Chapitre VingtièJite. 2i
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une légère vapeur. L'heureux et riche pays ! pourquoi faut-il qu'il soit ainsi dévasté par cçs hordes, qui font, au xix® siècle, une guerre de barbares !
Aujourd'hui, lundi 3 octobre, réouverture du théâtre de Metz, non pas dans la salle de la préfecture, encombrée pour le moment par les provisions de l'intendance, mais dans l'enceinte même du fort Bellecroix. Les artistes sont les comédiens ordinaires du 10® bataillon de chasseurs et du 63® de ligne, le lustre est avantageusement remplacé par un beau soleil d'automne.
Le commandant du lo® chasseurs, M. Lesert, a envoyé des invitations aux dames de la ville, et pour la circonstance les fraîches toilettes sortent des armoires, et les gardes-malades quittent un instant leurs blessés.
Le rendez -vous est à deux heures, sur la place d'armes du fort. Un petit théâtre a été improvisé, la musique militaire sert d'orchestre et entame une grande marche pendant que l'on prend place sur les bancs disposés circulairement.
Une volée de canons envoyée aux Prussiens par le fort de Queuleu remplace avantageusement les trois coups traditionnels ; cette musique en vaut une autre.
Voici le programme de la représentation :
Grande marche.
Vive le Picton,
Souvenirs de Baden-Baden,
214 Mets; iSyo.
£e5 Tribulations d'un cocher.
Les Chasseurs,
L'Enclume.
Le Petit Pillou.
Les Bords du Rhin .
Vive Msieu le Maire,
Le Charlatan,
On a beaucoup ri et particulièrement applaudi un spirituel fantassin dans la scène comique intitulée : Vive le Picton, ainsi que le chœur des chasseurs, fort bien accompagné par la fanfare du lo® bataillon. Il commençait à faire un peu froid, les dames ont remonté leurs châles, ramené sur elles leurs manteaux et sont restées jusqu'à la fin. Après quoi l'on s'est séparé, remerciant nos braves soldats de trouver encore le temps de nous distraire, lorsqu'ils savent si bien l'employer à nous défendre.
Les nouvelles les plus contradictoires n'en continuent pas moins à circuler^ on parle d'une grande victoire remportée le 24 sur les Prussiens, auprès d'Étampes, par un mouvement combiné des armées de Paris et du Midi; mais ce ne sont que des rumeurs. On parle aussi des négociations pour la paix entre M. Jules Favre et M. de Bismark, mais nul ne sait quel en est le résultat, ou ceux qui le savent ne le veulent pas dire.
Le 4 octobre, je publiais dans l'Indépendant de la Moselle l'article suivant, qui n'était, avec ses erreurs matérielles, ses hypothèses, ses espérances, ses