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Doyens b'action ôes bibliothèques pour enfants

1) Les bibliothécaires cajjcibles.

La bibliothèque de Pittsburg possède un personnel d'élite, La bibliothécaire idéale, nous dit Madame Olcott, est la dame qui possède des aptitudes naturelles, un sentiment de sacrifice inné, de la force de caractère, un esprit inventif ; tant mieux si elle a l'abord agréable et le sens de l'humour. Son éducation doit lui avoir donné une grande connaissance des livres, un fonds riche d'information personnelle, une intelligence vive, précise.

L'instruction spéciale que les préposées reçoivent à V Ecole des Bibliothécai7''es ajoute à ces aptitudes naturelles, les cap icités techniques indispensables au succès. Pareilles écoles existent au Pratt Institute à Brooklyn, à Boston, â Pittsburg et ailleurs.

La durée des études est de deux années.

Au i)rogramme figurent les branches suivantes :

Administration des bibliothèques. — Choix des livres.

lui ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE

classiûcalion, catalogues, la bibliothéconomie, l'impression, la reliure, les Libliotlièques pour enfants.

La bibliogvdphie. — Cours : sujets, références, histoire de l'imprimerie, les incunables, histoire de la reliure.

Etudes littéraires. — Langues anglaise, française, allemande, latine.

Histoire des hihliothcques. — Paléographie, etc.; pratique dans les divers travaux de la bibliothèque.

Les récipiendaires présentent une thèse à la sortie.

Les étrangères sont accueillies avec empressement comme élèves rétribuées.

2) La Story hoiir.

Vn moyen puissant d'attraction vers les bibliothèques et qui fait honneur à l'esprit inventif des Américains est la "Story Hour-' ou l'heure hebdomadaire des contes.

De ranti({ue art de conter pour instruire en amusant, exercé par des personnes ayant au plus haut degré le talent d'intéresser les enfants, les bibliothèques tirent un parti magnifique. La "Story teller" ou diseuse de contes, est un produit nouveau et assez imprévu du féminisme américain. Pour sentir l'influence moralisatrice de l'œuvre, il faut avoir assisté aux séances et avoir vu les groupes d'enfants, placés autour d'une grande table, haleter d'émotion et d'intérêt, surexcités au récit adapté des drames de Shakespeare présentés sous formes de "StorieS" (fig. 112). Les romans de l'Iliade et l'Odyssée, les Xiebelungen et la mythologie, les romans du Renard, les romans du <zft\Q de Charlemagne et de ses Paladins, les romans d'Arthur et de la table ronde, toute la littérature de l'Antiquité et du Moyen-âge, si humaine et si expressive, constitue le fond des contes les plus appréciés des enfants de plus de neuf ans. Aux plus petits on réserve des contes bibliques, des légendes locales et historiques, des contes populaires choisis pour leurs tendances morales, leur humour et leur fantaisie. Ces narrations sont souvent ponctuées d'images lumineuses ou de gravures transparentes présentées sous une forme très simple ; elles sont fixées sur un châssis, derrière lequel est placée une lumière. Les bibliothécaires se servent aussi dans ce but de projections lumineuses.

Les bibliothèques ont réuni et suggéré la production

d'une abondante littérature dans Jaquelle puisent non seulement les "Story tellers" pour les enfants de tous les Etats- Unis, mais les mères de famille et les professeurs des écoles élémentaires.

Le rapport de la bibliothèque Carnegie mentionne que les présences d'enfants aux "Story liours", pendant la période

lUÔ ENSEIGNEMENT ELEMENTAIRE

liivernale 1005-1906, se sont élevées au chiffre formidable de 31.103, dans les sept succursales. Les récits ont pour effet de former le goût littéraire et d'entraîner les imaginations des enfants vers des sujets poéti({ues; ils les habituent surtout à lire. Ces récits sont édités en volumes et se trouvent parmi les collections de livres, en nombre suffisant pour satisfaire les demandes des enfants qui, après chaque heure de contes, se précipitent vers la salle de lecture pour connaître la suite de l'histoire.

3) CoUahoration des bibliothèques avec les écoles.

Dans la collaboration des bibliothèques avec les écoles se trouve le secret du développement extraordinaire du goût de la lecture parmi le public américain. Nous avons vu (p. 40j comment les écoles exercent les enfants, dès leur jeune âge, à se servir de la bibliothèque. Dans cette œuvre, les bibliothécaires sont les auxiliaires des instituteurs. Elles mettent à la portée des écoles leurs conteurs qui, à certaines heures, se rendent dans les cours pour faire leurs récits; elles déposent dans chaque classe des collections de livres se rapportant aux contes et aux matières enseignées : les enfants les emportent en prêt à domicile. Près d'un demimillion de volumes sont ainsi, en permanence, confiés par la bibliothèque publique aux enfants des écoles et aux professeurs de New-York.

Dans certaines sous-stations, notamment dans la «East Branch- à Pittsburg, une salle est spécialement réservée aux élèves et aux professeurs qui désirent consulter les livres de réféi'ences et préparer leurs travaux scolaires à domicile. Ces salles, appelées ••Children's rooms" sont la bibliothèque privée des pauvres.

Les résultats visés et atteints par cette collaboration sont les suivants : 1° aucun enfant ne quitte l'école élémentaire sans avoir l'habitude l)ien enracinée de la lecture; 2° tout enfant des degrés supérieurs doit être en mesure de se servir des catalogues et index des bibliothèques, 3° les institutrices des écoles primaires disposent pour leurs leçons d'un riche matériel de démonstration, tels que des cartes et tableaux illustrés, des poèmes enluminés, des gravures, fournis au jour le jour par la bibliotlièque, et spécialement

composés pour les écoles; 4° aucun élève ne sort de l'école normale, qui est aussi associée à l'œuvre, sans être apte à se servir des catalogues et des index. En 1006, à Pittsburg-, les 17,000 ouvrages classiques de la l)il)liotlièque pour enfants ont été empruntés 120.000 fois, par l'intermédiaire des écoles.

4) Les visites à domicile par les bibliothécaires.

Un des devoirs les plus importants des bibliothécaires est la visite aux parents des enfants qui fréquentent la bibliothèque. Ils y vont sous divers prétextes : pour faire signer une formule, s'informer des motifs pour lesquels les petits se sont absentés de la salle de lecture; le but réel est d'ai)prendre à connaître les conditions de vie des enfants, de s'informer de leurs lacunes intellectuelles et morales, pour pouvoir s'appliquer à y suppléer par la lecture. Les bibliothécaires ne sont pas de simples conservateurs de livres, mais des médecins moraux, des éducateurs dans le sens le plus élevé.

5) Les bibliothèques circulantes (travelling librairies). Dans l'Etat dé Massachussets, il n'y a pas un hameau

sans bibliothèque circulante. Dans le comté de Berkshire il y a un village de deux maisons, une église et un cimetière; la consommation de lecture n'est pas moins de 1000 volumes dans l'espace d'un an.

A New-York toute personne honorablement connue peut recevoir de la bibliothèque i)ublique, une collection de livres à l'usage d'une collectivité quelconque.

Rien n'arrête l'ingéniosité des bibliothèques américaines dans la conquête du lecteur. A Pittsburg comme à Gleveland, New-York et Boston, la bibliothèque envoie des assistants qui s'installent, munis de livres, dans les plaines de jeux (Summer playgrounds) réservées aux enfants par des sociétés privées pendant la période des vacances. Ils y servent des milliers de petits clients.

Le "Story teller" y vient même aux heures les plus favorables pour attiser la curiosité des enfants [)ar des récits et les entraîner vers les livres et les sous-stations.

6) Les bibliothèques à domicile et les clubs de lecture. Pour atteindre dans les quartiers excentriques les pauvres

les plus dénués, déguenillés au point de pas oser se montrer

en dehors de la rue, la Li])liotlièqiie a organisé les ^^home libraries- les hibliothèques à domicile. Dès que dans un quartier populaire on a trouvé un liaLitant qui veut accepter un dépôt de livres et accueillir les lecteurs (fig. 113), la bibliothécaire s'y rend toutes les semaines pendant un temps fixé, et y dépose une caisse remplie de livres choisis ; elle y lit à haute voix devant les enfants du voisinage, conte des histoires, enseigne des jeux, des travaux utiles, tels que la couture, la vannerie, leur apprend à se servir des livres, les prête à domicile ; elle revient la semaine suivante continuer son œuvre d'éducation.

Fig. ii3. — Une bibliothèque à domicile ;Home Library) au Soho Hill (Pittsburg)

Une extension du système constitue les cluhs de lecture (reading clubs) formés parmi les garçons plus âgés ; ils sont établis, soit dans les succursales mêmes des bibliotlièques, soit dans les écoles qui sont les vrais cantonnements sociaux, des «social settlements-, ouverts à toutes les œuvres d'éducation ; parfois ces clubs sont installés dans des constructions en planches élevées par les enfants eux-mêmes, dans les terrains vagues.

Les bibliothèques à domicile et les clubs de lecture sont la face sociale de l'œuvre ; les dames admirables qui, s'y dévouent avec un zèle ardent, pénètrent dans les milieux

déshérités pour soulager à la fois moralement et matériellement ; leur œuvre d'éducation se complète de la charité ; elles adoucissent les misères, cherchent du travail pour les pères de famille, aident les parents dans l'éducation de leurs enfants, donnent des consolations et des conseils aux malades ; elles sont éducatrices par l'exemple, par la parole, par l'influence des lectures, des contes, des jeux, des travaux qu'elles organisent ; elles enseignent aux garçons la courtoisie, la loyauté, l'honnêteté ; aux filles la propreté et la douceur. Elles combattent les ravages causés dans la jeunesse américaine par les lectures de revues d'un sou, dénommé le "velloAv trash" qui exaltent les curiosités malsaines et font naitre la propension au crime, en alimentant la jeunesse de livres attrayants et sains.

La bibliothèque Carnegie apporte ainsi, par le ministère charitable de ses préposées, un rayon de joie et d'espérance dans les sordides quartiers de la Cité de l'acier, où voisinent dans une commune détresse morale et intellectuelle des nègres et de nombreux étrangers, déracinés de toutes les patries.

Bibliographie choisie

Dessin et travQu;c manuels

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