‹ Méthodes de l'histoire littéraireChapitre 10 sur 12 · CAS MÉSTIULE CONS ET ANT CNE ER 2 ES · texte numérisé non relu

CAS MÉSTIULE CONS ET ANT CNE ER 2 ES

nous avons le même droit d'essayer sur nos € ciences, nos sensibilités et nos intelligences,… vertu de leurs œuvres, de les obliger à révéler p les réactions de nos esprits des propriétés nouvelle que les générations des siècles disparus n'ont p ou n’ont qu'à peine soupçonnées (1).

(x) C’est peut-être là que j’ajouterais quelq 6

chose à la belle leçon de M. Albert Cahen. J'irais. plus hardiment vers l’actualité, entendue au sens le plus général et le plus élevé. Dans une étude récente sur la Vie morale selon les Essais de Montai gne (Revue des Deux Mondes, 1-15 février 1924), j'ai essayé de distinguer nettement la pensée de Montaigne, telle qu’elle peut apparaître quand on. l’étudie historiquement selon les règles d’une exacte” critique, et l'interprétation qu'une conscience d’aujourd’hui, se plaçant dans une attitude analogue à celle de Montaigne, mais développant sans embar ras ou dépassant selon les besoins et selon les lumières du temps présent les indications des Essais pourrait en tirer pour l'usage présent de la vie. Sn la culture des Universités ou des Collèges prépa l’homme à la vie dans son milieu et dans son temps, il ne suffit pas de connaître la valeur histo= rique des textes; il faut en rechercher la valeur présente. Il faut supposer que ce ne sont pas des choses mortes, et que le développement de leur contenu et de leurs puissances n’est jamais achevé

… On ne doit jamais négliger l'explication gram- … maticale ni l’explication historique ; mais on peut “ny voir qu'une préparation, n’y prendre que des . points d'appui, soit pour une étude de goût, une - analyse de sensations esthétiques, soit pour une — recherche de l'usage et des applications actuelles de . l'œuvre étudiée.

- Toutest légitime, pourvu qu’on regarde son texte … de près, et qu'on s’efface devant son auteur; pourvu - qu'on cherche le vrai, la nuance du vrai par tous … les moyens qui sont à notre disposition. Au reste, dans les limites que tracent certaines conditions - générales de méthode, chaque maître se fera, selon sa culture et son goût, une technique personnelle. Il organisera l’explication aussi selon l’âge, l’instruction, les curiosités, la destination future de ses - auditeurs. L'étude grammaticale sera presque tout . dans les plus jeunes classes, et peu à peu tout le reste s’ajoutera. On n’expliquera pas de même avec des élèves pour qui la littérature ne devra être qu'une distraction sérieuse, un entretien de culture générale, et avec de futurs professionnels, destinés

à fournir leur contribution à l’histoire littéraire ou

à enseigner la littérature (1). Certaines règles de

(1) On n’expliquera pas non plus tout à fait de même certains ouvrages et certains auteurs avec des auditeurs qui n’ont pas fait de grec et de latin, et avec des auditeurs qui savent ces langues. Cela va

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trop le répéter, se retrouveront à tous les étag dans toutes les directions de l'explication de texte

En deux mots, l’explication de textes de nos classes est à la lecture du cabinet exactement ce que; pour le piano, éludier est à déchiffrer. Le bénéfic est analogue. Par l'explication, on s’habitue à s mettre dans une certaine attitude d’esprit, dans ui

certain état d'activité en face des textes; on acquiert

de soi. On appuiera plus ou moins sur certains rapports des œuvres françaises avec les modèles anciens, selon que les auditeurs seront capables de connaître ceux-ci dans l'original ou seulement par des traductions. Je n’en conclus pas du tout qu'on soit moins capable de comprendre et de sentir les œuvres françaises quand on ne sait pas Le grec et le latin. Il en faudrait inférer que le public français (dans sa très grande majorité) n’a jamais ni com pris ni senti sa littérature. D'ailleurs, faut-il savoir l'espagnol pour être en état d'étudier le Cid? ou l'italien, ou l’anglais, ou l’allemand, pour être en état d'étudier tel ou tel autre ouvrage français? Je veux seulement indiquer que selon qu'on aura affaire ou non à un public ignorant la langue du modèle dont l’ouvrage français est inspiré, on orien® tera différemment l'étude; et la comparaison même de l’imitation et du modèle ne se fera pas de même dans les deux cas.

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de les interroger rapidement, de les presser, n voir et résoudre les difficultés, d’en saisir et den suivre les suggestions, de leur faire rendre ut ce qu'il nous est possible de leur arracher de eur contenu. On devient capable de sentir qu’on e comprend pas, ou qu’on ne comprend pas tout; n devient incapable de se contenter des fausses artés et des à peu près; on devient habile à distinguer la voix intérieure qui part du fond de nous, de la parole que nous transmettent l’Elzévir et le Didot. Enfin, on sait lire. Et l'habitude prise au lycée ou à la Faculté se gardera toute la vie. Les #bons effets s'en feront sentir également à celui qui

ter. On n’ajoute guère à cet acquis. Les multiples

vertes dont notre esprit s'enrichit. Notre horizon s'éargit; notre savoir se fait plus solide et plus substan- Miel. Peu à peu, tous les problèmes de la langue, Lious ceux de l’art littéraire, tous ceux de l’histoire des idées et de la sensibilité se posent, à propos

des textes, en termes concrets devant nous; et les de nées, les faits, les enchaînements s'inscrivent I tement dans notre mémoire. Seule, l'étude sérieuse apporte ce profit : il n’en faut pas parler quand. lit tous les livres comme des romans. Ainsi le £ vail de chaque explication nous procure un suppl ment d’information qui nous fait aborder la sui vante avec plus de puissance et de moyens.

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