Chapitre Septième, bb
transports d'enthousiasfme, les promeneurs s'arrêtent, les amoureux cessent de jaser et les enfants de jouer. Un seul cri sort de toutes les poitrines : a Aux armeSy citoyens ! » Essayez donc de ne pas devenir chauvin dans un milieu pareij I
/«» août.
Il se forme à Metz des francs-tireurs, des batail* Ions de garde nationale, et l'on parle aussi de la formation d'un corps spécial, dit corps franc des chemins de fer j et destiné à rendre de très-grands services.
Le 2° corps, placé sous le commandement du général Frossard, se masse dans les environs de* Forbach; on évite d'en parler à Metz, ce qui ferait supposer qu'il se prépare quelque chose d'important de ce côté. Le général Frossard est sous les ordres du maréchal Bazaine, qui opère du côté de Sarrelouis. On croit à un grand mouvement d'ensemble. Ce qui est évident, à l'air mystérieux de ces messieurs de la cour, c'est qu'il se prépare un événement important.
2 août.
La fameuse opération a eu lieu. Il paraît qu'elle était projetée depuis plusieurs jours et avait été tenue très-secrète.
Ce matin un train spécial a emmené l'empereur, son fils et leur suite dans la direction de Sarrebrûck.
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La nouvelle s*en est répandue rapidement en ville et y a causé la, plus vive émotion. La foule assiège les abords de la gare, de la préfecture, du bureau de police^ en un mot de tous les endroits où elle suppose avoir des nouvelles.
A trois heures^ grande rumeur, vivats, etc., l'empereur est de retour; nous venons, dit-on, de remporter une grande victoire, Sarrebrûck est en cendres, nous avons fait je ne sais combiende prisonniers, tué je ne sais combien de milliers d'hommes. De minute en minute la victoire prend des proportion s colossales, qu'une dépêche officielle affichée au bureau de police vient réduire à des limites plus raisonnables.
En résumé, nous avons surpris les Prussiens en nombre inférieur et nous les avons rejetés au delà de Sarrebrûck, dont nous n'avons pas daigné nous emparer. Le corps du général Frossard occupe les hauteurs de Spickeren, dont ses soldats ont délogé l'ennemi. Ce n'est pas à proprement parler une victoire, mais c'est un succès, et, tel qu'il est, il a cet avantage de donner une grande confiance au soldat qui a pu apprécier la supériorité du chassepot sur le fusil prussien et l'efifet foudroyant des mitrailleuses. Le jeune prince a reçu le baptême du feu, il est probable que ce premier combat avait été un peu préparé à son intention. En tout cas, c'est un présage heureux au début de la campagne; on est plein de confiance et l'on n'attend plus que le signal d'entrer en Prusse,