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INTRODUCTION XXXV

Autre chose, en effet, sont les phénomènes et leurs rapports mathématiques saisis par une expérience objective, autre chose les effets sensibles qu'ils éveillent en nous et dont les lois ne peuvent être connues que par une nouvelle expérience toute subjective. Il est chimérique de vouloir déduire celles-ci des premiers. Aussi, Helmholtz ! , dont le ferme et lucide esprit a si bien et si constamment su distinguer ces deux domaines voisins de la physique et de la psychologie physiologique, s'est-il constamment refusé à admettre le principe prôné par MM. Oettingen et Riemann.

Le lecteur sait quel parti nous avons tiré des harmoniques inférieures. Elles ne sont pas applicables à l'harmonie, parce que les vibrations du son ne peuvent être perçues isolément, et ne sont comprises que dans des ensembles à l'aide d'une unité plus large, imaginée sans effort, qui les réunit en nombre déterminé. Ainsi, ce qui est évalué, ce n'est pas la durée de la vibration elle-même, mais le nombre de fois que cette vibration est comprise dans une unité perçue comme telle. Ce que l'on perçoit, c'est une multiplication de la vibration, et non pas la vibration même, et celle-ci n'étant pas appréciée, comment pourrait-on en percevoir la division? C'est-à-dire comment supposer qu'elle soit mise en rapport avec une vibration plus rapide, que. le son qu'elle donne soit

1 Helmholtz a également, dans son grand ouvrage (die Lehre von den Tonempfindungen ; traduction par M. Guéroult sous le titre : Théorie physiologique de la musique fondée sur V étude des sensations auditives, G. Masson, éditeur^ Paris, 4874), donné une théorie complète de la musique dont il nous montre le développement historique depuis -ses origines, et en nous faisant assister à la constitution lente et progressive de l'harmonie moderne. Helmhotz semble avoir renoncé à ramener tous les faits de l'harmonie à un seul principe physique ; il insiste beaucoup sur la différence qui existe entre d'expérience objective des phénomènes et l'expérience subjective des sensations, et convaincu qu'on n'arrivera jamais à expliquer les secondes par les premières, il aime mieux s'en rapporter à la tradition que. d'entreprendre des recherches et des expériences sans issue ni conclusion possible.

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