DÉBILITÉ UTÉRINE. — FAUSSE MÉTRITE DES VIERGES. FLUXIONS DIATHÉSIQUES
L’engorgement ne peut être autrement qualifié que comme le résultat d’un trouble circulatoire passif : il est très exactement réalisé, par exemple, dans l’hypostase du corps de Futérus en état de rétroversion, et dans certains cas de dilatation variqueuse des veines du bassin.
Courty, qui lui consacre un chapitre consciencieux, a eu soin de faire justice, à cet égard, des exagérations ou des confusions de ses prédécesseurs.
On peut dire, en effet, que l’engorgement avait été considéré comme le fond de presque toutes les affections organiques de la matrice. Aran, en particulier, a longuement insisté sur cet état particulier de l’utérus qu’il plaçait, comme tous les anciens pathologistes, parmi les phases de la métrite. Huguier(l) classait les affections de l’utérus en trois groupes : inflammation^ engorge^ ment et hyperplasie.
L’engorgement était : a) inflammatoire, b) sthénique, c) asthénique, d) mécanique.
(1) Huguier. Bull, de Médecine XV, 1-20 1850.
FAUSSES METRITES
Scanzoni, avec un sentiment encore un peu confus de la physionomie nouvelle qu’apporte l’entrée en jeu de l’élément inflammatoire, plaçait* l’engorgement, V infiltration^ en tête de son admirable description de la métrite chronique, et décrivait, en clinicien consommé, les troubles si variés qu’il engendre, en insistant surtout sur ce fait que le parenchyme presque seul est atteint et que les lésions de la muqueuse se bornent à de Phypérémie et à un peu de catarrhe.
Pour Gourty, l’engorgement utérin est la représentation d’un état spécial, rigoureusement délimité par Robin, et qui équivaudrait à « l’infiltration du tissu utérin par un exsudât solide ou liquide dissociant et tenant écartés les éléments anatomiques ». D’où augmentation de volume, changementde consistance, symptômes spéciaux, etc.
Il faut reconnaître que cette base purement anatomique n’est pas suffisante pour asseoir une entité morbide définie.
Il est nécessaire de remonter plus haut et de déterminer pour chaque variété pathologique la cause qui lui a donné naissance.
C’est ainsi que nous pouvons immédiatement écarter du cadre de cette étude les engorgements secondaires dépendant soit d’une déviation, soit d’un obstacle circulatoire, thrombose ou compression produisant dans la matrice des phénomènes de stase ou de congestion passive.
Je suis, par conséquent, dans la nécessité d’éliminer cette forme pathologique deutéropathique.
Dans ces cas, l’engorgement existe assurément, et il importe qu’on ne le confonde pas avec une inflammation actuelle ou avec un reste de processus inflammatoire. Mais toujours il existe une lésion ou un trouble primitif qu’il faut rechercher. Avant tout, le clinicien doit se préoccuper de la cause, et l’infiltration de l’utérus passe au second plan.
L’engorgement vrai, est presque toujours d’origine
diathésique ou constitutionnelle. Il correspond «à ce que les anciens appelaient mo//îY/ù.y w/er/, expression que je remplacerais volontiers par celle de débilité utérine : c’est à lui encore que se rapportent les fluxions diathésiques eildi des métropa-
thies dont Martineau avait fait sa métrite herpétique^ sa métrite scrofuleuse^ etc .