PS ES
l'infini la liste de ceux que l’on pourrait encore envisager.
\ Il est trop clair que si le choix des auteurs n’est pas unanime, c'est que chaque produit présente à la fois des avantages et des inconvénients. Le premier point à envisager est la valeur du produit comme sclérosant : celte valeur sera d'autant plus grande que la sclérose sera obtenue avec des doses plus faibles, qu’elle sera rapide et étendue, solide et durable. Mais ce n’est pas le seul point à envisager. Il faut étudier aussi la facilité de l'emploi, voir par conséquent si le produit est stable et de conservation facile, s’il donne une solution fluide permettant l’usage des aiguilles très fines ; il faut apprécier aussi sa causticité et le danger d’escarre au cas où l'injection ne serait pas très rigoureusement intraveineuse. On pourra donc inscriré à l'actif d’une substance donnée son pouvoir sclérogène et sa facilité d'emploi ainsi que sa faible causticité. Mais un produit présentant ces avantages à un haut degré pourra avoir par ailleurs des inconvénients susceptibles d'en faire proscrire l'emploi. Il faut compter parmi ces inconvénients la toxicité pour les divers organes, l'intensité des phénomènes réactionnels (douleur et poussée inflammatoire après l'injection), les accidents de choc ou d’embolie, la possibilité de séquelles locales (nodules indurés ou placards érythémateux). Nous allons tâcher de dégager ces avantages et ces inconvénients, en ce qui concerne les principales substances employées, d’après la littérature médicale et d’après nos observa-
tions personnelles.
Le premier produit employé-par Sicar», le carbonate de soude, était doué d’un pouvoir sclérogène élevé. La solution à 5 % ou 10 %, injectée à raison d'environ 10 ce. par séance, permettait de mener à bien un traitement en trois semaines environ. Les veines même volumineuses « prenaient bien » la sclérose. qui se révélait solide et durable, Mais ce corps était d’un emploi difficile. Sa solution, instable, devait être préparée extemporanément. Elle se révélait extrêmement caustique : la moindre goutte hors de la veine entrainait une violente douleur et très souvent une escarre extensive et longue à guérir. Cette extrème causticité du carbonate de soude est la raison pour laquelle on en a pratiquement abandonné l’emploi, car, comme nous aurons l’occasion de l'indiquer, on ne peut jamais être sûr qu'une quantité minime du produit injecté ne se répande hors de la veine variqueuse.
Le salicylate de soude, que nous avons pris comme type de produit sclérogène, donne en effet une fibrose à peu près aussi rapide et aussi solide que celle fournie par le carbonate, Il est d'emploi beaucoup plus facile : sa solution, si lon a recours aux précautions que nous avons précisées, est stable, de bonne conservation et toujours identique à elle-même. Sa causticité est modérée ; le passage d'une petite quantité dans le tissu cellulaire se traduit par une douleur vive (moins vive toutefois si la solution est additionnée d’un anesthésique, comme dans la formule que nous avons donnée), les escarres sont exceptionelles, ainsi que les sé-
quelles locales. Les chocs humoraux sont rares et la
toxicité faible, bien qu'on puisse parfois observer des intolérances.
Nous avons beaucoup étudié la solution iodo-iodurée, à laquelle, nous a.t-il semblé, on n’a pas recours aussi souvnt qu'on le pourrait faire. C’est un produit à pouvoir sclérogène exceptionnellement marqué, auquel, selon notre expérience, très peu de varices restent réfractaires, alors même qu’elles n’ont pas réagi au salicylate à 40 %. L'emploi en est facile, et l’on sait du reste que les injections intraveineuses de Lucor sont
d'usage courant dans le traitement des mycoses. La
causticité de la solution non diluée est assez grande, et
détermine au niveau du tissu cellulaire une violente douleur et une réaction très vive, que nous n’avons jamais vu aller jusqu'à l’escarre. Par ailleurs, bien que la toxicité soit faible, il faut se méfier des intolérances à l’iode et aux iodures, que l’on rencontre assez fréquemment et qui sont susceptibles d'entraîner des réactions cutanées, des poussées thyroïdiennes, des. troubles di- Vers. |
Le bi-iodure de mercure peut être intéressant à emplover chez les syphilitiques variqueux. C’est un assez bon sclérosant, d'emploi relativement facile, mais caustique et susceptible de donner des escarres d’une durée désespérante (Le BLAYE). Il est toxique et ne peut êlre employé à doses élevées, sous peine d’entraîner de l'hydrargyrisme,
Le chlorhydrale neutre de quinine est employé le plus souvent en ampoules de la formule suivante (GE-
NÉVRIER)