‹ Métrique naturelle du langageChapitre 22 sur 85 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

variant par suite d'un individu à un autre, mais toujours fixe dans le même individu. Ainsi, tandis que dans notre première conception, à laquelle nous nous tiendrons parce qu'elle n'a pas un caractère hypothétique et qu'elle suffit à l'établissement de notre thèse, la multiplicité des unités qui, toutes, suivant les cas, peuvent être également prises pour mesures, laisse flottant l'ensemble du système, au contraire, avec l'hypothèse d'une seule unité à fondement organique, nous serions conduits à regarder ce mouvement d'une mesure à une autre comme tout relatif et apparent ; au fond, la même unité subsisterait toujours et mesurerait ses manifestations changeantes. Nous avouons que cette hypothèse reste à nos yeux extrêmement vraisemblable et qu'elle nous paraît une conséquence et comme une extension logiquement nécessaire de la loi générale des mesures perceptives. Mais comme on ne peut établir que par l'expérience une hypothèse de fait, et comme cette tentative nous aurait entraîné dans de minutieuses recherches, tant physiques que physiologiques et philosophiques, que le cadre de cet ouvrage ne comporte pas, nous avons pris le parti de négliger cette hypothèse, qui ne nous était» pas actuellement nécessaire, et de nous en tenir à la conception de l'unité variable, conception vraie, au moins relativement, et qui exprime en tout état de cause le dehors du phénomène.

L'analogie qui existe entre la métrique et l'harmonie a de tout temps frappé l'oreille humaine : elle en a si bien le senr timent que le langage en porte l'empreinte. Volontiers il em? prunte un terme consacré de l'harmonie pour l'appliquer à, un fait de la métrique. Rien de plus ordinaire, par exemple, et de mieux accepté qu'une expression de ce genre : un rythme harmonieux. Les Grecs, ces ans observateurs des sensations musicales, avaient pressenti la possibilité de réunir les deux études en une seule ; ils avaient su découvrir que les sensations des combinaisons métriques étaient des sensations de rapports numériques aussi bien que celles des combinaisons

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