INTRODUCTION
des systèmes d'un milieu dans un autre. Loin de notre pensée donc de Vouloir prôner la copie servile «les méthodes américaines.
Notre unique souci est de mettre sous les yeux du lecteur, des faits manjuants dont se déga^yent la physionomie et le caractère de l'instruction aux Etats-Unis.
Les professeurs, les administrateurs d'écoles et les autorités publiques useront des matériaux cpie nous leur apportons, d'après les nécessités et possibilités locales et suivant l'éclectisme de leur formation personnelle; ils les tisseront dans leurs cours ; ils les réaliseront dans leurs travaux et les traduiront dans les règlements et programmes, dans la mesure ([u'ils jugeront utile pour faire progresser l'éducation scolaire et stimuler son i-endement.
Nous serions heureux si les pages suivantes pouvaient orienter nos méthodes scolaires vers le développement de l'énergie par des exercices et des travaux requérant à chaipie instant Vin'Uiafice, cette vertu morale qui fait accepter allègrement des tâches difficiles et imprévues, la persévérance, sans laciuelle il n'y a pas de force que n'arrêtent pas les obstacles. Il serait désirable (|ue notre éducation, à l'exemple de celle des Etats-Unis, fasse naître la conviction qu'il y a peu de difficultés que ne surmonte une volonté tenace et intelligente, attachée à son objet et patiente dans les efforts pour y atteindre.
L'Ecole américaine se différencie de la notre, non seulement par son esprit et son orientation, mais par son organisation.
L'école publique est gratuite; les fournitures sont données sans frais à tous. Nulle déclaration pénible d'indigence à faire. Dans les écoles élémentaires et secondaires, les pauvres et les riches s'asseyent sur les mêmes bancs, sont l'objet des mêmes soins, de la même affection et sont placés sur un pied d'égalité de considération. Cette égalité éveille la dignité persoimelle; aucune distinction de fortune ne s'aperçoit dans l'aspect, les vêtements, la tenue; les physionomies des enfants sont toutes ouvertes, décidées et fières.
Aucune pression extérieure ne cherclie à mouler les écoles dans des formes immuables. La spontanéité et la variété sont les dominantes de leur organisation; elles sont nées là où elles étaient utiles. Sorties des nécessités i)ratiques et non de la théorie, elles sont l'image des situations politiques et économiques et de la
INTHOnrCTION i^
nouvelle organisai tioii sociale qui s'édilie au (l(;là de l'Océan. Le développement politirjue évolue vers la centralisation. L'union l'a emporté sur le pai'ticulai-isme des Etats depuis la guerre de Sécession. La multiplication extraordinaire des moyens de communication, la mobilité de la population d'Etal à Etat, l'immigration croissante d'étrangers (jui veulent être des Américains tout court, au li(Mi d'habitants d'Etats particuliers, tous ces facteurs influencent la création de ce peuple nouveau à personnalité puissante. En même temps que resi)rit public, alimenté par les dernières victoires sur l'Espagne, s'orienta vers ITnion, se développa l'école nationale américaine, une dans son extrême variété, assurant la continuité des études depuis l'école gardienne jusqu'à l'université. Aucun organisme central ne la réglemente : les lois des divers Etats se bornent à formuler les conditions minima à remplir pour participer aux subsides; elles laissent toute latitude aux autorités publiques et aux corporations privées dans l'organisation des études.
Un office central, créé par le Congrès en 1867, sous le nom de Bureau of Education, est annexé au Ministère de l'Intérieur. Cet organisme n'a aucun pouvoir exécutif; il contribue au développement de l'instruction publique, en établissant les statistiques relatant les caractéristiques de l'enseignement, en vulgarisant les systèmes d'organisation et les méthodes d'enseignement, en aidant à la formation des professeurs.
Le Bureau d'éducation et les organismes officiels ou privés, tels que Y Association nationale des professeurs, qui est la vraie créatrice de l'Ecole nationale américaine, agissent tous dans l'esprit de liberté le plus large; ils n'entravent en rien la libre évolution des méthodes, ni l'action des initiatives locales, ni l'expansion naturelle des personnalités ; ils apportent, de tous les coins du monde, des matériaux dont le professeur pourra se servir librement dans ses travaux scolaires.
Les écoles industrielles et professionnelles relèvent moralement des Bureaux de t)'avail..Ce^ organismes ne possèdent non plus de pouvoir exécutif ; ils stimulent l'ardeur des hommes de bien dans la création, le perfectionnement, le parachèvement des œuvres d'instruction technique, sans prescrire des systèmes ni imposer des méthodes ; ils laissent aux nécessités locales et régionales et au génie des promoteurs, protecteurs et professeurs,.