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PLACE DES DACTYLES, DES SPONDÉES

Nota 1. On trouve parfois des vers, dits spondaïqiies , où le cinquième pied est un spondée :

Gara deum soboles, magnum Jovis incrcmentum. (V.)

Dans ce cas, le quatrième pied est d'ordinaire un dactyle, et le cinquième pied ne doit pas finir avec le mot ; le mot final dans Virgile est souvent un dispondée : incrementiim, circumspexit, intervallo. Ce vers ne s'emploie guère que pour produire un effet.

Nota 2. Notons aussi le vers hypermètre, dont la dernière syllabe s'élide devant le premier mot du vers suivant :

Quos super atra silex jamjam lapsura cadentiçwe Imminet assimilis. (V.)

Il y a, dans Virgile, une vingtaine d'hypermètres.

Nota 3. On s'est demandé si le sixième pied de l'hexamètre était, par son origine, un spondée ou un trochée; en d'autres termes, s'il était complet, le spondée remplaçant le dactyle, ou incomplet d'une syllabe, de façon que le vers fût catalectique^. La réponse n'est pas certaine; mais en admettant que le vers est catalectique, on s'explique mieux la nature des deux derniers pieds. En effet, le rytlime fondamental se retrouve d'ordinaire sans altération au dernier pied complet. Dès lors on ne verrait pas, si le sixième pied était complet, pourquoi le dactyle est exclu du sixième pied, tandis qu'il est de règle au cinquième. Au contraire, si le sixième pied est incomplet, il ne peut être un dactyle, tandis que le dactyle devra se montrer au dernier pied com{)let, le cinquième.

3. Dans les quatre premiers pieds, le dactyle et le spondée sont également admis. On a donc

1. Un vers catalectique est un vers dont le dernier pied est incumplet.

12 CHAPITRE I. LES PIEDS DE l'hEXAMÈTRE.

le choix. On peut seulement signaler certaines tendances générales :

1. Un vers qui commence par quatre spondées risque d'être lourd; il est toujours grave d'allure :

In scenam inissos magno ciim pondère versus. (H.)

2. Un spondée disyllabe, séparé de ce qui suit et non suivi d'un monosyllabe, se relie difficilement à la série métrique : on l'évite d'ordinaire. Devant un monosyllabe, on l'admet sans peine ; et il n'a rien qui déplaise dès qu'il entre dans le tissu de la phrase :

Sed liquidi fontes et stagna virentia musco

Adsint, et (cf. 18, 4) tennis fugiens per gramina rivus. (V.)

Sic canibus catulos similes, sic matribus hœdos

Noram; sic (cf. 24) parvis componere magna solebara. (V.)

Illic sera rubans accendit lumina Vesper. (V.)

Hlolli paulatim flavescet campus arista. (V.)

Quantum lenta soient inter viburna cupressi. (V.)

3. On préfère le spondée au quatrième pied, sans exclure le dactyle. Mais si le quatrième pied finit avec un mot suivi d'un arrêt notable, le dactyle est presque de règle (cf. 7) :

Namque erit ille mihi semper deus : illius aram... (V.)

Virgile a rarement des vers comme :

Fas eral ; in médium quserebant / / / ^ , ipsaquo tellus... {G. i, 127.)

1- Nousemploierons les barres verticales (I) pour marquer la séparation des pieds, les barres penchées pour la coupe : / = coupe en général ou coupe légère, // = coupe plus forte, /// = coupe très forte.

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