DES PÉRIODES SIMPLES
114. De même que nous avons désigné sous le nom de mètres simples tous les mètres qui n'ont pour accent sousfort que la tonique ou Tune de ses octaves, nous désignerons sous le nom de périodes simples toutes les périodes qui auront pour mètre primitif un mètre simple, quel que soit d'ailleurs le système d'amplification adopté pour chaque accent. La période simple n'aura donc jamais que deux accents généraux en première amplification, à savoir l'accent culminant et son accent subordonné ; elle pourra très bien être hétérogène, sans cesser d'être simple au sens que nous avons donné à ce mot, c'est-à-dire sans avoir besoin d'être déterminée par la dissimilation mélodique.
L'accent subordonné, en effet, étant toujours la tonique amplifiée, il est facile, par la nature du pied, de reconnaître la nature de l'amplification sans qu'on ait besoin de chercher dans la modulation un supplément de détermination ; aussi voyons-nous que les Grecs, qui ne connaissaient que les périodes simples, ont fait un emploi fréquent des périodes hétérogènes sans pour cela changer de ton mélodique dans l'intérieur d'une seule et même période. Leurs périodes n'avaient jamais que deux accents généraux, et, homogènes ou non, elles conservaient toujours la même tonalité. Encore aujourd'hui toute la musique facile se comporte de la même façon : les périodes se contentent de deux accents, l'un principal, l'autre subordonné ; elles ne sont pas modulantes et peuvent être néanmoins hétérogènes.
C'est seulement lorsque les accents subordonnés sont autres que la tonique amplifiée que l'on sent la nécessité d'une modulation, c'est-à-dire d'un changement de ton dans l'intérieur d'une seule et même période. On sort alors des périodes
simples pour entrer dans le domaine des périodes complexes et la mélodie devient d'un ordre plus élevé.
Dans l'amplification du second degré, toutes les périodes issues de mètres simples sont également simples, et pour la même raison que dans l'amplification du premier degré, la phrase, avec toutes ses propositions subordonnées, est tout entière dans le même ton.