‹ Métrique naturelle du langageChapitre 24 sur 85 · XXXIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXIV INTRODUCTION

lorsqu'on termine sur le sol, et le caractère conclusif lorsqu'on termine sur le do. M. Riemanh ne cherche pas à se dissimuler la force de cette objection tirée de la sensation, mais il croit voir dans ce fait, bien alarmant pour la vérité de sa théorie, une influence du mode majeur, une habitude contractée par l'oreille, une conséquence de la basse continue sur laquelle a reposé jusqu'à nos jours tout le système d'harmonie. M. Riemann croit qu'en faisant l'éducation de l'oreille, on arriverait à lui faire percevoir le mode mineur tel qu'il le comprend, dans toute sa pureté. L'auteur se croit autorisé à faire ainsi la leçon aux sensations, en s'appuyant sur un principe physique dont la vérité résulte indubitablement d'une expérience faite par lui. Cette expérience est la Suivante : des cordes libres qui correspondent à des harmoniques inférieurs d'un son déterminé donnent, lorsqu'on fait entendre ce son, non seulement des vibrations partielles x mais des vibrations totales par lesquelles les harmoniques inférieur? du son deviennent sensibles. Cette expérience peut être parfaitement exacte sans qu'on puisse en trouver l'application dans la théorie de l'harmonie. L'harmonie, en effet, n'est pas la science des sons considérés d'une façon abstraite, objective, mais seulement la science des sons perçus, et un grand nombre de phénomènes peuvent être constatés dans la nature, sans qu'on doive nécessairement y chercher l'explication des phénoinènes*qui se passent dans les sens et dans l'esprit. Si les harmoniques» inférieures ne sont pas perçues par notre organisme, on aura beau constater leur existence réelle en dehors de nous, çn n'aura rien fait pour expliquer nos sensations. Cet exemple nous montre le danger que l'on court aussi titeâ'-éft harmonie qu'en métrique, lorsqu'on veut étudier par une méthode purement physique des phénomènes de Tordre subjectif comme les sensations musicales. On confond ainsi la connaissance scientifique des objets avec celle des sensations qu'ils nous donnent et qui sont relatives à notre organisme corporel et spirituel. '

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