Les écoles d'été (Summer ou vacation schools
4. Les institutions d'enseignement professionnel dont nous traitons dans le Livre IV.
Lorsqu'on visite les écoles industrielles des Etats-Unis, on doit se garder de les examiner à travers l'esprit européen. Il faut les considérer en elles-mêmes, sans partipris, sans idée de comparaison ; le régime, la structure organique, les matières d'enseignement, les tendances diffèrent profondément.
L'enseignement américain n'est nullement spécialisé ; il a partout un caractère d'éducation générale et se rattache intimement à l'instruction générale, primaire et secondaire.
Tandis que nos écoles industrielles partent de bases générales pour aboutir h des spécialités, une culture technique spécialisée est, jusqu'à ce jour, contraire aux aspirations et conceptions américaines ; l'éducation doit cultiver l'homme dans son sens le plus élevé et lui donner une formation de base qui lui permette de choisir, en toute liberté, une carrière définitive et de s'adapter rapidement à une nouvelle situation en cas d'utilité. L'école secondaire technique, que nous avons amplement décrite, est, pour ce motif, l'institution de prédilection des Américains ; les écoles industrielles se rapprochent de son organisation.
Aux Etats-Unis, aucune hiérarchie sociale n'existe dans le ■sens des idées européennes. Nul ne songe à se cantonner dans un degré d'enseignement ou dans une spécialité étroite, et ne veut être irrémédiablement arrêté dans sa carrière qui ■doit rester ouverte ; aucun enfant américain, quelque pauvre
qu'il soit, ne veut se contenter d'un métier modeste de manœuvre, de terrassier, de mineur ; aucune jeune fille ne se tient au i)rojet d'entrer et do rester en service comme servante ; tous s'efforcent de s'élever ; seuls les enfants des races inférieures du Sud, se résignent sans espoir à des situations médiocres. (Test dans cette mentalité qu'il faut chercher la répugnance pour la spécialisation professionnelle et l'origine de la [)rospérité extraordinaire des écoles techniques avec branches d'instruction générale. Des Américains très autorisés m'ont exprimé en maintes circonstances l'avis, que les écoles professionnelles européennes sont, d'après leur conception, trop étroites, trop restreintes dans leurs buts, trop nettement organisées pour faire des producteurs définitivement rivés à une tâche, sans possibilité de s'élever dans la société. Ils ne veulent ])as, (jue leurs écoles produisent un genre d'anormaux, déformés par une instruction qui tend à cultiver des hommes pour un usage social déterminé, sans tenir compte de leurs facultés et le caractère individuel. D'après ces vues leurs écoles industrielles sont des institutions d'éducation technique dont l'enseignement porte, non sur une spécialité, mais sur les professions de base, c'est-à-dire sur les familles professionnelles ; elles sont un échelon dans l'ensemble des études que l'élève doit gravir, quand ces mo^^ens et les circonstances le lui permettent.
Pareil régime scolaire convient à un |)ays neuf dans lequel des larges voies s'ouvrent à l'activité des jeunes gens entreprenants et audacieux.
Parmi les instiiutioiis d'enseignement professionnel, que nous décrivons dans le livre suivant, il y a lieu de distinguer :
a) Les écoles d'apprentissage organisées dans certaines usines ;
B) Les écoles pjrofessionnelles ;
c) Le système des licences données aux Etats-Unis à la suite d'examens professionnels.
Les écoles d'été ou de vacances sont encore des créations foncièrement américaines. La ^^Ghautanqua Institution'^^ organisation à la fois religieuse, académique, technique»
d'une puissance considérable, a servi de modèle à nombre d'institutions similaires établies dans toutes les localités de villégiature d'été.
L'enseignement par con^esjyondance " Correspondance scliools" a pris une extension énorme dans toutes les branches d'instruction et surtout dans l'enseignement industriel pour les spécialités.
Ces institutions sont exploitées par des sociétés anonj^mes €t par des écoles techniques privées. Ces sociétés et écoles publient des ouvrages, parfois bien faits, qu'elles vendent à leurs élèves qui se chiffrent par centaines de mille, preuve que cette forme d'enseignement répond à un besoin moderne.
Les écoles secondaires du soir (Evening liigh schools) sont établies dans les écoles de même rang du joui- ; l'enseignement, donné par les mêmes professeurs, est similaire dans son but et dans ses programmes pour les deux institutions; les études sont gratuites ; elles sont destinées aux jeunes gens courageux et intelligents qui, en raison de leur condition modeste, doivent gagner leur vie par le travail au sortir de l'école primaire, et qui aspirent à entrer à l'université. Nombre d'hommes de science et d'illustrations politiques se sont frayés par les -Evening high schools» la voie à l'université et aux carrières supérieures. Ces écoles font, dans les milieux pauvres, la sélection de tous les talents et de toutes les forces intellectuelles disponibles. Aucun indigent, soutenu par de la volonté, n'est pratiquement arrêté dans les carrières, ouvertes à tous jusqu'au sommet.
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CHAinTHK II
C^école industrielle bu **Pratt institute,, à Brooklyn