‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 12 sur 67 · RO · texte numérisé non relu

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le phénylméthylcarbinol et le 3 phényléthylol, cherchèrent, sans donner de détails techniques, la concentration minimum de ces corps qui anesthésie la cornée de lapin, et mesurèrent le temps nécessaire au retour de la sensibilité. Ils essayèrent la sensibilité cornéenne au moyen d’une sonde, en graduant la pression, et comparèrent les résultats obtenus avec ceux que donne la solution d’alcool benzylique. Ils virent que les corps essayés sont, sur l’œil, légèrement irritants et se rangent, par ordre d’activité décroissante, de la façon suivante : A VA? B phényléthylol, enfin alcool benzylique.

En 1921 BonaARr et SOLLMANN (26), pour étudier les paraaminobenzoyl dinormalbutylaminoéthanol et propanol et le diéthylamino propyldiphénylaminocarbinol, utilisèrent, sur la cornée du lapin, la technique décrite, en 1918, par SOLLMANN (260). Ils comparèrent l’action des corps étudiés aux actions de la-cocaïne, de la procaïne, de l’holocaïne et de la B eucaïne. Ils mirent en évidence la haute valeur anesthésique du chlorhydrate, ou du succinate, de paraamino-benzoyldibutylaminopropanol (butyne), et constatèrent que cette substance n’est pas irritante, n’agit pas sur les vaisseaux, et ne dilate pas la pupille. Ils virent d’autre part que les deux autres corps sont nettement moins anesthésiques et beaucoup plus irritants.

En 1922, FRoMHERzZ (81), avec des méthodes nouvelles, reprit les essais qu’il avait effectués en 1914. Ayant constaté qu’il existe de grandes différences entre l’action sur la cornée et l’action sur le nerf, il essaya d’expliquer ces phénomènes. Il employa pour ceci trois méthodes : l’une qui utilise la peau de grenouille a déjà été examinée, l’autre qui utilise le nerf sensitif sera examinée plus loin, la troisième enfin, que nous allons voir, utilise la cornée. Il appliqua ces techniques à l’étude des actions de la cocaïne, de la novocaïne, de l’alcool phényléthylique, de la saligénine, de l’eucupine de la vuzine, et aussi à l’étude de corps nouveaux, éthers d'acide carbonique : éther mixte phénylique et diéthylaminoéthylique, éther mixte paraaminophénylique et diéthylaminoéthylique, éther mixte métaxylénique et diéthylaminoéthylique..…..… |

Pour l’essai sur la cornée il apporta quelques détails nouveaux : Pour éliminer les facteurs individuels des animaux d'essai, il essaya sur un œil l’action d’un composé connu (cocaïne, novocaïne) et sur l’autre, simultanément, l’action du corps à étudier. Il détermina pour les deux yeux les concentrations limites capables de donner le seuil anesthésique, c’est-àdire une anesthésie à peine perceptible, et compara les titres de ces solutions.

Confiant dans cette technique, l’auteur n’effectua qu’un très petit nombre d'essais comparés : deux pour l’éther mixte phénylique et diéthylaminoéthylique de l’acide carbonique, un seul pour l’éther mixte paraaminophénylique et diéthylaminoéthylique de l’acide carbonique... Remarquons qu'il serait légitime de procéder ainsi, s’il était prouvé que les deux yeux d’un lapin réagissent, au même moment, exactement de même façon. Malheureusement cette preuve n'apparaît pas dans les expériences que j’ai faites à ce sujet, expériences que nous examinerons plus tard.

RER ET te

En 1923, GoTT11EB (89) utilisa la cornée du lapin pour comparer entre eux les isomères optiques et stéréochimiques de la cocaïne.

La même année GRAF (91) chercha à établir les relations qui existent entre la constitution chimique et le pouvoir anesthésique local des éthers leucinoliques N alcoylés de l’acide paraaminobenzoïque. Il appliqua au lapin les techniques mises au point et employées par NAGEL (190)et FREY (78), SCHUTER (247), KRUCHMANN (135), sur l’homme.

NAGEL (190) avait trouvé sur la cornée, outre la sensibilité à la douleur, une sensibilité nette au contact. On pouvait, d’après lui, mettre en branle cette dernière par simple attouchement avec l'extrémité d’un pinceau imbibé de solution isotonique à 370. Quant à la sensibilité à la douleur, on pouvait la déclancher par pression de crins de différents diamètres, cette pression, prise au moment exact du fléchissement du crin, étant parfaitement constante et mesurable en poids. Ces faits, comme nous le verrons plus tard, furent utilisés par FREY (78) pour l’étude des anesthésies produites sur la cornée humaine.

GRAF (91), travaillant sur le jiapin, ne pouvait pas penser à différencier sensibilité à la pression et sensibilité à la douleur, puisque l’animal répond uniquement par la fermeture de la paupière. Il employa pourtant les excitations préconisées par NAGEL, et utilisées par Frey. Ces excitations sont

les suivantes :

R;, produite par contact avec une pointe très fine de pinceau mouillé nécessitant pour être fléchie une pression de 0 gr. 04. R2, R3, R, produites par pression avec des poils isolés de diamètres différents, nécessitant pour être fléchis les pressions respectives de 0 gr. 08, 0 gr. 26 et 2 gr. 5. Il admit qu’il y avait anesthésie complète au moment où le crin le plus fort, R;, ne donnait plus de réactions.

Il effectua ses essais de la façon suivante : quelques instants après l’instillation de l’anesthésique, on touche la cornée avec la pointe du pinceau R:. S'il n’y a pas de réflexe on essaie aussitôt le crin suivant à divers endroits de la cornée,et ainsi de suite jusqu’au crin R,;. Pour appliquer le crin on appuie soit verticalement, soit en biais, jusqu’à fléchissément. On détermine pour chaque excitant le temps qui s’écoule jusqu’à disparition du réflexe (temps de latence), puis le temps au bout duquel réapparaît le réflexe (durée d’action).

L'auteur étudia ainsi des solutions fraîches, des solutions vieillies, et des solutions stérilisées. Il effectua toujours un essai contrôle, sur l’autre œil, avec des concentrations équivalentes de novocaïne ou de cocaïne ; ce qui ne l’empêcha pas, contrairement à FRoMHERZ (81), d'effectuer de nombreux essais. Il donna, pour chaque corps étudié, les résultats trouvés avec des solutions à des titres très divers. Ses essais mirent en valeur les qualités intéressantes du chlorhydrate de l’éther N diéthylleucinolique de l’acide paraaminobenzoïque. Ce corps, non irritant, stable et stérilisable, agit avec autant de force et de rapidité que la cocaïne sur la cornée.

GRAF compléta ses essais en essayant l’anesthésie produite sur les cor-

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