C'est ce que M. L. Havet exprime un peu différemment en
ET l'hexamètre grec. 81
Nota. Cette différence n'est pas propre à la poésie. Même en prose, le latin frappe la syllabe initiale du mot, à peu près comme le français frappe la syllabe finale ^ . En grec on ne voit rien de pareil. Bien au contraire, quand l'accent était sur la dernière du mot, cet accent, dans l'intérieur de la phrase, s'effaçait presque pour rendre plus douce et comme insensible la transition au mot suivant; de là vient que l'accent aigu est remplacé dans ce cas par l'accent grave : comparez àvf,p àyaôoç, et àyaôo; àvr,p. D'autres faits montrent également cette unité et cette fusion des mots dans le corps de la phrase grecque.
72. Ces différences en amènent deux autres, l'une dans la forme du vers, l'autre dans son caractère expressif :
Dans la forme, car, tandis qu'en latin les lois de la césure et des finales obligent à jeter tous les vers dans un petit nombre de moules déterminés, le vers grec a une variété presque infinie de formes diverses, admettant, comme il fait, presque toutes les combinaisons pour la distribution des mots entre les six pieds dont il se compose.
disant que dans leur hexamètre les Grecs se pre'occupent seulement de placer des syllabes, tandis que les Latins ont conscience d'y placer des mois. Cf. il/ém de la Soc. de lingiiist. t. Yl, p. 11-40.
1. Signalons, entre autres preuves, ralTaiblissementdes initiales en composition : f\cio conficio. En français nous donnons à ce frappé le nom d'accent (accent intensif); mais il ne faut pas confondre cet accent avec l'accent des Grecs et des Latins, lequel marquait une note plus aigiie (accent musical, cf. 180).