‹ Méthodes de Mesure de l'Activité des Anesthésiques LocauxChapitre 8 sur 67 · MR USE · texte numérisé non relu

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sur le sciatique de grenouille ou en injection sous-cutanée sur l’homme. Il constata ainsi que les solutions employées pour produire l’anesthésie générale des têtards sont aussi concentrées que celles qui produisent, par application directe, l’anesthésie locale. I1 put donc ainsi différencier nettement anesthésiques locaux et narcotiques, qui, eux, produisent l’anesthésie générale à des doses bien plus faibles que celles qui sont nécessaires pour l’anesthésie locale. ;

En 1923, J. ABELIN (1) utilisa la méthode des têtards pour étudier l’action de la phényléthylamine et de ses dérivés. Il vit, sous l'influence des solutions de ces COTPS, les animaux se renverser sur le dos, ou sur le côté, se maintenir de plus en plus longuement dans cette position, et, au bout d’un certain temps, perdre tout mouvement spontané. L'auteur put ainsi comparer, par les concentrations des solutions actives (N/500 pour la phényléthylamine), et par les temps nécessaires à la paralysie complète des animaux, l’activité de la base phényléthylamine à l’activité de ses sels d’acides forts ou d’acides faibles. Il modifia, en utilisant des solutions tampons, la concentration en ions hydrogène de ces différentes solutions, et constata l'influence favorable de la réaction alcaline sur le pouvoir anesthésique.

7) Phénomènes anesthésiques généraux produits sur les poissons. — D’autres travaux tout aussi importants ont été effectués sur les poissons.

Dès 1885, P. REGNARD (211) signala les phénomènes que nous avons déjà examinés à propos des têtards. I immergea un cyprin dans une solution au 1/200 de chlorhydrate de cocaïne et constata les faits suivants. Après une période d’agitation vive, de respiration rapide, se prolongeant pendant 10 à 15 minutes, l’animal présentait un ralentissement puis un arrêt de la respiration, enfin se maïintenait immobile, avec toute l’apparence de la mort. Pourtant, porté, à ce moment, dans une eau pure, le cyprin revenait à la vie. Maintenu, au contraire, plus longtemps dans la solution toxique, il finissait par mourir sans qu’on puisse voir à quel moment. REGNARD eut même le mérite de donner une explication fort plausible des phénomènes : ainsi constatés. Pour lui, la première période serait purement anesthésique. Il s’agirait d’une anesthésie des nerfs branchiaux, produisant l'abolition du réflexe respiratoire et par cela même la suppression des mouvements des ouiïes et de la bouche. Le contact de l’eau pure suffirait à éliminer la cocaïne et à permettre de nouveau la respiration.

En 1922, à la suite des recherches de P. PoRTIER (198), Lopez LoMBA (170) utilisa les épinoches pour étudier l’influence des variations de tension superficielle sur l’activité de la cocaïne.

En 1927, HAKAN RYDIN (228) étudia le renforcement par le pyrogallol, et par le carbonate d’éthyle de l’effet narcotique de la cocaïne. Il utilisa, dans ce but, l’action sur Gobius flavescens. En 1928, G. CARBONARO (39) utilisa le Carassius aureatus pour comparer les pouvoirs anesthésiques de la psicaïne et de la cocaïne.

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Mais ce furent surtout des auteurs américains : R. ADAMS, E. K. RIDEAt, W. B. BURNETT, R. L. JENKINS et E. E. DREGGER (2) qui montrèrent, en 1927, tout le parti que l’on peut tirer de ces essais sur les poissons, dans les cas, assez fréquents, où les corps à essayer sont peu solubles. Ces auteurs, par la méthode suivante, étudièrent les relations qui existent entre la constitution chimique, les propriétés physiques et l’activité physiologique des paraaminobenzoates d’alcools différents.

Ils utilisèrent pour cela l’action produite sur les poissons dorés (Carassius carassius). Ils placèrent ces animaux dans les solutions à étudier et constatèrent les faits suivants : « Après un séjour de quelques minutes les poissons présentent une stimulation notable de la respiration, les mouvements des ouïes peuvent ainsi devenir deux fois plus rapides, puis les animaux se calment, se tournent sur le côté et perdent visiblement le sens de l’équilibre. Enfin ils restent au fond du vase et ne réagissent plus au contact des nageoires. » « Retirés à ce moment de la solution anesthésique, rincés, puis placés dans l’eau distillée les poissons se remettent doucement et peuvent resservir plus tard à des expériences analogues. »

Les auteurs ont donné dans leur publication de nombreux détails sur la façon de conduire l’expérience : température du bain, nombre et poids des poissons, qualités et quantités de l’eau distillée... Les expériences qu'ils ont faites sont extrêmement nombreuses.

Pour classer les corps étudiés ils ont procédé de deux façons. Ils ont, soit cherché la concentration minimum capable de produire l’immobilité complète avec absence totale de réaction, soit construit, et comparé entre elles, des courbes très régulières qui donnent en fonction des concentrations les temps nécessaires pour obtenir l’anesthésie totale. Ils ont ainsi établi de véritables indices anesthésiques, en prenant le paraaminobenzoate d’éthyle comme standard. :

Ils ont, par cette méthode, mesuré les valeurs anesthésiques en fonction de la longueur de la chaîne carbonée, en fonction de la ramification de cette chaîne etc... Ils ont d’autre part mesuré les tensions superficielles et les coefficients de partage qui caractérisent les solutions étudiées, et ils ont comparé ces chiffres aux valeurs anesthésiques de ces mêmes solutions. Ils ont été ainsi en mesure de conclure qu’il y a entre les coefficients de partage, les tensions superficielles et les valeurs anesthésiques un parallélisme très net !. On voit donc que les auteurs américains ont poussé très avant l’étude de la méthode qu’ils proposent. On voit aussi qu'ils ont utilisé cette méthode avec succès, pour des recherches très importantes.

c) Action dépressive particulière produite sur les muscles, l'intestin et le cœur.

Sur le muscle isolé, privé d'éléments nerveux, l’action ne peut dépendre

1. Nous avions déjà vu ces faits intéressants en étudiant les corps de la série de la benzhydrylamine. Nous publierons incessamment ces résultats qui datent déjà de plusieurs années,

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que des influences toxiques que possèdent les anésthésiques sur toutes les cellules. Nous verrons que cette action est essentiellement dépressive.

Sur l'intestin et sur le cœur, même isolés, l’action dépressive peut s’accompagner d’une véritable action anesthésique s’exerçant sur les centres nerveux de ces organes. Mais ces actions sont trop complexes pour qu’on puisse en tirer des renseignements indiscutables pour la valeur anesthésique locale pure.

æ) Action sur la contractilité du muscle. — De nombreux auteurs ont cher- . ché l'influence de l’absorption de faibles doses de cocaïne Su, le travail volontaire. Il était en effet nécessaire de vérifier scientifiquement les phénomènes d'endurance et de puissance exceptionnels que présentaient, disaiton, les indigènes de l'Amérique du Sud sous l’influence de la mastication de la coca.

Les premiers observateurs, parmi lesquels ASCHENBRAND (14), 1883, et FREUND (76), 1885, constatèrent, sur l’homme, que de faibles quantités de cocaïne paraissent diminuer la sensation de fatigue et faciliter le travail volontaire, alors que des doses fortes produisent des phénomènes contraires.

KogErr (123), 1882, opérant sur la grenouille et sur le chien, constata l'influence favorable des faibles doses sur la contractilité musculaire et l'influence nuisible des doses fortes. Il constata qu’une injection intramusculaire d’une solution forte à 5 % dans lé gastrocnémien du chien supprime l’excitabilité musculaire directe, sans que l’excitation à partir du nerf soit supprimée, |

BerTHoLD (20), 1885, constata que les muscles lisses ou striés sont paralysés, comme tous les autres éléments de tissus, quand on les plonge dans une solution de cocaïne,

D'’aûtres auteurs, à la même époque, étudièrent encore cette question : VON ANREP (11), 1880, FEINBERG (68), 1886, SINIGHELLI (254), 1886. Ils constatèrent, sur le travail volontaire, une action nulle, ou même une action dépressive par l’emploi de hautes doses.

Mosso (188) en 1890 reprit ces expériences et effectua de nombreux essais sur lui-même et sur d’autres sujets. Il constata qu’une dose relativement faible de cocaïne, plus petite que 0 gr. 10, exerce une influence très favorable sur le travail musculaire volontaire, surtout sur un sujet à l’état de fatigue. Mais il remarqua que le travail non volontaire, produit par excitation électrique, n’est pas ou peu augmenté. Il constata encore, comme la plupart des auteurs précédents, que des doses fortes diminuent nettement le travail même volontaire. Mosso expliqua donc l'influence favorable de la cocaïne à petite doses, en montrant qu’elle était de nature essentiellement centrale. Il pensait Qu'il était douteux qu’il y ait action directe favorable, sur les substances musculaires.

Les expériences, que nous allons examiner, apportent, tant pour la cocaïne "que pour ses succédanés, des résultats quantitatifs, Elles ont confirmé l’action défavorable, paralysante, qu'exercent ces corps, en injection dans l’organisme entier, et par contact direct sur les muscles isolés.

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En 1906 Cx, FÉRÉ (69) mit tout d’abord en évidence la dépression pro-

‘ duite sur l’activité volontaire par les excitations douloureuses. IL chercha

ensuite l’effet, sur cette activité, d’injections anesthésiques locales suivies d'irritations mécaniques.

Le médius droit eflectuait le travail, qu’on enregistrait à l’ergographe de Mosso. Les injections anesthésiques étaient faites dans la partie supéroexterne de l’avant-bras gauche. L'auteur constata que l’injection anesthésique seule provoquait une dépression nette du travail. Il vit, en outre, que l’irritation mécanique, pourtant, dans ces conditions non douloureuses, accentuait encore cette dépression. La réaction motrice à l’irritation persistait donc malgré l’anesthésie.

L'auteur, ayant utilisé quelques anesthésiques locaux différents, put conclure de ces essais que l’alypine agissait avec plus d'intensité que la cocaïne et que la stovaïne, non seulement sur la motilité mais encore sur la sensibilité locale.

En 1909, A. WaALLER (289) étudia, dans un travail remarquable, l’efficacité comparée de certains narcotiques (alcool, éther, chloroforme) sur la contractilité du muscle isolé (sartorius de grenouille). Il décrivit, avec grande précision, les appareils nécessaires : double myographe permettant d'agir à la fois sur deux produits, montage particulier pour que les deux muscles isolés d’une même grenouille fussent traversés en série par le même courant dans la même direction, appareils inducteurs, enregistreurs, etc... Il donna, avec de grands détails, la marche à suivre pour réaliser l’eXpérience : observations en solution saline isotonique avant ét après l’essai, sens et grandeur du courant employé, rythme de l’excitation automatique, influence de la température...

En 1910 A. WaLLer et V. H. VELEY (281) appliquèrent, à la comparaison de la stovaïne, de la méthylstovaïne, et de la cocaïne, la méthode mise au point l’année précédente. Appliquant sur les muscles des solutions N7/500 et N/1000, ils cherchèrent au bout de combien de temps se produit l’abolition de la contractilité musculaire, et ils mesurèrent le temps nécessaire au rétablissement de cette contractilité après immersion et lavage dans une solution saline physiologique. |

Ils démontrèrent ainsi que l’activité physiologique, dans les conditions de l’expérience, est sensiblement égale pour la stovaïne, ia méthylstovaïine et la cocaïne. Ils remarquèrent pourtant que le rétablissement de l’excitabilité directe musculaire était plus facile pour ce dernier corps.

En 1910, O. Gros (94) étudia, sans y insister beaucoup, l’action des anesthésiques locaux sur les muscles. Il employa, dans ce but, la méthode classique d’excitation directe à l’aide du chariot d’induction. Il mesura le temps minimum d’action au bout duquel l’excitation maximum restait inactive. Les chiffres trouvés lui permirent de comparer entre eux les anesthésiques locaux suivants : alypine, cocaïne, eucaïne, stovaïne, novocaïne.

En 1919, Kumora et MaAcar (137) reprirent la question du point de vue physiologique, et firent agir différents anesthésiques locaux sur des muscles

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isolés de grenouille et de rat. Ces essais, ayant donné des résultats précis, peuvent être utilisés pour classer, suivant leur activité, les corps étudiés. KuBora et MAcur étudièrent l’action sur l’excitabilité par la méthode classique : excitation directe par chôc de rupture avant et après immersion dans la solution anesthésique, et inscription des mouvements obtenus. Ils étudièrent aussi l'influence des corps anesthésiques sur la fatigue et le travail musculaire, en établissant, avec ou sans action de l’anesthésique, des courbes de fatigue produites par stimulations rythmiques. Ils constatèrent que, pour tous les anesthésiques étudiés, l’excitabilité directe du muscle, par immersion dans une solution à 4 % diminue graduellement puis disparaît. Ils montrèrent que l’alcool benzylique, l’allocaïne S, la G eucaïne et la stovaïne, agissent plus rapidement que la cocaïne, la novocaïne, l’alypine, l’holocaïne et l’apothésine. Ils virent que tous les anesthésiques locaux, bien loin de retarder la fatigue musculaire, la produisent plus rapidement. Ils ne purent retrouver les phénomènes de stimulation décrits par Mosso (188) sous l'influence de petites doses de cocaïne. Ils montrèrent. enfin, à leur tour, que l’effet stimulant de la cocaïne sur le travail musculaire, constaté par certains auteurs par injections sur l’animal entier, doit être attribué, s’il existe, non pas à une action périphérique sur les muscles mêmes, mais bien à une action centrale.

B) Action sur les mouvements de l'intestin. — Un certain nombre de physiologistes : C. SINIGHELLI (254), 1886, W. M. Bayziss et E. H. STAR- LING (19), 1899, , N. J. LANGLEY et R. MaGnus (142), 1905-1906, KuroDA (138), 1915, ont étudié l’action de solutions de cocaïne sur l'intestin grêle du lapin et du chien. Ils constatèrent que ces organes, sous l'influence de solutions très faibles, présentaient une augmentation du tonus et une plus grande activité des mouvements pendulaires et du péristaltisme, alors que des concentrations plus élevées les paralysaient. TRENDELENBURG (276), en 1917, confirma ces résultats, mais signala que sür l'intestin de cobaye, même à de très faibles concentrations, il ne se produisait jamais d’excitation, mais toujours une paralysie rapide et complète.

En 1922, NAGAMACHI ATHUSI (189) montra que l’action excitante ne se produisait ni pour l’eucaïne ni pour la stovaïne. Il constata que la stovaïne et l’alypine étaient très paralysantes, la cocaïne l’étant nettement moins, et la novocaïne encore moins.

LACHE (140), en 1925, chercha à mesurer l’action produite sur l'intestin de rat isolé. Pour lui, les anesthésiques suivants : psicaïne, tutocaïne, alypine, cocaïne, eucaïne, novocaïne agissent à peu près de même façon. Ces subs-

tances, à doses faibles, produisent, à l’exception de l’eucaïne, une certaine action excitante ; à doses fortes (plus grande que 1 pour 1.000) elles produisent d’abord une diminution du tonus puis une paralysie nette. L'auteur présenta les concentrations diverses des corps capables de produire successivement : l’excitation, la chute du tonus et la paralysie. Nous verrons plus loin qu’il compara ces chiffres à ceux qui expriment les activités sur le cœur et sur les terminaisons nerveuses.

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7) Action sur les mouvements du cœur. — Depuis longtemps les physiologistes se sont préoccupés de l’action produite par les anesthésiques locaux sur la circulation sanguine et sur les mouvements du cœur.

De nombreux travaux furent effectués à ce sujet. Ils ont du reste apporté des résultats souvent contradictoires. Les premières communications décrivant l’action de la cocaïne sur le cœur isolé datent de ANREP et BER- THOLD (12), puis de DALPHIN (55), 1885. Ces auteurs constatent que la cocaïne affaiblit les contractions cardiaques, et classent cette substance parmi les poisons diastoliques. De même Viner (285), en 1891, signale l’arrêt diastolique produit par l’eucaïne sur le cœur de grenouille.

Cependant, à la même époque, d’autres auteurs constatent des phénomènes différents : Mosso (188), 1887, DASTRE (57), 1892, remarquent que, par injection, de faibles doses augmentent la fréquence et l’ampleur de la contraction, et que des doses plus fortes ralentissent le pouls, produisent de l’arythmie et amènent enfin l’arrêt systolique. En 1898 PAcHoN et Mou- LINIER (194) font tomber quelques gouttes d’une solution à 1 % de cocaïne sur le cœur préparé de Rana temporaria ou de Rana esculenta, ou injectent la cocaïne dans les muscles, et constatent d’abord une dilatation diastolique moins complète, puis des irrégularités du rythme, une dissociation auriculoventriculaire, enfin un arrêt ventriculaire en systole coïncidant avec une distension des creillettes.

Depuis, il semble que les auteurs aient retrouvé les résultats décrits par ANREP et BERTHOLD (12).

En 1905, Impens (114) constate sur le cœur de grenouille isolé un arrêt diastolique produit par l’alypine.

En 1908 Kocamanx et DœLs (127) observent sur le cœur isolé de mammifère un arrêt diastolique produit par de fortes doses de cocaïne.

En 1921, KocHMANN (124) signale cette action sur le cœur isolé de grenouille. BURRIDGE (37) la signale sur le cœur de grenouille in situ. En 1917, Rotx (225) montre un fait analogue produit par la novocaïne.

LHoTAK von LoTHA (165), 1909, et WeILER (294), 1917, opposent l’action de la cocaïne à celle de la strophantine et à celle de la digitaline.

Le premier de ces auteurs opère par injections intraveineuses sur le lapin, le second travaille sur le cœur de grenouille. Pour ce dernier, la cocaïne peut, aussi bien, empêcher l’arrêt systolique de la digitaline, que la digitaline peut empêcher l’arrêt diastolique de la cocaïne. Il pense que « la cocaïne agit de façon contraire à la digitaline sur l’état d’élasticité du muscle du cœur de grenouille ».

Mais ces essais étaient surtout qualitatifs. Ce furent surtout RiPPEL (222) en 1920, Cousy (55) en 1924, LAcHE (140) en 1925, qui apportèrent de véritables méthodes pour mesurer avec précision l’action des différents anesthésiques locaux sur la contractilité cardiaque.

RiPPEL (222), désirant connaîtré l'influence de la réaction des solutions de chlorhydrate de cocaïne sur leur stabilité à la chaleur, choisit, pour obtenir des résultats quantitatifs, l’action sur le cœur isolé de grenouille.

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Il prépara cet organé selon la technique de STRAUB (voif FUHNER (82), p. 552). Il fit donc agir sur le cœur les solutions à étudier, en les introduisant par une canule dans l’aorte, et il suivit les variations de contraction par énregistrement graphique. Il vit, sous l'influence de solutions de RINGER additionnées de cocaïne, se produire des troubles dans la forme puis dans le rythme de la contraction cardiaque.

Par action des doses faibles, la contraction est moins complète, il $e produit une paralysie partielle en diastole, mais il n’y a pas de troubles du, rythme. Par action des doses fortes, il se produit une augmentation de l’action paralysante diastolique, et en même temps un ralentissement du rythme, dû à la difficulté de passage de l’excitation normale physiologique de l’oreillette au ventricule. Pourtant, même à ce moment où l’intoxication est nettement marquée, il suffit de remplacer la solution de cocaïne par une s0lution de RINGER pure pour voir réapparaître d’abord l’amplitude normale de la contraction, puis plus tardivement le rythme ordinaire. Enfin, sous l'influence de très fortes doses de cocaïne, RIPPEL constata un arrêt du cœur en diastole maximum. ©

L'auteur tint compte, pour la Comparaison des diverses solutions, d’abord de l'intensité de la paralysie diastolique, puis du temps nécessaire à l'apparition des troubles du rythme. Il procéda donc de la façon suivante : Il cherchait, tout d’abord, la concentration limite de la solution capable de produire une diminution nette, toujours la même, de l’amplitude de la contraction. Cette concentration limite variait, sous l’influence des sensibilités individuelles, de 1 pour 100.000 à 1 pour 25.000. Après une mi-

‘nute d'action de cette solution témoin, il lavait le cœur avec la solution de RINGER, et après rétablissement complet de la fonction cardiaque, il introduisait la solution de cocaïne à étudier. Si cette solution était moins active que la première, on augmentait sa concentration de façon à obtenir une diminution d'amplitude sensiblement égale à celle qui avait été produite par la solution témoin. Il ne restait plus qu’à comparer les concentrations des deux solutions, pour voir de combien avait diminué la force anesthésique de la solution étudiée.

L'auteur ayant constaté que la sensibilité du cœur augmente avec le temps, conseilla dé compléter l’essai en vérifiant que l’action de la solution témoin était restée la même. Il chercha en outre la limite d'erreur donnée par sa méthode, et vit qu’elle était de 10 à 20 %, en plus où en moins, par conséquent analogue à celles que donnent les autres méthodes de détermination physiologique.

Nous nous trouvons donc, ici, en présence d’une méthode très intéressante. Nous verrons plus loin qu'il né faut pas lui demander des renseignements précis sur les valeurs relatives des différents anesthésiques locaux. On peut cependant fort bien, comme l’a fait Ripper, l’ütiliser pour suivre les variations d'activité d’une même solution anesthésique sous l’influence de traitements divers. :

L'auteur a étudié, par cette méthode, l'influence de la chaleur (1 heure

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à 1000) et l'influence du temps (2 mois à témpérature ordinaire) sur des solutions de chlorhydrate de cocaïne à 1 %, tamponnées, et à pH divers. Sans entrer ici dans le détail de ces expériences, disons que RIPPEL a montré que la solution de chlorhydrate de cocaïne (solution tamponnée) est extrêmement sensible au chauffage pour ies pH neutres ou alcalins, qu’elle est presque insensible pour des pH allant de 5,8 à 2,9, et qu'enfin elle subit une destruction nette mais faible aux pH très acides, voisins de 1. L'auteur a de même montré, dans une deuxième série d'essais, que le vieillissement altérait rapidement les solutions neutres ou faiblement alcalines et respectait les solutions légèrement acides.

Depuis, cette méthode d'essai des anesthésiques locaux sur le cœur isolé de grenouille a été reprise par d’autres auteurs :

Cousy (55), en 1924, a mesuré l’excitabilité du cœur en cherchant le seuil nécessaire, pour des courants faradiques, à la production d’une extrasystole. Il a ainsi constaté, sous l’influence de la cocaïne, une variation bathmotropique négative, en général proportionnelle à la concentration de l’anes+ thésique. Il a suivi encore l’action du toxique par la diminution de la con: traction et par l’augmentation de la tonicité, et enfin par le ralentissement, le blocage, et l’arrêt du cœur. Etant donné que cet arrêt s’obtient toujours à une concentration précise du même échantillon de cocaïne, l’auteur proposa de contrôler par cette méthode l’activité du produit commercial.

WAGNER (288), en 1925, reprit cette méthode d'essai et étudia la décomposition facile de la psicaïne sous l’influence de l’air et sous l’influence de l'organisme. E

CARBONARO (39), en 1927, essaya l’action de la psicaïne, comparativement à celle de la cocaïne, sur le cœur de grenouille in situ, soit en injectant la solution dans le sac lymphatique, soit en instillant cette solution directement sur le cœur. Cet auteur observa, conformément aux auteurs précédents, que de petites doses diminuent l’activité cardiaque et allongent la diastole, et que des doses fortes provoquent l’arrêt diastolique du cœur. Il observa, en outre, que l’atropine n’a pas d’action sur la diminution du nombre des pulsations et que le myocarde résiste mieux à l’action de la

psicaïne qu’à celle de la cocaïne.

Avant de terminer l’examen de ces méthodes d'essai, qui utilisent des actions physiologiques très intéressantes maïs différentes de la véritable action anesthésique locale, nous allons examiner les travaux de FRITZ Lace (140). Ces essais sont particulièrement importants.

En effet, après avoir cherché à classer un certain nombre de corps suivant leur activité vis-à-vis de l’intestin et vis-à-vis du cœur isolé de grenouille, FRITZ LACHE s’est demandé jusqu’à quel point ces résultats étaient valables pour donner une idée de la force anesthésique locale des corps étudiés. I fut ainsi amené à compléter ses expériences, en essayant ces mêmes corps sur la peau de grenouille, par la méthode de ZorK (303), que

nous examinerons plus tard.

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L'auteur étudia donc l’action du chlorhydrate de cocaïne, de la novocaïne, de l’eucaïne, de l’alypine, de la tutocaïne, de la psicaïne, d’une part sur l’intestin isolé de rat, comme nous l’avons vu, d’autre part sur le cœur isolé de grenouille, et enfin sur les terminaisons nerveuses de la peau de grenouille. PE

Les constatations qu’il fit, en utilisant le cœur, ne sont en rien différentes de celles que nous connaissons déjà. Mais la comparaison des résultats, obtenus par les trois méthodes, est tout à fait intéressante.

L'auteur montra d’abord que les substances à action cardiaque très élevée (alypine, eucaïne, cocaïne) n’agissent pas aussi fortement sur l'intestin que sur le cœur. Par contre, pour les autres substances (psicaïne, novocaïne, tutocaïne) les actions sur le cœur et l'intestin sont égales. On voit donc qu'il n’est pas possible de préjuger des résultats d’une méthode par ceux que l’autre méthode a donnés.

D'autre part, et ceci nous intéresse particulièrement, EF. LACHE te que, pour toutes les substances étudiées, sauf pour la novocaïne, il nya aucune espèce de relation entre l’action véritablement anesthésique locale, produite sur les terminaisons nerveuses de la peau de grenouille, l’action plus complexe produite sur le cœur et sur l'intestin.

Les méthodes que nous venons de passer en revue peuvent donc donner des résultats très exacts sur des actions particulières. Elles peuvent encore donner des résultats intéressants si l’on étudie, comme l’a fait RIPPEL, les variations d'activité physiologique d’une même solution. Mais il apparaît que ces méthodes ne sont pas capables de donner une idée exacte de la véritable valeur anesthésique locale d’un corps, c’est-à-dire essentiellement de son activité sur les éléments nerveux périphériques, nerfs et terminaisons nerveuses.

Parmi ces méthodes, cependant, on doit mettre à part celles qui utilisent les symptômes d’anesthésie générale et par conséquent s’adressent à des éléments nerveux, les centres supérieurs. Parmi elles il faut rappeler ici, en tout premier lieu, la méthode décrite par les auteurs américains : ADAMS, RIDEAL, BURNETT, JENKINS, DREGGER (2). Cette méthode est particulièrement précieuse pour les corps anesthésiques très peu solubles dans l’eau.

Nous allons maintenant aborder l’examen des méthodes qui ont utilisé l’action sur les éléments nerveux locaux : nerfs et terminaisons nerveuses.

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