‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 2 sur 162 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Départ. — La gare de TEst.— De Paris à Metz. -^ En wagon * -^ Frouard. — Les houblonnières. — Arrivée. — L'hôtel de Metz. — Coup d'œil sur la ville. — Histoire d'une fausse nouvelle. — L'état -major de la place* — ' Le manège Lazare. — Mon cheval jaune, — * Préparatifs. — Les marchands de Metz. — Le café Parisien.

j5 Juillet 1870.

Ce jour-là Paris, habituellement surexcité, bouillonnait sous un ciel de feu. A la Bourse, que je traversai, on suspendait les transactions entre le départ et Tarrivée des donneurs de nouvelles^ qui se succédaient sans relâche, faisant la navette entre le Corps législatif et le péristyle. On se ruait sur euxj

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on les entraînait au risque de les mettre en pièces ; on s'interrogeait sans se connaître au milieu de la rue. La Grand'ville, frappée d'un immense vertige, semblait ne plus avoir qu'une unique pensée.

Vers quatre heures^ une rumeur vague se répand, croît, éclate enfin sur mille points divers : « La guerre est déclarée. » La nouvelle se propage rapide comme la foudre dans Paris affolé; je l'apprends devant un de ces cafés du boulevard où* comme les Athéniens dont parle saint Luc, les Parisiens passent leur vie à donner des nouvelles et à en recevoir.

La guerre ne me séduisait point ; quelle qu'en fût l'issue, je savais trop que la France ne pouvait qu'y perdre, soit que vaincue elle subît Tenvâhissement de son territoire, soit que victorieux Napoléon lui imposât sa dynastie. Puis j'étais nourri, je dois en faire l'aveu, de ces billevesées humanitaires et cosmopolites, des rêves de paix universelle du bon abbé de Saint-Pierre, qui seront peut-être la vérité dans les âges futurs, mais qui ne sont aujourd'hui que songes creux. MM. les Prussiens nous l'ont, hélas ! abondamment démontré.

Quoi qu'il en fût, j'avais promis de partir, je ne pris que le temps d'embrasser les miens, de jeter au hasard quelques effets dans une valise ; et, lesté d'un assez léger repas, je me dirigeai vers la gare de l'Est.

La place, littéralement encombrée, offrait ce coup d'œil animé que les Parisiens ont eu si souvent de-

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