‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 23 sur 67 · A ER · texte numérisé non relu

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Sept: de ces essais ont donné une erreur relative en moins allant de 10 ADO

Un essai a donné une erreur relative en plus de 25 %.

Une autre expérience, qui ne figure pas ici, a été moins favorable : une solution au titre de 0,13 % a été trouvée au titre de 0 gr. 19 %,. J’ai donc

fait une erreur relative en plus de 46 %. Ceci prouve nettement que les expériences faites sur des solutions très diluées sont peu favorables, car les

LE GT ESS

chiffres, qui doivent être trouvés, sont trop faibles, les variations individuelles s’exagèrent, les « ratés » dans l’anesthésie deviennent plus nombreux et se distinguent trop peu des anesthésies très faibles.

Nous voyons donc que l’erreur relative possible oscille autour de 20 %. Notre méthode présente donc une exactitude suffisante pour des mesures physiologiques.

49 Il est possible, par la méthode envisagée, de suivre l’évolution complète + d’une anesthésie de la cornée.

Il est possible de voir de quelle façon s'établit une anesthésie complète et de quelle façon se rétablit peu à peu la sensibilité normale.

Voyons ce qui se passe pour une anesthésie produite par le chlorhydrate de cocaïne.

Période initiale. — En tenant compte d’expériences multiples, il est possible de dire que l’anesthésie s’établit pleinement quelques minutes après l’instillation des gouttes. Pour les solutions fortes, l’anesthésie est complète le plus souvent dès la huitième minute de l’expérience, c’est-àdire trois minutes trente secondes après la mise de la première goutte. Pour les solutions faibles, l’anesthésie s’établit vers la dixième minute de l'expérience. Dans tous les cas, à cette dixième minute, l’anesthésie est déjà à sa période maximum. La période initiale est donc très courte.

Période terminale. — La période terminale est presque toujours assez courte. L’atténuation de l’anesthésie se fait en cinq ou dix minutes pour les faibles anesthésies ou les anesthésies moyennes. Pour les anesthésies plus fortes, l’abolition complète se fait plus lentement, en quinze ou vingt minutes ; le nombre des excitations nécessaires tombant, par exemple, à 70 ou 80, puis cinq minutes après à 30 ou 40, puis cinq minutes après à un nombre d’excitations plus petit que 10. Pour les anesthésies très faibles n’atteignant pas le chiffre 100, le maximum s’est toujours montré vers la huitième ou la dixième minute, et généralement à la quinzième minute ou au plus tard à la vingtième minute, l’excitabilité était redevenue normale.

Pour les autres corps étudiés l’anesthésie se produit de la même façon qu'avec le chlorhydrate de cocaïne. La période initiale est aussi courte, et la période terminale est sensiblement de même longueur.

Je voudrais terminer par une comparaison rapide, non plus seulement des méthodes, mais des principes, qui ont guidé les auteurs cités plus-haut, et des principes que j'ai suivis. :

Nous pouvons définir l’action anesthésique par deux grandeurs, d’une part l’intensité de l’anesthésie, sa puissance, d’autre part le temps pendant lequel l’anesthésie se prolonge, sa durée. La plupart des auteurs ont bien vu qu'il y avait des degrés dans l'intensité de l’anesthésie, mais ils n’ont pas poussé leur étude dans ce sens.

FROMHERZ (80) parle d’hypoesthésie. Il constate qu’une excitation faite avec un crin épais et fort produit souvent le réflexe, alors qu’une excitation faite avec un crin fin et flexible ne réussit pas à le produire.

SOLLMANN (260), ayant constaté que la répétition des excitations peut produire le réflexe qu’une seule excitation ne réussit pas à produire, admet une anesthésie partielle à côté de l’anesthésie complète.

MORGENROTH et GINSBERG (187) définissent une anesthésie complète, résistant à une pression forte avec la sonde, et résistant même à une blessure faite au couteau, mais ils jugent qu’il est difficile de définir les « simples diminutions de sensibilité ». En somme ces auteurs n’ont pas étudié assez profondément la question et leur définition des anesthésies partielles reste assez superficielle. Ils n’ont donc pas cherché à étudier vraiment l’anesthésie dans le sens de l'intensité.

Seul GRAF (91), à la suite de FRE (78), a utilisé une série de poils excitants provoquant par simple pression des excitations de forces différentes parfaitement définies. Nous pouvons donc dire que ces deux auteurs, à l’encontre des autres, ont parfaitement saisi la nécessité de se rendre compte du degré de l’anesthésie.

L'autre dimension : le temps, la durée de l’anesthésie, a été mieux vue et chacun des auteurs définit une durée de l’anesthésie qui lui servira de base de comparaison. Pour MORGENROTH et GINSBERG, ce sera leur « anesthésie normale », c’est-à-dire une anesthésie durant une demi-heure à une heure et demie. Pour SOLLMANN, ce sera une durée de dix minutes, comptée une minute après l’application de l’anesthésique. Quant à FROMHERZ, com-

parant des seuils d’anesthésie, les temps d’anesthésie seront pour lui les plus courts possibles.

Dans la méthode que j’ai exposée, en multipliant les excitations au crin d’une façon régulière, j’ai essayé d’évaluer avec une approximation suffsante l’intensité de l’anesthésie.

Pour les anesthésies faibles, qui ne résistent pas à 100 excitations, j’ai, en quelque sorte, réussi : la technique employée a permis de mesurer les anesthésies légères paraissant incertaines, elle m’a permis aussi d'apprécier le début et la fin de l’anesthésie, c’est-à-dire d'étudier complètement le phénomène, de sa période initiale à sa période terminale.

Pour les anesthésies fortes, j’ai été obligé de renoncer à évaluer l’intensité, mais la méthode a cependant permis de définir « l’anesthésie complète », c’est-à-dire l’anesthésie qui résiste à plus de cent excitations au crin. Possédant ainsi une définition nette de l’anesthésie complète, je n’ai plus eu qu’à en mesurer la durée.

Mes chiffres expriment donc, pour les anesthésies faibles, une mesure de l'intensité et de la durée de l’anesthésie, et pour les anesthésies moyennes et fortes, les temps pendant lesquels l’ « anesthésie complète » se maintient.

D'autre part, toutes les comparaisons qu'ont faites les auteurs cités ont eu comme base l’idée plus ou-moins exprimée qu’à des durées égales d’anesthésie correspondent des solutions anesthésiques comparables. C'est aussi,

en somme, cette idée qui m’a guidé, puisque j’ai comparé toujours deux solutions donnant les mêmes chiffres et que ces chiffres expriment surtout des temps. Mais le droit que j'avais de penser ainsi a été vérifié de différentes façons, et particulièrement en retrouvant de façon suffisamment approchée les titres des solutions de-chlorhydrate de cocaïne qui m'’étaient soumises.

En outre, au lieu d'admettre une seule base de comparaison, un seul temps long, moyen ou le plus faible possible, j’ai pris, quand je l’ai pu, le plus grand nombre possible de chiffres de comparaison. Ceci m’a permis de comparer ces résultats entre eux, de les vérifier, d’en prendre une moyenne et ainsi d'arriver plus près de la réalité.

J'ai montré plus haut de quelle façon j'avais vérifié l'exactitude de cette méthode. Je montrerai plus loin quels résultats j’ai obtenus dans l’étude comparative de corps connus.J’ai encore utilisé cette méthode pour étudier l'influence du pH sur la valeur anesthésique de solutions de chlorhydrate de cocaïne, et je publierai ailleurs d’autres résultats obtenus dans l’étude des benzhydrylamines, ou dans l’étude de problèmes tels que la stérilisation et la conservation des solutions anesthésiques. J’ai donc moi-même utilisé cette technique sur les yeux de lapins, très souvent, depuis 1922. Mais, j'ai eu, en outre, la satisfaction de la voir utilisée avec succès par d’autres que moi. Sans parler des élèves de M. le professeur TIFFENEAU, mes amis : JEANNE LÉVY, M. SALLE (231) et G. VALETTE (280) qui l’ont utilisée et l’utilisent encore pour leurs recherches particulières, je citerai d’autres auteurs. SARVONAT et THÉVENON (234) se sont servi de cette méthode des yeux de lapins pour étudier la valeur anesthésique, en surface, de solutions de butelline. M. VINGENT (284) l’a utilisée pour mettre au point sa solution de carbaïne (carbonate de novocaïne). Enfin un auteur italien L. SALAGAR (230), de l’Institut de pharmacologie de l’Université Royale de Cagliari, l’a utilisée, d’une façon fort minutieuse, pour essayer la valeur de la psicaïne. Il a consacré à cette étude un article très documenté. Je suis heureux d’en rapporter une partie des conclusions : « La méthode employée dans ces recherches... a une valeur comparative précise quand il s’agit d'établir lequel de deux anesthésiques à examiner est le plus actif. ÆEn de tels cas, elle peut donner de bons résultats et le jugement qui en résulte est bien fondé ».

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