‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 118 sur 162 · Chapitre Dix-neuvième. 19S · texte numérisé non relu

Chapitre Dix-neuvième. 19S

méro du Volontaire qu'il aurait caché dans ses bottes.

A la nouvelle de cette manne inespérée, les journalistes avaient couru chez le général Coffinières en possession du bienheureux numéro. Le général avait consenti à en donner connaissance, mais la moitié n'avait pas été copiée^ que tout à coup changeant d'idée, le commandant supérieur Tavait fait reprendre.

Néanmoins les quatre ou cinq copistes employés à ce travail avaient extrait les parties les plus intéressantes du bienheureux numéro.

C'est ainsi que 'Metz eut connaissance de la proclamation du gouvernement de la défense nationale au peuple français, de la circulaire du ministre des affaires étrangères aux agents diplomatiques dans laquelle se trouve cette phrase :

a Nous ne céderons ni un pouce de notre territoire^ ni une pierre de nos forteresses. Une paix honteuse serait une guerre d'extermination à courte échéance. »

Tous les journaux cités dans ce numéro applaudissent à cet énergique langage; le Volontaire^ luimême, oubliant ses divergences d'opinion avec M. Jules Favre, imprime sous la signature de M. Xavier Eyma :

a Bien des difficultés sont à vaincre encore ; mais nous avons tout lieu de croire qu'elles ne sont point insurmontables. Ne ralentissons point pour cela la somme de nos efforts ; ne perdons rien de notre

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énergie. Nous sommes toujours en face de l'ennemi.

• Nous y serons jusqu'au jour oU la paix pourra être signée dans les termes que M, Jules Favre a si noblement exprimés, »

Le Français expliquait en ces termes Tadmiration que lui inspirait la conduite du commandant en chef de Tarmée du Rhin :

« Tout ce qu'il était humainement possible de faire pour vaincre, le maréchal Bazaine l'a fait. Chaque jour il a livré des combats gigantesques, tenant tête toujours et partout, déroutant les généraux ennemis par les conceptions les plus audacieuses et les plus imprévues^ transportant son armée partout où besoin était, combattant trois jours sur quatre, sans trêve, sans relâche, avec d'infatigables soldats; cerné^ sans nouvelles, n'en pouvant donner lui-même^ isolé au milieu des flots prussiens comme une île dans la mer, Bazaine lutte et lutte toujours. »

« Que la voix du pays s'élève si grande qu'elle dépasse les lignes prussiennes, qu'elle porte aux habitants de Metz, à l'armée de Bazaine, à son chef héroïque, l'hommage de notre admiration. »

Si la voix du rédacteur du Français ^ bloqué dans Metz avec nous, avait, elle aussi, dépassé les lignes prussiennes, elle eût modéré l'enthousiasme de cette feuille pour « le chef héroïque. »

En effet, l'opinion publique s'inquiète de l'inaction de l'armée, l'impatience grandit chaque jour et

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