RAGE
début, diminue d'une façon continue et peut devenir nulle avant que la réduction ne soit terminée.
Vavox a remarqué que le platine devenu inactif ne perd que temporairement ses propriétés ; il est possible de les lui rendre sans qu’il soit nécessaire de le transformer en chlorure. Il suffit de décanter le liquide, de laver le noir à plusieurs reprises avec de l'éther et de le laisser ensuite à l'air pendant un jour ou deux pourlui rendre ses propriétés initiales. On arrive plus rapidement au même résultat en le chauffant à l'éluve à 200° environ, pendant une demi heure ; mais il faut avoir soin auparavant de bien le laver à l'éther, surtout s’il vient d'être en contact avec une solution alcoolique.
Des traces d’alcool qui auraient échappé au lavage peuvent, lorsque le noir se trouve au contact de l’air, être oxydés avec un très grand dégagement de chaleur ; le catalyseur se trouve porté au rouge et perd complètement ses propriétés.
Avant de placer le noir de platine dans l’étuve il est nécessaire de le débarrasser de toute trace d’éther en l’abandonnant à l'air pendant un certain temps.
En prenant toutes ces précautions, un même échantillon de platine peut conserver pendant longtemps son activité et servir à un grand nombre d'opérations. Avec 15 gr. de noir de platine Vavon a pu hydrogéner G kilos d'essence de thérébenthine et fixer environ 1.000 litres d'hydrogène en une douzaine d’opérations. Avec un autre échantillon, cinquante expériences successives ont été effectuées sur diverses aldéhydes aromatiques. Dans les deux cas l'activité du catalyseur, quoiqu'un peu affaiblie, était encore très notable.
Applications principales de la méthode. — Foix (27), qui a le premier mis en évidence les propriétés catalytiques du noir de platine et du noir de palladium vis-à-vis de l'hydrogène, s’est contenté d'hydrogéner, par leur intermédiaire, un certain nombre de composés éthyléniques : acides crotonique, undécylénique, oléique, sorbique, maléique, ete., qu'il a transformés en composés saturés correspondants. Il n’est pas parvenu à hydrogéner le noyau benzénique.
Wircsrærer [44] a hydrogéné, à l'aide du noir de platine
l'acide oléique, l'alcool érucique, le phytène, le géraniol, la cholestérine et divers autres composés. 11 a réussi à fixer trois molécules d'hydrogène sur l'acide benzoïque d’abord, puis sur toute une série d'autres composés cycliques : benzène, toluène, xylène, naphtaline, phénol, aniline, pyrrol.
LesriEAu [42] et plusieurs de ses élèves, Vavox [38], G. Duronr [43] et Fournier [#4] ont su également tirer un excellent parti de ce procédé.
LespiEAu a hydrogéné plusieurs composés acétyléniques et a obtenu les dérivés saturés correspondants.
Vavon, après avoir étudié l'hydrogénation de plusieurs carbures terpéniques (pinène « et 5, limonène) a appliqué systématiquement la méthode de Foix Wircsrærter à Îa transformation en alcool des aldéhydes et des cétones ; il a montré, notamment, que les aldéhydes aromatiques sont très aisément transformés en alcools avec des rendements très élevés, souvent même quantitatifs. Aucune méthode n'avait encore permis d’atteindre ce résuitat ; l'hydrogénation des aldéhydes aromatiques par le procédé de Sagarier et SENDERENS conduit aux carbures correspondants.
Signalons, pour terminer, que Bneteau a réussi à fixer, par cette méthode, quatre atomes d'hydrogène sur la molécule de phénanthrène, en employant le noir de palladium comme catalyseur.