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METRES PUREMENT RYTHMIQUES

29. Toutes les fois que, pour apprécier un nombre perceptible, nous prenons pour mesure l'unité ou l'une de ses octaves, la sensation qui en résulte est simple ; au contraire, lorsque nous prenons pour mesure un nombre autre que l'unité et ses octaves, avant de percevoir le nombre que nous avons en vue, il nous faut d'abord apprécier celui qui lui sert de mesure, et avoir recours pour cela à une autre mesure plus simple ; dans ce cas la sensation est complexe, et le mètre cesse d'être simple. Dans les mètres directement perçus par leur rapport avec l'unité, la dissimilation rythmique suffit à elle seule pour déterminer complètement les unités métriques; comme alors on est en présence dé la combinaison la plus simple qu'il soit possible d'imaginer, il n'y a pas à craindre d'équivoque, et le surcroît de précision qu'apporterait la dissimilation mélodique serait superflu. Il n'en est pas de même pour les mètres complexes où la dissimilation rythmique serait impuissante à créer les diverses unités métriques si la dissimilation mélodique ne venait à son aide. Cette distinction ne deviendra tout à fait claire pour le lecteur que lorsque nous aurons traité la question de la dissimilation mélodique ; là on verra quel est le rôle très important des mètres simples dans la phrase métrique, en raison même de leur dissimilation purement rythmique. Pour désigner les différents mètres, nous emprunterons à la terminologie grecque les termes de monosème, disème, trisème, tétrasème, pentasème, hexasème, heptasème, octasème et ennéasème. Les Grecs entendaient par ces différents mots le nombre d'unités, ou, pour mieux dire, de signes servant à désigner l'unité, contenus dans chacun de ces mètres. Ils avaient désigné l'unité sous le nom de

7kj{jlsTov (signe), et ils marquaient par les adjectifs 8£oy)jjloç, -rptoyîjjloç, etc., le nombre de cr^sta qui constituaient chaque pied. Le mètre monosème étant l'unité même, nous le connaissons déjà, et par conséquent nous n'y reviendrons pas. Parmi les autres mètres, seules les cinq harmoniques perceptibles ont un caractère propre et original, ce sont les mètres disème, trisème, pentasème, heptasème et ennéasème. Quant aux mètres tétrasème, hexasème, octasème, etc., ils ne sont que des octaves de mètres déjà obtenus, et leur étude se confond avec celle de ces derniers. Cependant ils donnent lieu à des phénomènes particuliers, et nous les étudierons à ce titre dans un chapitre à part intitulé : Des Renversements.

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