LATINS ET GRECS
- 5. L'union était spécialement étroite entre le troisième saphique et l'adonique. Ce n'étaient pas même, semble-t-il, deux membres distincts. Dans Sapho, en effet, la coupe est constante soit après neuf, soit après huit syllabes du troisième vers, tandis qu'il faut souvent couper un mot pour dégager l'adonique. On comprend, du reste, que, les onze premières syllabes du grand vers formant un saphique, on se soit habitué à voir là un vers distinct, et à couper entre le saphique et l'adonique. Cette coupe, déjà fréquente dans Sapho, est constante dans l'ode el; 'Pto[xr,v.
RÈGLES SPÉCIALES AUX LOGAÉDIQUES LATIKS I. De la coupe dans les vers logaédiqucs.
La coupe n"est soumise à des lois rigoureuses que dans le saphique, l'alcaïque, l'asclépiade.
14o. — A. Coupe du saphique. — La coupe ordinaire est la césure masculine, après le troisième temps fort, c'est-à-dire après la longue du dactyle :
Jam satis terris // nivis atqne dirœ. . .
Nota. Cependant Horace emploie aussi, peu dans les trois premiers livres des Odes, souvent dans le quatrième, la césure trochaïque, après la première brève du dactyle :
Laurca donandus // Apollinari.
146. — B. Coupe de Talcaïque. — La coupe est avant le dactyle :
Vides ut alta // stet nivc candidiim.
Nota. Toute autre coupe est exceptionnelle et irrégulière.
147. — C. Coupe de l'asclépiade. — L'asclépiade, comme le pentamètre, auquel il ressemble par d'autres traits, se divise nettement en deux
QUANTITÉ DES ITŒMIKRES SYLLAHES. 151
hémistiches, d'après les deux membres dont il se compose :
M.TCcnas atavis // édite regibus.
148. Nota. Le ^^rand asclépiado et le grand saphique ont les coupes respectives de l'asclépiade et du saphique ordinaire, avec une autre coupe également obligatoire :
Tu no qutTsieris//scire ncfas//quem milii, quem tibi. Odorit cfvmpum//patiens//pulveris atquo solis.
149. Les autres vers logaédiques n'ont pas de coupe obligatoire. II y a pourtant quelques tendances visibles :
Lhendécasyllabe phalécien est coupé le plus souvent après le troisième temps fort :
Admittas timidam/brcvemqiie chartam. (Mart.)
Pourtant la coupe après le dactyle n'est pas rare :
Arida niodo/pumico expolitum. (Cat.)
loO. L'ennéasyllabe alcaïque est d'ordinaire roupé après le troisième temps fort, de façon à finir par un trisyllabe ou un groupe trisyllabique :
Silvaî laborantos/goluque.
Dcprome quadrimum / sabina.
Dans sa forme la plus fréquente, il est formé de trois trisyllabes ou groupes trisyllabiques.
lîîl . Le décasyllabe alcaïque est coupé le plus souvent après le deuxième temps fort :
Vexet cques / metucndus hasta L
1. Dans l'ode Ançjustnm amice, le vers a cette coupe dans les huit strophes. Quand colle-ci nianf[uo, les coupes dont il va être question sont d'ordinaire accompagnées d'une autre, presque
Beaucoup moins fréquente est la coupe après le premier dactyle, et elle ne va guère sans une coupe penthémimère :
Vertere / funeribus / trinmplios.
Concitet, / imperiumqun fiangat.
Moins fréquente encore, si je ne me trompe ', est la coupe trochaïque après la brève qui suit le deuxième temps fort, sans coupe penthémimère :
Quae caret ora / cruorc nostro.
Mais la seule règle est de ne pas avoir pour second dactyle un mot ou une fin de mot.
II. Quantité usuelle des parties qui précèdent le dactyle dans les vers logaédiques.