PE I D
mé “vs dns de, |.) d
| des impressions multiples, mais pour acquérir une.
ser? — rapidement toutes leurs facultés, pour arracher au texte le plus possible de son secret.
On ne songe même pas à condamner la réverie.
dont je parlais tout à l'heure, l’activité créatric de l’esprit du lecteur qui prend le texte seulemen comme tremplin pour s'élancer dans les espaces du concevable ou de l’imaginable. Mais il importe de distinguer, dans ce qu’excitent en moi Montesquieu. ou Pascal, Racine ou Victor Hugo, ce qui est en moi, de ce qui est en eux. Il faut que j’aie appris. à distinguer le sens du livre de l'usage que j'en L fais. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître ce qui a été vraiment pensé, senti, exprimé par Mon: taigne et Pascal, par Racine et Victor Hugo; mais dans ce qui va au-delà de ce qu’on peut raisonna blement appeler leur sens, au delà des plus fine: suggestions qu’on a droit de rapporter encore à leur… volonté plus ou moins consciente, dans ce qui n’est plus vraiment que moi, lecteur, réagissant à une lecture comme je réagis à la vie, il ne faut toutd même pas confondre ce qui est le prolongement l'effet direct, normal, et comme attendu de la vert du livre, avec ce qui ne saurait s’y rattacher par
éclairer aucun caractère.
En un mot, lire avec réflexion, lire pour com prendre et de façon à comprendre, lire pour s donner non seulement des impressions fortes, ou
intelligence claire, précise et distincte des textes,
st une chose qui ne se fait pas toute seule — si ous exceptez quelques individus qui seront toujours, en tout, au-dessus de toutes les règles et de ioutes les pédagogies, et qui, tout de même, auront profit à ne pas les ignorer: c’est une chose qui
“apprend; et c’est la chose qu'on apprend par
Vexercice de l'explication de textes.
IT
D Ce n’est pas d’ailleurs un exercice facile à bien “faire. Et quand il est mal fait, il est plus nuisible “qu'utile : on ne s’en étonnera pas. C’est sans doute “parce qu’il a été souvent mal pratiqué que de bons esprits s’en sont défiés, et que mon cher et vénéra- “ble ami d'Amérique l’assimile à une torture. Par- “fois on s'imagine qu'il s’agit de dire n'importe “quoi, pourvu qu’on dise quelque chose. On débite out ce qu’on sait de l’auteur et du livre. On cause à bride abattue sur le siècle ou le sujet. On cherche à remplir le temps réglementaire de l'exercice. “On s'occupe de faire briller son esprit. L’explication insi pratiquée éloigne du texte, le cache, le fait oublier. Elle est une école de bavardage et de “anité, elle est mauvaise pour le maître, mauvaise - pour l'élève. On ne saurait soumettre cet exercice à des règles trop sévères.
…— Ce n’est pas le lieu d’entrer ici dans le détail de là méthode. On la trouvera définie avec une admi- - rable précision dans une conférence faite au Musée
À téfinnes st
| ie
je h
pas de plus grande et de plus dangereuse errt
que d’ SIRET ou de faire négligemment Il
de la littérature. L'intelligence exacte du roc laire et de la syntaxe de l’auteur, dans la page qu'on a choisie, n’est pas nécessaire seulement P fixer le sens lilléral, mais elle prépare la conn sance fine des nuances de l’idée ou de la forme.
A l'établissement du sens littéral se rapporte l claircissement de toutes les obscurités ou difficultés qui se rencontrent dans le détail de l’expression, celui des allusions de toute sorte, historiques, b graphiques ou autres, qui peuvent embarrasser lecteur moyennement cultivé.
Quand ce travail de mot à mot, pour ainsi di est achevé, alors il s’agit de passer du sens lillér au sens lilléraire. Je veux dire qu'il faut essayer mettre en lumière l'intérêt ou psychologique, philosophique, ou historique (principalement po ar l'histoire des idées, du goût, de la civilisation) du texte choisi, et d’en faire sentir la valeur esthétique; la beauté. Tout ce travail se fait en faisant conco
rir sans cesse l'impression personnelle dont on peut se passer, et la connaissance érudite qui ser à préciser, interpréter, contrôler, élargir, rectife l'impression personnelle. :
4 faut dire tout ce qui ne > peut être omis sans que
texte. Mais une page d’un grand écrivain contient d inépuisables possibilités de pensée ou d'émotion. On ne peut tout étaler; il est légitime de choisir, “entre les intérêts divers, celui qui nous paraît essen- “tiel ou supérieur. On peut toujours indiquer ce “qu'on laisse volontairement de côté.
Corneille écrit quelque part :
« Nos vers disent parfois plus qu'ils ne pensent dire. »
« Plus, et souvent autre chose. Chaque génération lit sa pensée ou son idéal dans les chefs-d’œuvre de . la littérature ; chaque siècle les refait à son image. ‘Aucune de ces interprétations n’a droit d’exclure les autres. Aucune n’est complètement vraie, ni “complètement fausse.
- Il faut partir du sens de l’auteur; par ce qu'il a “voulu dire se détermine la limite de ce qu’on a le droit de lui faire dire. Mais après qu’on a vu ce que les Æssais signifiaient pour Montaigne, et les Pensées pour Pascal, il est parfaitement légitime de se demander ce que ces ouvrages signifient pour nous, de les mettre en contact avec l'idéal, la mentalité et les préoccupations de notre temps. Nous sommes un public pour ces écrivains immortels au - même titre que les gens de 1580 ou de 1670; et
auditoire soit trompé sur le sens ou la valeur du
fi É
til ae reed
LAS OR CL, Nr >, RC , LÉ
de sd
pm + As eg date MOTS Von GREEN à be Ta D