‹ Méthodes et théories pour la résolution des problèmes de constructions géométriques, avec application à plus de 400 problèmes. TraduitChapitre 2 sur 43 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

de la première édition.

r lusieurs siècles avant l'ère crétienne, la géométrie était déjà arrivée à un très haut degré de développement. L'Algèbre, qui lui a rendu plus tard de si grands services, avait progressé plus lentement; aussi les anciens en étaient-ils à peu près exclusivement réduits aux méthodes géométriques pour résoudre les problèmes de construction et la solution de ces questions jouait-elle un rôle important dans leurs ouvrages. Quoique les mathématiciens modernes n'aient pas cessé de s'intéresser à cette branche de la science, les moyens de traiter rationellement cette classe de problèmes se sont développés d'une manière relativement moins rapide. Apollonius, par exemple, aurait aussi bien pu que Steiner résoudre le problème de Malfatti, s'il en avait eu connaissance. Cette situation a été cause que beaucoup de personnes ont considéré les problèmes de constructions géométriques comme des sortes d'énigmes dont la solution ne pourrait guère être tentée que par quelques esprits doués de facultés toutes spéciales. Il en est résulté que ces questions ont a peine pénétré dans les écoles où pourtant elles auraient tout naturellement dû être cultivées; car il n'existe pas de problèmes qui servent autant à aiguiser la faculté d'observation et de combinaison et à donner à l'esprit de la clarté et de la logique; il n'y en a pas qui présentent autant d'attrait pour les élèves.

L'ouvrage actuel a pour objet d'essayer d'apprendre a ces derniers comment on doit attaquer un problème de construction. Après avoir résolu un grand nombre de questions, les unes originales, les autres extraites des nombreuses col-

lections existantes, j'ai essayé d'analyser l'enchaînement des idées qui conduisent à la solution de chacune d'elles et d'en faire une classification sous formes de règles générales. S'il se trouve que mes solutions diffèrent de celles des autres auteurs et si, dans certains cas, elles paraissent plus compliquées, c'est que j'ai préféré celles qui sont méthodiques à celles qui semblent dues à un hasard heureux. L'objet que j'ai principalement en vue, c'est la méthode; dans la plupart des cas, je n'ait fait qu'indiquer la clef de la solution et j'en ai laissé la discussion détaillée au lecteur ou au professeur.

Il y a très peu de figures dans le texte; on comprend bien mieux une figure et on se la rappelle bien plus facilement quand on l'a vue pendant la période de la construction. Mon idée, c'est de forcer les élèves à travailler le présent ouvrage et non pas simplement à le lire.

Les «Méthodes et Théories» ont été publiées pour la première fois en 1866 et en langue danoise. Ce livre a donc été soumis à une épreuve complète et j'ose dire qu'il l'a subie avec succès. Il y a bien de preuves de l'influence heureuse qu'il a exercée sur l'étude de la géométrie, non seulement 'en Danemark, mais aussi dans les autres états Scandinaves. Le succès qu'il a eu ici justifie suffisamment, je pense, mon désir de le répandre au dehors dans un cercle plus étendu de lecteurs. J'espère qu'on le trouvera utile, non seulement pour aider à l'enseignement de la géométrie élémentaire, mais encore pour préparer à l'étude de la géométrie moderne.

Copenhague iSyç

3ulius Pôtersen

INTRODUCTION

i^es propositions de géométrie se présentent sous deux formes distinctes. Ou bien elles expriment qu'une figure qui a été tracée d'une certaine manière, déterminée à l'avance, satisfait à certaines conditions. Ou bien elles demandent qu'on trace (qu'on construise) une figure de manière qu'elle remplisse certaines conditions données. Dans le premier cas, on a le tkéoreme\ dans le second, le problèine.

Comme la solution des problèmes doit se traduire graphiquement par un dessin, il faut recourir a l'emploi de quelques instruments. Habituellement, on ne se sert que de la règle, à l'aide de laquelle on peut tracer une droite passant par deux points donnés, et du compas qui permet de décrire autour d'un centre donné un cercle de rayon donné. Une solution quelconque se composera donc pour nous de ces deux opérations (une ou plusieurs fois répétées).

Cette restriction a pour conséquence que beaucoup de problèmes, simples en apparence, ne pourront pas être résolus (trisection de l'angle, quadrature du cercle, &c.). En général, on peut démontrer qu'il en sera ainsi pour ceux où le calcul conduirait à des équations qui ne peuvent pas se ramener au premier ou au second degré.

Un problème est surabondamment déterminé, quand la figure cherchée est soumise à plus de conditions qu'il n'en faut pour la déterminer; il est déterminé, quand il ne comporte qu'un nombre fini de solutions; enfin il est indéterminé, quand il en admet un nombre infini.

INTRODUCTION

Pour résoudre un problème déterminé, il fau :

Effectuer la construction

Démontrer qu'elle est exacte

La discuter, c.-a.-d. indiquer les limites entre lesquelles les données doivent être comprises pour que le problème admette o, i, 2, &c. solutions.

Parmi les problèmes indéterminés, ceux qui deviendraient déterminés par l'adjonction ài'une seule condition en plus, présentent un intérêt tout particulier. Quoiqu'un pareil problème ait une infinité de solutions, il n'y sera pas satisfait par une figure quelconque; mais toutes ses solutions se grouperont d'une certaine manière, déterminée par les conditions données. Ainsi un point est déterminé quand il doit satisfaire à deux conditions données; si on ne lui en impose qu'une seule, il devient indéterminé; mais tous les points qui remplissent cette dernière condition se trouveront sur une ligne droite ou courbe; on lui a donné le nom de lieu géométrique des points qui satisfont à cette condition. Il en est de même d'une figure pour la détermination de laquelle il manque une condition; car en général, chaque point de la figure se trouvera dans le même cas, en sorte que chacun d'eux aura son lieu géométrique.

La Géométrie Analytique fournit une méthode complètement générale pour la résolution des problèmes de géométrie. Mais par cela même qu'on applique une seule et même méthode aux problèmes les plus différents, il s'en suit naturellement qu'on doit très-fréquemment faire de grands détours. Ainsi, dans la Géométrie Analytique, on considère les distances des points à un couple d'axes qui en général n'ont absolument rien à faire dans la question. En outre, en appliquant cette méthode, on parvient aisément à faire mécaniquement les calculs, sans que cependant on puisse toujours interpréter géométriquement les équations qu'on obtient. Enfin, et c'est peut-être la raison la plus sérieuse, ces dernières arrivent facilement à un degré de complication tel qu'il n'est plus possible de les résoudre en pratique.

En raison de ces difiîcultés qu'on rencontre dans l'application directe de la Géométrie de Descartes, on a imaginé

INTRODUCTION

dans ces derniers temps une grande quantité de méthodes particulières (fondées sur l'emploi de différents systèmes de coordonnées, &c.) qui permettent de résoudre individuellement les problèmes d'une manière plus naturelle et plus élégante; mais la difficulté s'est reportée maintenant sur le choix de la méthode. On a toutefois créé ainsi une transition entre les procédés algébriques et ceux purement géométriques. Dans ces derniers, on tâche de trouver la solution du problème, en étudiant par la voie géométrique quelles sont les liaisons qui existent entre les éléments donnés de la figure et ceux qu'on cherche. Pour faciliter ces investigations, on commence dans tous les cas par dessiner une figure qui représente la solution cherchée et il ne s'agit plus alors que de l'étudier à l'aide des théorèmes connus de la Géométrie.

S'aperçoit-on, comme c'est le cas dans un grand nombre des problèmes les plus simples, que tout se ramène à la détermination d'un point inconnu? La méthode qu'on doit appliquer découle immédiatement de ce qui précède.

On considère, en les prenant isolément, les deux conditions auxquelles le point cherché doit satisfaire; à chacune d'elles correspondra un lieu géométrique; et si ce sont des droites ou des cercles, le problème est résolu. Car le point, devant se trouver en même temps sur chacun des deux lieux, doit se trouver aux points où ils se coupent.

Si les lieux géométriques sont deux droites, le problème n'admet qu'une solution et ne peut devenir impossible que si les lignes sont parallèles. Si ce sont deux cercles, ou un cercle et une droite, le problème admet deux solutions quand ils se coupent, une quand ils sont tangents; il devient impos- .sible quand ils sont extérieurs l'un à l'autre. Il y a une différence qualitative entre ce cas et le précédent, où l'impossibilité n'était qu'une question de limite.

Quand les lieux géométriques sont d'autres courbes, on ne peut plus les employer directement pour les constructions et il faut reprendre la question d'une autre manière. Il faut toutefois remarquer qu'un point qui est donné par l'intersection

INTRODUCTION

d'une droite et d'une conique peut être déterminé au moyen d'une droite et d'un cercle, tandis que la construction ne peut plus s'effectuer si le point est déterminé par l'intersection de deux coniques indépendantes l'une de l'autre.

La méthode qu'on vient d'indiquer pour les problèmes les plus simples, peut s'étendre aux plus compliqués. La règle serait la suivante:

On considérera l'une des conditions imposées à la figure comme n'existant pas, et l'on cherchera les lieux géométriques des points de la figure ainsi rendue indéterminée.

On conçoit aisément qu'il est de la plus grande importance de connaître beaucoup de lieux géométriques, en tant que ce seront des droites ou des cercles. Dans le premier chapitre, nous donnerons les plus importants d'entre eux, avec un développement détaillé des principales règles énoncées ci-dessus.

Quand on ne pourra pas appliquer immédiatement les lieux géométriques, la règle à suivre sera celle-ci: De la figure tracée on en déduira une autre dans laquelle la liaison entre les éléments donnés et ceux qu'on cherche ressortira plus commodément. Nous traiterons ce sujet en détail dans le second chapitre.

Dans ce qui suit, pour abréger, nous désignerons un triangle par ABC et les longueurs de ses côtés par a, b, c. La hauteur correspondant à a s'appellera ha\ la médiane au même côté (transversale passant par le centre de gravité) sera ?«„. La longueur de la bisectrice de Z— A sera Wa- r et g sont les rayons des cercles circonscrits et inscrits, tandisque q^, Qi, Qc sont ceux des cercles exinscrits (le cercle de rayon Qa est tangent k a et aux prolongements de b et c). Quand on parlera d'un quadrilatère ABCD, il faudra se représenter les sommets dans l'ordre où on les énonce.

Z [a, b) représente l'angle compris entre deux lignes a et b.

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