‹ Métrique latineChapitre 60 sur 101 · I. Rapports entre les vers iainbiques et trocliaïques · texte numérisé non relu

I. Rapports entre les vers iainbiques et trocliaïques

lis. Le trochée (i-) et l'iambe (-i) sont opposés entre eux comme le dactyle (^ - -) et l'anapeste (--j.). Le vers trochaïque commence par le temps fort, le vers iambique par le temps faible.

Dans les vers iambiques et trochaïques, le pied n'est pas, au moins chez les Grecs, l'équivalent du mètre (ou mesure rythmique) : le mètre se compose de deux pieds^ ou, comme on dit, d'une dipodie. De là, les noms de.tétramètre trochaïque ou iambique, de trimètre, de dimètre, pour désigner des vers de huit pieds trochaïques ou iambiques, de six pieds, de quatre pieds ^

1. Il faut dire 'la même chose des vers anapestiques : un dimètre anapestique se compose de quatre pieds.

IIG. Il y a un rapport étroit entre le vers trocliaïque et le vers iambique.

Laissez de côté le premier temps faible ' d'un trimètre iambique, vous aurez un trimètre trochaïque, moins le dernier temps faible, c'est-àdire, moins le temps que vous avez supprimé au début. Exemple :

Aut près | sa pu | ris mel \ la con | dit am | phoris.

est un trimètre (ou sénaire) iambique;

Pressa | puris | niella | condit | ampho | ris.

est un trimètre trocliaïque auquel il manque le dernier temps faible. Ajoutez à la fin du vers trochaïque le premier temps faible du vers iambique, votre trimètre trochaïque est complet. Les vers d'Horace :

Non c I bur, ne | que aure | ura [Trochaïque calalectique.)

.- I .- I . - I . - I . I . Mea I reni | det in | domo | lacu ] nar. {Iambique calalectique.)

pourraient se scander en série trochaïque suivie :

Non e,bur neipie | aurejum me]a rejnidet ] in do|mo

[la|cunar.

117. A cette relation de forme, répond très probablement une relation d'origine : le vers

1. D'ordinaire la première syllabe, parfois les deux premières.

iambique serait né du vers trochaïque, en faisant précéder le premier temps fort d'une note (ou d'une syllabe) de prélude, comme cela se fait souvent en musique ; à ce début avec une note (ou une syllabe) en plus répond une fin avec une note (ou une syllabe) en moins.

Il y aura donc deux façons de scander les vers iambiques :

1'' En faisant entrer la première syllabe dans la série métrique.

Aut près | sa pu | ris mel | la con | dit am | phoris.

2° En laissant cette première syllabe hors de la série métrique :

Aut I pressa | puris | mella 1 condit ] ampho | ris.

La première scansion peut s'appeler scansion iambique, la seconde scansion trochaïque.

On donne aussi à cette seconde scansion le nom de scansion i^a^r anacrouse^. L'anacrouse est la syllabe (ou les deux syllabes) de prélude ainsi placée avant le premier temps marqué.

Remarque 1. Quand il s'agit du vers iambique, peu importe quelle scansion on adopte ; mais dans les vers logaédiques (dont il sera question plus bas)

1. Le mot anacrouse, dans cette acception, est moderne comme l'idée qu'il exprime. C'est, si je ne me trompe, Gottfried Hermann qui l'a introduit, avec sa signification nouvelle, dans la langue des métriciens. Le mot grec àvàxpouatç vient de àvaxpoûw, qui veut dire à la fois préluder et repousser.

SUR LES VKIlS TnOCHAÏQUES ET lAMBIQUES 119

il faut admettre la notion tranacrousc et la scansion par anacrousc, sous peine de ne rien comprendre à la nature de certains vers ou de certaines strophes, ni à leurs rapports avec d'autres vers ou d'autres strophes, dont cependant ils sont très rapprochés ^

Remarque 2. A moins d'indication contraire, je garderai la scansion iambique; ce qui fait du vers iambique un mètre ascendant (temps faible, temps fort) tandis que le vers trochaïque est un mètre descendant (temps fort, temps faible). Dès lors dans les vers iambiques, le temps faible devancera d'un pied le temps faible correspondant des vers trochaïques ; tout ce qui sera dit du premier temps faible trochaïque sera donc applicable au second temps faible iambique, et ainsi de suite, de façon qu'au pied impair du trochée corresponde le pied pair de l'iambe et vice versa :

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Trochaïque : Pressa | ptiris ] niella | condit | ampho | ris.

: X U X I : X 1 . X I : X I . i Iambique : Aut près | sa pu | ris mcl | la con | dit am | phoris.

Après ce qui précède, on comprendra sans peine (]ue les vers trochaïques et les vers iambiques

1. M. Ilavet essaie de montrer, par un calcul ingénieux, que la scansion iambique n'est pas théoiiciuement admissible. ^lais il y a dans la question un élément historicpic et prati([uc dont il faut tenir compte. Lui-même n'a pu le négliger complètement.

soient soumis aux mômes lois générales, dont il faut indiquer les plus importantes.

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