‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 131 sur 162 · Chapitre Vingtième · texte numérisé non relu

Chapitre Vingtième

pris sur eux les journaux et les papiers dont ils étaient porteurs.

Nous sommes rejoints par des chasseurs de la garde qui ont tué tous les servants d'une batterie formidable du côté de Ladonchamps; ils ramènent les chevaux harnachés, sans avoir pu enclouer les canons, qui sont à culasse mobile. On n'a pas l'idée d'une incurie pareille. Les chasseurs se sont fait écharper pour se rendre maîtres de la batterie et l'on n'a même pas pensé à leur donner les moyens de la ramener, ou tout au moins de la détruire.

Une mauvaise nouvelle nous arrive; le général Gibon dont la brigade avait un instant battu en retraite devant un ouragan de fer et de feu, s'est élancé en avant en criant à ses hommes : « N'ayez pas peur, mes enfants, je vous servirai de gabion! » L'héroïque soldat a tenu parole, et quelques instants plus tard, il tombait grièvement blessé ; mais il avait ramené sa brigade !

La nuit survient bientôt ; elle tombe vite en octobre. Le fourrage projeté sur les Grandes et les Petites- Tapes a échoué et nous devons avoir un grand nombre d'hommes hors de combat, à en juger par le nombre de blessés que nous ramènent les voitures d'ambulance et par celui des écloppés qui reviennent en tirant la jambe et s'appuyant sur leur chassepot.

Pourtant, tout le terrain indiqué par les ordres de l'état-major avait été conquis, et nos soldats expriment tout haut leur étonnement de battre sans cesse

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en retraite après avoir battu rennemi. Probablement, le commandant en chef médite quelque plan très-compliqué, dont ce sanglant combat est une des phases, et la discipline veut qu*on obéisse sans chercher à comprendre.

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