SIENS
Ce savant remarqua, tout d'abord, qu'il est indispensable qué l'alcool soit complètement exempt d'eau : l'alcool à 96° donne déjà des résultats beaucoup moins satisfaisants que l'alcool absolu, Il paraît également essentiel d'employer la plus petite quantité possible d'alcool et de maintenir continuellement à l'ébullition le liquide au sein duquel la réaction s'opère.
Le premier succès de cette méthode fut de rendre tout à fait facile la transformation de la fonction nitrile — CN en fonction amine primaire — CH? — NEP.
Fort longtemps auparavant, Mexorus [94] avait indiqué ce procédé d'obtention des amines primaires, mais il employait comme source d'hydrogène naissant le zine et l'acide chlorhydrique dissous dans l'alcool dilué ; les rendements obtenus étaient excessivement faibles. |
Indépendamment des monoamines, Lanensunrc prépara Cœalement des diamines par sa nouvelle méthode: il obtint la pentaméthylène diamine à partir du cyanure de triméthylène CN — {CH28 — CN.
Une application plus importante encore fut la transformation de la pyridine en pipéridine ; nous ne saurions mieux fixer les détails de la méthode qu'en décrivant cette préparation :
Dans un ballon de 1500 ce. environ, relié à un rélrigérant à reflux, on introduit 20 gr. de pyridine, 150 gr. d’alcooi absolu, et l’on chauffe le tout à l'ébullilion au bain-marie, On introduit alors par fraclions, mais en opérant assez rapidement, 75 gr. (quantité théorique 34 gr.,50) de sodium coupé en menus morceaux el conservé dans l’'éther anhydre. Dès que la réaction devient paresseuse, ou qu'il se sépare de l’alcoolale de sodium, on ajoule une nouvelle quantité d'alcool absolu bouillant et l’on s'arrange pour conduire l'opéralion le plus rapidement possible. Lorsque tout le sodium a été employé, on laisse refroidir, on ajoute au mélange un volume d'eau égal au sien el l'on distille avec précaution en chauffant au bain-marie. La pipéridine qui s'est formée passe presque complètement avec l'alcool. On neulralise le distillat avec de l'acide chiorhydrique el on le soumet à une nouvelle dislillation. L'évaporation à sec du résidu fournit le chlorhydrate de pipéridine avec un rendement à peu près théorique.
Cette méthode est applicable à l'hydrogénation de toutes les bases pyridiques; elle a conduit LanensurG à la préparation de la conicine {1886) par fixation de 8 atomes d'hydrogène
D ee =
sur l'isoallylpyridine, réaction par laquelle fut réalisée pour la première fois la synthèse d’un alcaloïde nature: [95] (').
Fait assez extraordinaire, l'hydrogénation des bases quinoléiques par cette méthode ne donne pas de résultats satisfaisants ; elle réussit mieux si on emploie comme source d’hydrogène naissant l'étain et l'acide chlorhydrique.
Certains dérivés du benzène, à l'exclusion de ce carbure luimême, ont pu être transformés en dérivés hexahydrogénés correspondants: l'acide métaoxybenzoïque a fourni à Ernnonx[96) l'acide hexahydro-métaoxybenzoïque.
Dans la sérié alphatique, Moureu et Décaxcs [97] ont réussi à transformer les acides acétyléniques R-C = C - CO2H en acides saturés correspondants ; en même temps qu’ils ont préparé un certain nombre d'acides gras déjà connus, ils ont obtenu à partir de l'acide triméthvltétrolique.
CH