Chapitre Dix-huitième. i8i
tonnait lorsque le cercueil est entré dans l'église Notre-Dame. L'émotion était profonde. Au cimetière de l'Est, où le corps est provisoirement inhuipé, le maréchal Le bœuf a retracé en quelques paroles émues la vie si glorieusement remplie du général Decaen, et les troupes ont ensuite défilé devant cette tombe qui renferme un de nos plus braves défenseurs^.
Presque tous les généraux de Tarmée assistaient à ces funérailles et l'on prête à ce propos un mot typique au prince Frédéric-Charles.
Interrogé si ce n'était point le moment d'attaquer les Français privés de leurs chefs :
— Gardez-vous-en, répondit-il, sans leurs généraux ils nous battraient.
Le mot est bien spirituel pour un prince et surtout pour un Allemand; on me dit qu'il est de Nazet, je le croirais davantage.
En fait d'ordres du jour, nous n'avons que celui du général Coffinières concernant les vaches laitières qui doivent être livrées à l'armée pour être abattues, et qui a été rapporté sur l'observation faite au général que les blessés, les malades et les enfants ont besoin de lait; et l'ordre qui suspend la publication du Moniteur de la Moselle pour avoir donné, d'après des documents erronés^ les effectifs des armées françaises et même ceux de l'armée de Metz.
Il me semble que j'aurais plutôt suspendu le Moniteur pour avoir donné des chiffres exacts.
1^2 Mei^ i8jo.