‹ Métrique naturelle du langageChapitre 26 sur 85 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

évalué par rapport à un son plus aigu ; en un mot, que ce son apparaisse comme un harmonique inférieur d'un autre son ? Sans aucun doute, le principe des harmoniques inférieures n'est pas applicable à l'harmonie : pour que les harmoniques inférieures de l'unité, ou plutôt pour que les multiples de l'unité soient perçus, il faut que l'unité elle-même soit comprise isolément comme telle et par conséquent qu'elle ne soit plus une vibration de l'ordre des sons. L'unité dont nous percevons les multiples est déjà une durée métrique, et a fortiori en est-il de même pour ses multiples.

Le principe des harmoniques inférieures de l'unité trouve donc son application dans notre théorie du mètre, et nous verrons qu'il est la base sur laquelle repose la première partie 'de ce travail.

Cette première . partie semblerait plutôt avoir sa place marquée dans une théorie de la musique que dans un ouvrage de philologie ; mais le lecteur comprendra plus loin qu'elle était indispensable pour rendre possible une étude sérieuse de la métrique de la langue parlée.

Dans notre seconde partie, nous examinons comment Je rythmizomène naturel, c'est-à-dire la matière du langage se soumet à la loi métrique. Nous abordons successivement, au point de vue rythmique, l'étude des voyelles et des consonnes, des syllabes, de l'ictus, de l'acuité, de la quantité. Puis il nous a semblé nécessaire de définir la mesure 5 poétique, et démontrer ses rapports avec la mesure musicale. Enfin nous indiquons, dans un aperçu général, la méthode à suivre pour faire l'hi stoire des transformations phonétiques produites dans le langage par l'influence de la loi métrique. Trop longtemps on a appliqué à la métrique du langage une méthode qui ne peut convenir qu'à une langue morte. De celle-ci, en effet, il ne nous reste que des monuments écrits,

' et nous ne pourrions rien en savoir, si nous ne faisions appel à ces témoins du passé. La métrique, au contraire, est une langue toujours vivante, une langue que nos métriciens

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