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différents anesthésiques locaux sur le nerf moteur de grenouille, et obtint, d’après FROMHERZ, des résultats satisfaisants.
En 1900 et les années suivantes, WEDENSKY (292) appliqua la cocaïne entre les electrodes stimulantes et le muscle et étudia l’influence de ce corps non plus sur l’excitabilité, mais sur la conductibilité du tronc nerveux moteur.
En 1904, PoucHeT (200) montra qu’un nerf moteur soumis à l’action d’une solution de stovaïne à 4 % perd au bout de quelque temps son pouvoir de conduction puis devient inexcitable. L’interruption de la conduction est cependant moins nette qu'avec la cocaïne.
En 1904,D1xox (61) démontra,conformément aux travaux de Kocxs (129), que les fibres nerveuses à conduction ascendante du pneumogastrique sont paralysées avant les fibres descendantes.
En 1905, ImPpexs (114) montra qu’une solution d’alypine à 4 % supprime en quelques minutes l’excitabilité du sciatique de grenouille.
A partir de cette époque nous allons trouver de véritables méthodes de mesure de l’activité des anesthésiques locaux. Les unes étudient l’action produite sur le nerf moteur, les autres s’adressent au nerf sensitif. Nous allons d’abord examiner les premières. \
a) Action sur les nerfs moteurs. — En 1906, SANTESSON (232) se proposa d'utiliser l’action sur les troncs nerveux pour comparer l’activité de la stovaïne à celle de la cocaïne. Pour ceci, il enveloppait les troncs nerveux isolés (sciatique de grenouille ou de lapin) avec des tampons d’ouate imprégnés de solutions anesthésiques à 1 ou 5 %. Il étudiait l’action de ces substances aussi bien sur la conduction des fibres motrices, par excitation faradique au-dessus des régions traitées, que sur la conduction des fibres sensitives, par excitation au-dessous. Il trouva que la conductibilité des deux sortes de fibres nerveuses était altérée aussi bien par la stovaïne que par la cocaïne. Cependant la conductibilité sensitive était interrompue plus rapidement par la cocaïne, alors que la conductibilité motrice l’était plus rapidement par la stovaïne. Il constata de plus que la conductibilité motrice, après application du toxique, se maintenait élevée ou même s'élevait pendant un certain temps, puis diminuait lentement et quelquefois brusquement, jusqu’à un minimum.
En 1907, A. Lœwen (161) compara entre elles les actions de la cocaïne, de la novocaïne, de l’alypine et de la stovaïne sur le tronc nerveux moteur. « L’empoisonnement est traduit, dit-il, par une réaction typique dont on peut déterminer quantitativement toutes les phases. Elle consiste dans le changement de l’excitabilité indirecte du muscle, commandée par le nerf étudié. Il se produit des variations dans la durée et dans l’intensité de la contraction musculaire, variations que l’on peut inscrire sur un graphique. L'action du poison sur la préparation neuro-musculaire peut donc être déterminée quantitativement ». L'auteur montra, en outre, que la désintoxication du nerf par lavage est aussi importante que l’action même du
poison et qu’il fallait savoir si, après action prolongée du toxique, un lavage suffisant était capable de redonner au nerf son excitabilité première, ou si, le nerf étant lésé définitivement, son état primitif ne pouvait être retrouvé.
L'auteur décrivit en détails la méthode utilisée pour l'essai sur Rana esculenta : après avoir décapité et écorché l’animal, il détruisait la moelle et enlevait la partie supérieure de la colonne vertébrale en même temps que les viscères. Il fendait ensuite les derniers anneaux de la colonne vertébrale, isolait des deux côtés le nerf sciatique, en le libérant jusqu’au genou et en laissant à son extrémité un fragment vertébral, et gardait intacte la musculature de la jambe. |
L'un des nerfs était traité par la solution à étudier, l’autre nerf servait de témoin, et était conservé dans une solution de RINGER. L’excitabilité des deux nerfs était recherchée, à trois endroits différents, toutes les quinze minutes. L’intensité encore capable de produire la contraction du gastrocrémien était déterminée à l’aide du chariot d’induction.
L’auteur décrivit en détails les appareils dont il se servait : appareil d’induction, et appareil spécial, construit sur ses indications, pour pouvoir obtenir des distances constantes entre les endroits excités et pour pouvoir procéder à une application régulière de l’anesthésique. Notons que deux de ces appareils devaient fonctionner en même temps, l’un pour le nerf anesthésié, l’autre pour le nerf témoin.
L'auteur compara ainsi les activités de solutions de cocaïne, de novocaïne, d’alypine, de stovaïne à 5 % dans l’eau ou dans l’eaû salée. Il constata que ces solutions très concentrées étaient nettement hémolytiques, bien qu’elles fussent sensiblement isotoniques au sang. Il admit pourtant que la préparation nerveuse n'avait pas à en souffrir.
Dans des tableaux fort nets l’auteur donna les chiffres qui expriment l’excitabilité du nerf, c’est-à-dire les distances des rouleaux, en millimètres, nécessaires pour obtenir les seuils d’excitation. Ces essais étaient renouvelés, comme nous l’avons vu, tous les quarts d’heure, pour chacun des trois points d’excitation. Après avoir appliqué l’anesthésique pendant une heure, LœwEen cherchait enfin, par lavages au liquide de RINGER, à retrouver l’excitabilité primitive. Chaque expérience était exprimée par une courbe portant en abscisses les temps, en minutes, et en ordonnées les distances, en millimètres, des rouleaux.
L'auteur tira de ses essais des résultats curieux, que nous aurons l’occasion d'examiner de plus près.
I1 constata, en premier lieu, que l’action d’une solution de cocaïne, à 5 %, étaitrelativement faible. Sous l'influence de cette solution pourtant très concentrée, « même après un traitement d’une heure, l’excitabilité n’est pas détruite. Elle est simplement diminuée jusqu’à 32 % de son expression primitive ». Il constata que Faction toxique se faisait sentir généras lement de façon plus forte sur la partie centrale du nerf. Il compara enfin éntre elles les activités des corps étudiés. Pour lui, la novocaïne n’est
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pas aussi active que la cocaïne, car, à concentrations égales, l’action est moins prolongée pour la novocaïne, et à réaction égale la cocaïne agit à des dilutions moindres. L’alypine agit mieux que la novocaïne et se fixe plus fortement sur les nerfs. La stovaïne agit bien plus que tous les autres corps, et produit un changement durable dans la fibre nerveuse. L'auteur ayant pensé que cette action spéciale était due à la présence d’HCI libre par dissociation du sel, diminua cette concentration en ions H par addition d’acétate de soude. Les résultats n’en furent pas modifiés.
LŒwEN a donc mis au point une véritable méthode de mesure de l’activité des anesthésiques locaux. Nous verrons pourtant que les résultats qu’il a trouvés sont fort critiquables. :
En 1910, G. Prquanp et L. DREYFUS (196) comparèrent entre elles les actions de divers anesthésiques sur le nerf sciatique de grenouille. Leurs expériences ont plus de simplicité, et plus d’exactitude, que les précédentes. Ils se boruèrent à classer les corps étudiés sans exprimer par des chiffres les forces anesthésiques.
« Les deux nerfs sciatiques d’une grenouille étant découverts, on dépose sur le nerf du côté droit 10 gouttes de cocaïne à 1 %, et sur le nerf du côté gauche 10 gouttes de stovaïne à 1 %, puis on excite les pattes de l’ahimal par un courant faible ou par de légers pincements.Au bout de cinq minutes l’animal ne réagit plus à droite, tandis qu’à gauche il a encore de légers mouvements de défense. Au bout de dix minutes, l’animal ne réagit plus ni à droite, ni à gauche. Au bout de vingt minutes l’animal commence à réagir de nouveau du côté gauche ». Les auteurs par cette méthode et aussi par d’autres méthodes que nous avons déjà examinées (méthode des ampoules cutanées sur le lapin, action sur la cornée) rangèrent les anesthésiques locaux, par puissance décroissante, de la façon suivante : cocaïne, novocaïne-adrénaline, novocaïne, alypine, cocaïne-stovaïne, stovaïne, tropacocaïne et eucaïne f.
En 1910, O. Gros (94), continuant ses recherches comparatives sur les anesthésiques locaux et sur les narcotiques, utilisa l’action sur le nerf moteur. Il fit agir, tout d’abord, la solution anesthésique sur le nerf et sur le muscle,et constata que l’excitabilité du premier était bien plus vite abolie que celle du second. Il en conclut que les anesthésiques locaux possèdent bien, comme l’a montré FRANÇoIs FRANK, une action dépressive générale, mais qu’ils possèdent, et c’est ce qui leur donne un caractère particulier, une action élective sur le tissu nerveux. Dans une seconde série d'essais il essaya sur les fibres motrices et sur les fibres sensitives le pouvoir anesthésique local des narcotiques. Il utilisa pour ceci la technique de MommsEN ! et procéda de la façon suivante : Il isola le sciatique d’une grenouille et chercha les seuils d’excitations tétaniques centrale et périphérique. Il fit alors agir la substance narcotique sur le nerf, sur une longueur
1. Cet auteur (184) avait, dès 1881, décrit avec beaucoup de détails l’action sur l’excitabilité du nerf et du muscle (sciatique-gastrocnémien de Rana temporaria et esculenta) du sulfate d’atropine, et des vapeurs d’alcool, d’éther et de chloroforme.
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de deux centimètres, et chercha de nouveau, à intervalles réguliers, les seuils d’excitation. Il constata ainsi que les fibres sensitives etaient touchées plus vite que les fibres motrices, mais il vit qu’il fallait pour cela des concentrations assez élevées. IL essaya ainsi les narcotiques suivants : hydrate de chloral, paraldéhyde,hydrate d’amylène, éthyluréthane, phényluréthane, propionate d’éthyle et hypnone. Tous ces corps se montrèrent capables, à hautes concentrations, de supprimer l’excitabilité du sciatique, cette excitabilité initiale pouvant revenir après lavage prolongé. Il compara enfin ces concentrations, nécessaires pour supprimer l’excitabilité motrice du nerf, à ceiles qu’il fallait employer pour obtenir l’anesthésie sensitive par la méthode des ampoules, et à celles qu’il fallait employer pour obtenir la narcose par action sur l’animal entier. Nous verrons plus loin que ces comparaisons permirent à l’auteur de séparer l’action des narcotiques de celle des anesthésiques locaux.
Enfin, dans une troisième série d'essais O. Gros appliqua la technique précédente à l’étude des anesthésiques locaux. Il pensait, selon la théorie de ME£yER et OVERTON, qu’une solution anesthésique agissait d'autant plus rapidement et plus intensément que la concentration de la base s’y trouvait plus élevée. Il essaya donc les différents anesthésiques locaux sur le sciatique, d’abord sous forme de chlorhydrate, puis sous forme de base. Il vit ainsi que la base agissait notablement plus vite que le sel, et à des concentrations bien plus faibles. Ses essais portèrent successivement sur la cocaïne, la novocaïne, l’alypine, l’eucaïne et la stovaïne. Il arriva même, dans l'essai de ces corps, à cette conception un peu étonnante, contraire aux résultats trouvés par les autres chercheurs, que toutes les bases sont presque également actives et que l’activité variable des sels n’est due qu’à leurs dissociations hydrolytiques plus ou moins poussées. Il pensa donc qu’il fallait aider à la dissociation des sels et en particulier des chlorhydrates et eut l’idée de les additionner de bicarbonate de soude, espérant qu’il se ferait des bicarbonat:s plus dissociés. Il reprit donc, sur le sciatique, l'essai de ces mélanges et montra que pour toutes les solutions étudiées la limite d'activité se trouvait entreles concentrations N/800 et N/1.600. Les essais avec la méthode des ampoules donnant, pour les concentrations minima anesthésiantes, des chiffres variant de N/1.600 à N/6.400, O. Gros crut pouvoir conclure de cette dernière série d'essais que les terminaisons sen-» sitives touchées dans la méthode des ampoules sont beaucoup plus sensibles que le nerf moteur.
Comme il avait montré auparavant que les narcotiques dans l’un et l’autre cas montraient une activité égale, il conclut qu’il y avait là une première différence entre narcotiques et anesthésiques locaux. Une autre différence, rappelons-le, se trouvait dans le fait que, pour les narcotiques, il fallait employer pour anesthésier les nerfs une concentration environ six fois plus grande qu: pour produire la narcose générale ; ce qui n’est évidemment pas le cas pour les véritables anesthésiques locaux.
Nous voyons donc que la méthode d’essai sur le nerf moteur a rendu de
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très grands services à O. Gros. Elle lui à permis d'effectuer des essais, dont ke interprétation est quelquefois assez discutable, mais qui sont De du plus grand intérêt.
En 1910-1911 Symes et VELEY (268) étudièrenit l’activité de la stovaïne et de quelques-uns de ses homologues sur le nerf. Ïls reprirent pour ceci la technique de GRUNHAGEN (97) et appliquèrent la solution à essayer entre les électrodes stimulantes et le muscle. Cette méthode est en effet avantadeuse püisqu’éllé ne produit pas de troubles dans la portion stimulée du nerf et qu’elle permet l’étude de l'établissement et de là subsistance du blocage aresthésique sous excitations constantes.
Les observatiotis de SYMES et VELEY furent faités sur la préparation neuro-musculaire du sarlorius de grenouille. L'extrémité du muscle était réliéé à üh myographe léger. Les stimulants étaient des chocs d’induction, de rupture, appliqués à des intervalles de dix secondes. Les temps d’excitation étaient suffisaminent courts pour exclure la fatigue.
Entre les électrodes et le muscle, à peu près à deux millimètres de ce dernier, on immergedit un centimètre du herf dans un bain contenant successivemert de l’eau salée, puis uné solution de la drogue dans l’eäti saléé, enfin, dé nouveau de l’eau salée. Les contractions musculaires s’inscrivaiernit sur un Cylindre à vitesse parfaitement Connue, les temps et les stimulations s'inscrivant aussi. L’inducteur choisi était soit un appareil de Cambridge, soit un appareil de Berne, le voltage et les distances des bobines étant définies et parfaitement fixes, l’excitation restait constante, et très suffisante pour proVoquer uhe réponse maximum du muscle. Toüté préparation neuromusculaire ne donnant pas cette réponse était rejetée.
Les autéurs cherchèrent d’une part les conditions qui influeñt sur lé blocage anesthésique par la cocaïne, et d’autre part les valeurs anesthésiques différentes des drogües étudiées. Ils constatèrent que le blocage est plus ou moins rapide selon les nérfs traités, et selon les grenouilles. Sur le sciatique gastrochémien il fallait par exemple quaränté minutes pour qu’uné solution de chlorhydrate de cocaïne N/100 puisse produire le blocage. Il suffisait de trois minutes pour produire le même effet avec la même solution sur le nerf du muscle sartorius. En outre le même nerf réagissait de facon très différente suivant les animaux d'essais. Enfiñ l’état de la préparation
“influait beaucoup sur le terips de blocage : une préparation viéillie résistait plus loñgtetips qu’une préparation fraîche. |
Avec des solutions diluées la diminution de température retardait le blocage. Un blocage complet vis-à-Vis des chocs de rupture isolés était presque toujours complet vis-à-vis d’uné stimulation tétanique. Sinon, la réponse à cette dernière stimulation était rarement ün tétanos, mais ün clous court en äpparence simple, déjà vu par WEDENskY (292) pour la cocaïne, puis plus tard par TarT et GUNK (269) pour la yohimbine.
Si le blocage était complet, dans les conditions de l'expérience, il était possible d’atigmenter considérablement l'intensité du stimulant satis pro- Voqüer de réponse. Les auteurs conseillèrént cependañt d'éviter les exci-
tations tfop fortes, éapables dé décianchér les contractions supermaximales décrites par Ficx (70). En effet, ces excitations trop fortes, qu’elles soient simples ou hôn, sont toujours nuisiblés pour le nérf. Elles réduisent si fortement son excitabilité que le stimulant norïñal peut ne plus produire que des réponses faibles, üü même pas de répoñise du tout, pendañt quelques minutes. 6
Les auteurs firent éncore quelques constatations sur le mode dé rétablissement de l’excitabilité rierveuse dans la solütion saliñie. Ils virent que le rétour à l’état normal &st, lui aussi, affecté par les facteurs qui influent sut l’établissément du blocage. Ainsi, l'augmentation de concentration de la drogue, des bains anesthésiques répétés, une baisse prolongée de température, le vieillissement du nerf, retardent son rétablissément.
SYMES et VELEY ont donc présenté une méthode parfaitement définie et ont fait de multiples constatations intéressantes. Voyons les résultats comparatifs obtenus dans l’essai dés diVers añesthésiqués locaux.
Les auteurs constatèrent que le blotäge produit par lé chlorhydrate de cocaïne ést un peu moins rapide que lé blocage produit par la stovaïne et ses homologues, et que d'autre part le rétablissement est beaucoup plus rapide pour lé nerf traité par la cocaïne. Pour SYM£S et VELEY, la stovaïne et ses homologues sont donc des anesthésiques plus forts que la cocaïne.
Is montrèrent d’autre part que la méthylstovaïne, l’ämylstovaïne, et lé « sel de Fourneau » (éther propylique de l’acide diméthylamino-oxybenzoÿlisobutÿyrique) présentent quelques avantages sur les autres corps de la série: stovaïne (éthylstovaïne), phénylstovaïne ou bénzylstovaïne.
Ils reprirent les essais de O. Gros (94) et virent que l’addition de soude au chlorhydrate de cocaïne, conformément aux résultats trouvés par cet auteur, accélère et prolonge l’effet de la drogue. Ils crurent voir cependant, contrairement à l’auteur allemand, que les solutions de base cocaïne agissent moins rapidement que des solutions équimoléculaires de chlorhydrate 1. Ceci n’était pas exact comme je l’ai montré ailleurs.
Enfin, se basant sur l'examen des tracés des contractions musculaires, les ‘auteurs montrèrent que l’amplitudé d’une impulsion nerveuse motrice est, dans des limites de stimulation normale, et sous l’influence anesthésique, complète ou nulle. C'est-à-dire que les anesthésiques locaux étéignent complètement la conductibilité d’une fibre nerveuse et sont incapables de la réduire simplement. La fibre suit donc, comme le cœur, la loi du « tout ou rien ». L'action anesthésique est ou bien Cotplèté, où bien nulle. L’amplitude de la contraction musculaire dépend simplement du nombre des fibres entrant éñ jeu: Ces constatations visnnent à l’appui des travaux de GruT-
1. O. Gros (94) répondit que les préparations de base cocaïne effectuées par Symes et VELEY avaiont dû s’altérer et perdre ainsi une très grande partie de leur activité. J'ai tiontré que les préparations des auteurs ânglais étaient en effet tout à fait défectueuses et que la base cocaïrie traitée ei solution aqueuse, comme l'avaient fait ces au: teurs, avait été transformée en très grande partie en alcool méthylique et benzoylecgonine, corps non anesthésiques.
ZNER (98), Gorcx (88), KEeïTH Lucas (120), LaPicQuE (144) et, à leur suite, de nombreux autres auteurs. ;
On voit donc que les auteurs anglais ont apporté dans cette étude sur le nerf, de même que plus haut pour le muscle, un ensemble de détails techniques et de remarques précises extrêmement précieux.
En 1911 Escx (67), à la suite des expériences de BRAUN (29), chercha si l’action adjuvante de l’adrénaline était due seulement à l’action anémiante qu’elle produit sur les tissus. Il pensait que cette substance avait peut-être par elle-même des propriétés anesthésiques locales. Sur les conseils de KocHMANN, il fit agir sur le nerf moteur des solutions de chlorhydrate de cocaïne, avec ou sans adrénaline, en évitant toute action vasculaire produite par cette substance.
Il utilisa dans ce but le sciatique de lapin et décrivit en détails la technique suivie : il insista particulièrement sur les précautions à prendre pour isoler le sciatique et le priver de tout filet vasculaire. La conductibilité du nerf était déterminée au moyen du chariot de pu Bois-REY- MOND et d’une électrode de LuDpwiG ; le nerf était maintenu dans la profondeur de la plaie.
Après avoir déterminé le pouvoir conducteur normal, l’auteur plaçait sur le nerf une solution anesthésique, d’un côté avec adrénaline, de l’autre côté sans adrénaline, et il déterminait, à intervalles fixes la diminution du pouvoir conducteur, en rapprochant peu à peu les bobines l’un: de l’autre. Il constata ainsi sur des. nerfs séparés de tous leurs vaisseaux nutritifs (vasa nervorum) que le chlorhydrate de cocaïne agissait plus rapidement après addition d’adrénaline. Il retrouva ce même fait pour la novocaïne et l’alypine. Il pensa donc que l’adrénaline exerçait une action spécifique sur le tissu nerveux, une sorte d'action de mordançage qui aiderait à la fixation des trois corps que nous venons de citer, mais diminuerait au contraire l’action de la tropacocaïne.
Escx remarqua en outre les faits suivants. Il constata qué les solutions tiédies au voisinage de 409 agissaient très rapidement.
Il remarqua que les résultats dépendaient, dans une certaine mesure, ‘ des dispositions individuelles de l’animal (état de nutrition, gravidité) et surtout de l’âge, la conductibilité étant d’autant plus facilement interrompue que le lapin était plus jeune. I donna enfin tout un ensemble de précautions à prendre, sur lesquelles nous n’insisterons pas.
En 1912, HoFFMANN et KOCHMANN (110) étudièrent l'influence du sulfate de potasse sur l’action anesthésique produite par la novocaïne. Ils prirent comme matériel d'expérience la préparation neuro-musculaire de Rana fusca, et suivirent l’excitabilité au moyen du chariot d’induction, cherchant à quelle concentration l’excitabilité du nerf disparaissait pour un courant de force connue. Ils mirent ainsi en évidence l’action adjuvante du sulfate de potasse sur l’activité de la novocaïne, et conclurent qu’une solution de novocaïne à 0,1 % additionnée d’adrénaline et de potassium était aussi forte qu’une solution à 0,5 %.
En 1912S$. Bacrrox1 et G. Pizorri (15) étudièrent l’action de la stovaïne sur les fibres nerveuses motrices de la grenouille. [ls employèrent un appareil spécial pour immerger une portion du nerf longue de 0 cm. 8 environ. L’excitation était faite au-dessus de la région traitée, et à l’aide du chariot de DU Bois-REYMoxp ; les contractions du gastrocnémien étaient inscrites sur un myographe de PFLUGER et on faisait varier la distance des bobines pour obtenir le plus petit stimulus encore capable de donner une réponse.
Les auteurs constatèrent les faits suivants :
1° Des solutions de stovaïne, de 0 gr. 03 à 0 gr. 05%, appliquées sur le tronc nerveux, suppriment la conductibilité après une période de temps oscillant entre 30 et 60 minutes. Durant cette période la conductibilité se maintient en général assez élevée au début, augmente même quelquefois légèrement, décline ensuite rapidement. Cette évolution de la conductibilité est donc semblable à celle qui a été observée par SANTESSON (232).
2° Des solutions de stovaïne, aux mêmes titres, mais mises au contact pendant une heure avec les sciatiques d’une autre grenouille, présentent une notable diminution de leur activité toxique. L’interruption de la conductibilité a lieu avec un retard de 50 à 60 minutes pour la solution à 0,03 %,et de 11 à 15 minutes pour celle à 0,05 %,. Ce phénomène de désintoxication, dû vraisemblablement à la fixation par le sciatique d’une partie de la substance, ne se manifeste plus si les deux sciatiques ont été portés dans l’eau en ébullition avant d’être plongés dans le liquide.
3° En plaçant le nerf, soumis à l’action de la stovaïne, dans une solution physiologique pure, on assiste au bout d’un certain temps au rétablissement de la conductibilité nerveuse motrice.
En 1913, ZorN (303) chercha si le mélange des anesthésiques locaux présentait des avantages sur l’emploi de ces substances isolées, s’il y avait, conformément aux idées de BurGr (36), une véritable potentialisation, ou s’il y avait simple addition. Ces essais furent faits sous la direction de KOCHMANN. Après avoir montré, comme nous l’avons vu, que l'essai sur la peau de grenouille ne peut donner que des résultats insuffisants, il utilisa l’application sur le nerf moteur. Remarquons que pour ces auteurs, ainsi du reste que pour ©. Gros (94), les différences d'action des anesthésiques locaux sur les nerfs sensitifs et sur les nerfs moteurs sont simplement de nature quantitative, c'est-à-dire que les deux sortes de nerfs agissent de façon semblable, ou tout au moins parallèle, et qu’il est donc possible, connaissant l’action sur le nerf moteur, d’en déduire l’action sur le nerf sensitif. Nous verrons plus tard qu’il n’en est rien.
ZoRrN (303), pour effectuer ses comparaisons, prit comme test la concentration anesthésique minimum capable de supprimer, en 30 minutes, la conductibilité du sciatique de grenouille pour un excitant déterminé. Il utilisa comme excitant le choc d'ouverture d’un courant induit, et considéra la conductibilité comme supprimée s’il ne se produisait aucune contraction des muscles de la jambe, ni des orteils. Pour déterminer exactement la diminution de conductibilité pendant ces 30 minutes, et graduer l’exci-
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tation, l’auteur n’utilisa pas la méthode habituelle, qui eonsiste à mesurer le rapprochement des bobines. Il fit tourner le circuit secondaire autour d’un point fixe, situé à une distance constante de la bobine primaire, et calcula l'intensité relative du courant induit, en tenant compte du fait que cette intensité est inversement proportionnelle au sinus de l’angle compris entre les deux bobines. En outre, l’auteur effectua chaque fois deux excitations. L'une, produite au delà de la région anesthésiée, ne devait plus être active au bout de trente minutes. L’autre, produite entre la région anesthésiée et la patte, devait toujours produire une réponse. L'auteur utilisa Rana fusca.
Ï1 trouva les résultats suivants : Si l’on donne à la force anesthésique de la cocaïne la valeur 1, la novocaïne et la stovaïne ont la valeur 0,8, l’alypine 0,6, l’eucaïne 0,1, et la tropacocaïne 0,8. Il montra d’autre part que le mélange de ces corps ne produisait pas de potentialisation, qu’il se produisait une simple addition de leurs activités anesthésiques. Il constata enfin que les sels de potassium, à l’encontre des sels de sodium, d’ammeonium, de magnésium, étaient nettement anesthésiques, et que leur mélange avec la cocaïne et la novocaïne produisait, comme l'avaient vu HOoFFMANN et KoaHMANN (110), une potentialisation nette. \
En 1914, CLasson (51) essaya un certain nombre de substances sur le nerf moteur de grenouille. Les chiffres trouvés par cet auteur sont d’après SOLLMANN (257), si l’on prend comme unité la force anesthésique de la cocaïne : novocaïne 0,5, tropacocaïne 1, alypine 1, stovaïne légèrement plus faible que 1.
En 1918, SOLLMANN (257) proposa une méthode d’essai sur les fibres nerveuses motrices, qui, d’après lui, donne des résultats très exacts. Remarquons que l’auteur reconnaît lui-même que les résultats trouvés sur les nerfs moteurs peuvent être l’objet de critiques sérieuses. La plus importante de ces critiques est, comme nous l’avons vu, que ces résultats ne peuvent pas être appliqués directement à la pratique anesthésique courante. Il constate d’autre part que les méthodes employées par les différents auteurs sont totalement différentes et que les résultats trouvés, même en valeur relative, ne sont pas comparables. Nous verrons plus loin que ces diverses critiques sont parfaitement fondées.
L'auteur opéra de la façon suivante : Après avoir isolé, de la façon ordinaire, la préparation neuro-musculaire de grenouille, il immergea le nerf entier dans la solution anesthésique et chercha avec un courant faradique d'intensité définie (bobine d’induction de HARWARD, secondaire distant de 12 cm., courant de 4 volts) le temps nécessaire pour que le blocage soit complet. |
Les excitations étaient portées à un centimètre de l’origine spinale du nerf et renouvelées de cinq en cinq minutes. Les expériences étaient faites à des températures variant seulement de 18° à 20° sur des grenouilles provenant du même bassin, Les substances étaient dissoutes dans une solution