‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 104 sur 162 · Chapitre Dix-septième. lyb · texte numérisé non relu

Chapitre Dix-septième. lyb

droite une division de dragons fait des évolutions, les casques et les sabres scintillent au soleil.

Il fait une chaleur horrible; les hommes, après avoir grignoté leurs maigres provisions, s'endorment de fatigue sous un ciel de feu. Enfin Tordre arrive... de rentrer dans les campements de la veille.

La mauvaise humeur des soldats çst à son comble et les oflBciers la partagent.

— Vous voyez bien, me dit Estienne, qu'il ne veut pas sortir. Qu'est-ii devenu depuis hier, où sont les ordres qu'il a laissés ? Et Ton nous disait que nous allions rejoindre Mac-Mahon. Il peut nous attendre, s'il compte sur nous.

— Ma foi, dit un soldat derrière nous, ce n'était pas la peine de se faire casser la gueule.

Cette expression soldatesque résume parfaitement *la situation.

A partir du 2 septembre ces notes cessent d'être tenues jour par jour ; je les transcris telles que je les retrouve sur mon journal. Chaque jour nous confirme dans la pensée que le commahdant en chef ne veut rien tenter de sérieux pour délivrer de son armée Metz qui saurait bien se défendre avec sa garnison. Le maréchal Bazaine entend se réserver pour des événements ultérieurs ; entre ses mains l'armée qu'il trompe, comme il trompe la ville, sera, du moins il l'espère, l'instrument de ses visées ambitieuses. Blotti dès ce moment dans son quartier général du Ban Saint-Martin, il entreprend cette

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trame si longuement et si savamment ourdie, mais non si habilemeut qu'elle ne soit devinée par les Prussiens qui, faisant mine d'abonder dans sonsens, défont, fil par fil, ses industrieuses combinaisons pour le précipiter avec nous dans Tabîme où il nous a entraînés.

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