ERA
en revue, dans une élude d'ensemble, par Carzeron Ecrits [46].
Si la littérature des brevets est très abondante, les publications scientifiques qui trailent de ce mème sujet sont rares et peu explicites.
Beprorv et Erbuanx [28] ont publié récemment une étude assez détaillée sur l'hydrogénatioa directe des huiles en présence de nickel réduit ou d'oxyde de nickel. Le procédé qu'ils décrivent consiste à faire passer un courant d'hydrogène dans de l'huile tenant en suspension de l'oxyde de nickel et chauffée vers 450°. Suivant la nature de l'huile, la fixation est plus ou moins rapide. Au bout de quelques heures, l'huile d'olive est transformée en une graisse, solide à la température ordinaire.
Comme on pouvait le prévoir, les huiles extraites des graines des diverses Crucifères (colza, navette, etc.\, qui contiennent des substances sulfurées, détruisent rapidement le catalyseur. Il est nécessaire, avant de les traiter,de leur faire subir une épuration préalable.
Les auteurs signalent, sans décrire aucun mode opératoire, que la pression favorise la fixation de l'hydrogène. Comme catalyseur, ils préfèrent l'oxyde de nickel au nickel réduit. Pour eux, comme pour IParTIEW, ce composé possède des propriétés catalytiques qui lui appartiennent en- propre. Ils croient avoir pu isoler sous un oxyde NiO, résultant de la réduction incomplète de l'oxyde NiO ; ce composé, formé au sein de l'huile, prend la forme colloïdale et constitue un catalyseur très actif.
L'action des divers sels organiques de nickel a également
fait l'objet des recherches de Beoronp et ErDmaxx.
Dans une courte Note, communiqué à la Sociélé chimique de France, À. Bnocuer [29] a consigné les premiers résuitals des recherches qu'il a entreprises sur l'hydrogénalion catalytique des liquides au moyen des métaux non nobles.
Sans décrire en détail le mode opératoire suivi,l'auteur indique que sa méthode consiste € à mélanger le métal provenant « dela réduction de l'oxyde de nickel au produit liquide, fondu, « en solution dans l'eau ou un solvant organique, ou même,s'il « est insoluble, simplement maintenu en suspension dans un
« liquide approprié et à agiter vigoureusement en présence « d'hydrogène, sous la pression de quelques kilog. par emq.»
Une bonne agitation est une condition essentielle de réussite ; la pression n'est pas un facteur indispensable, la fixation de l'hydrogène pouvant très bien se faire à la pression ordinaire ou même sous une pression moins élevée encore.
Une température élevée accélère la vitesse des réactions ; il est cependant des hydrogénalions qui peuvent être effectuées à la température ordinaire.
Les avantages de cette méthode sont les mêmes que ceux de la méthode de Paaz-Skrra ou de Forin- Wizcsrærer ; mais le prix peu élevé du catalyseur permet d'opérer, même au laboratoire, sur des quantités importantes de produit.
Les liaisons éthyléniques sont très facilement salurées, le plus souvent à la température ordinaire (caprylène, acide cinnamique, linalol, etc:). 4
L'hydrogénation des composés cycliques est plus difficile: elle comnrence à partir de 50° et devient très rapide entre 100 et 120° avec le phénol ; le cyclohexanol obtenu ne contient pas de cyclohexanone.
Les polyphénols sont d'autant plus difficiles à hydrogèner que le nombre des oxyhydriles phénoliques est plus élevé.
Les naphtols & et 8 fixent HA sur l’un ou sur l’autre noyau ; les aldéhydes, les cétones, y compris les sucres en solution aqueuse, sont plus difficiles à hydrogéner que les phénols; il est parfois nécessaire de chauffer jusqu’à 1500 pour effectuer la réaction.
Lorsque l'hydrogénation peut être effectuée en plusieurs élapes successives laldéhyde cinnamique, citral, elc.), la méthode permet de préparer les composés partiellement hydrogénés.
Aperçu général sur les méthodes d'hydrogénation par catalyse. — Les méthodes d'hydrogénation par catalyse, dont la chimie organique s'est enrichie au cours des quinze dernières années, n’ont certainement pas donné toute leur mesure el pourront encore êlre perfeclionnées et étendues. D'ores et déjà, on peut dire que‘leur généralité est telle qu'il n'existe, pour ainsi dire, aucune réaction de réduction ou d'hy-
drogénalion qui ne puisse, avec avantage, êlre effectuée par leur intermédiaire.
La méthode de Sasarier et SeNDERENS, complétée par celles d'Ipariew, de Paar-Sxira et de PARANSN) REA peut Sa tisfaire à toutes les exigences.
Dans les cas, assez rares, où une action très énergique est nécessaire, l'hydrogène, employé sous haule pression, à température élevée, en présence d'un catalyseur, s'est montré capable de vaincre toutes les résistances. IPATIEW a pu parvenir à hydrogéner à refus le phénanthrène, composé d’une très grande
stabilité, que l'on est en droit de considérer comme particu-
lièrement réfractaire.
La méthode de Sasarier et Saxperexs constitue la partie essentielle de l'ensemble, le procédé d'usage courant applicable dans la généralité des cas. Elle présente l'avantage d'utiliser, en fonctionnement continu, un catalyseur d’un prix peu élevé. ,
Les méthodes de Paaz-Skrra et de Forix-WiLLSTŒTER, représentent l'instrument coûteux, propre à effectuer les besognes délicates.
L'ensemble de ces trois groupes de procédés forme un tout homogène qu'il est possible de considérer comme constituant une Méthode unique : la méthode d'hydrogénation par catalyse. Devant elle, l'arsenal encombrant des anciennes méthodes perd chaque jour de son importance.