

Une journée entière avait été consacrée aux fondations et au moulage des murs avec leurs fenêtres en ogive. Les enfants n'avaient pas seulement étudié les coutumes et les mœurs, les modes de guerre et le type architectural de l'époque, ils s'étaient initiés au mode de construction en béton, qu'ils voient journellement employer autour d'eux.

Nous avons relevé un autre exemple du principe de corrélation qui tend à élargir le cours de travaux manuels. Les enfants des cinquième et sixième degrés avaient projeté et exécutaient un -cash" ou châssis pour la photographie de fleurs. Dans ce travail, ils se servaient du couteau et du marteau comme outils principaux. Le «cash» construit, les

élèves appoiièi'cnt des Heurs ([ui liii-ent interposées entre la lumière et le papier sensible; ils lirent des essais d'ex[)Osition pour arriver au résultat désiré. Les travaux manuels viennent ainsi en aide au professeur de sciences naturelles en fournissant aux élèves un portefeuille garni de îleurs photograpliiées, auxquelles il rattache ses explications.

Dans les travaux manuels, les élèves ne se guident pas toujours d'après un plan donné. Le professeur, voulant faire exécuter un tampon-buvard, ouvrit la discussion sur les avantages et les inconvénients des diverses formes, cintrées ou plates; la majorité fixait son choix sur la forme ronde. La discussion porta ensuite sur le point le plus important : les dimensions du buvard. Ces dimensions furent établies après les essais. Les élèves écrivirent une page et, à l'aide d'un buvard, déterminèrent la zone qui resta humide après achèvement de l'écriture. Sur ces données, méticuleusement établies, ils Otent le projet et allèrent ensuite à leurs bancs pour l'exécuter. L'intervention du professeur n'était nécessaire que pour guider les faibles; les autres avaient si bien le plan en tète qu'ils auraient eux-mêmes informé le professeur.

Les cours de travaux manuels, pas plus que les autres branches, ne tiennent les enfants en laisse ; ils ne les habituent pas à se guider servilement sur ce qui est fait devant eux, et les laissent manifester librement leur esprit d'invention, leur personnalité. Les travaux sont traités comme des exercices de laboratoire expérimental, où les élèves se familiarisent avec les faits et les forces qui agissent dans les industries et les métiers.

S. Ces travaux manuels techniques Ce Système Côby

Dans les séries de modèles, que nous avons reproduits, apparaît nettement le contraste entre le sloyd d'après le système suédois et les travaux manuels d'après les principes techniques, dérivés du système russe. Dans le premier

système, suivant ia preuve documentaire abondante mise sous les yeux du lecteur, chaque objet a une destination déterminée et est fini, tandis que le s^'stème russe considère les travaux non comme une fin, mais comme un moj^en de formation à la fois générale et technique ; les ouvrages de bois ne sont, dans les débuts, que des spécimens d'assemblage de cliarpente et de menuiserie dans lesquels les élèves appliquent les procédés et s'initient à l'emploi judicieux des outils.

Fig. 56. — Les élè\'es au travail dans l'atelier des travaux manuels

XuUe part, nous n'avons vu pratiquer la méthode technique par des élèves âgés de moins de douze ans ; mais elle a, en fait, le monopole dans les écoles secondaires et dans les instituts techniques supérieurs.

Les partisans du système technique disent, d'après Kunkle et Woodward, dont les grandes figures dominent les travaux manuels des Etats-Unis, que le but des travaux manuels est d'enseigner aux jeunes gens le moyen de donner une forme

ENSEIGNEMENT ELKMEN'IAIRE

concrète, technique, à leurs pensées, en gâchant le moins j)()ssil)le de matières, do la manière la plus conforme aux procédés prolessionnols et d'après des méthodes qui visent au développement de leurs facultés. Ciiaque exercice renferme

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