CHAPITRE XI
La journée du 1 1 . — Gras-Château. — Le poulet du 43«. — Observatoire improvisé. — Les Prussiens refusent la bataille. — Démission du maréchal Lebœuf. — Les.Prussiens à Nancy. — Arrestation de l'espion SchûU. — Le marchand de porcelaines. — Reconnaissance des chasseurs d'Afrique. — Dîner au camp de Borny. — Routes militaires. — Les éclaireurs prussiens. — La bataille. — Le jour de l'Assomption. — La trêve. — Les morts.
// août.
Deux avis du préfet et du maire, agissant par les ordres du commandant supérieur, informent les habitants des communes qui veulent se réfugier dans Metz, qu'ils ne seront admis à entrer et à séjourner dans la place qu'autant qu'ils justifieront qu'ils apportent avec eux des vivres pour quarante jours au moins. Ces deux avis sont datés du loaoût'.
Il est aujourd'hui question d'une bataille aux environs de Glatigny et des Étangs. Les 2«, 3® et
I . Ces deux avis, ainsi que l'ordre du commandant supérieur, daté du 12 août, ne furent jamais sérieusement exécutés. Plus de vingt mille bouches inutiles trouvèrent dans Metz un asile qu'on aurait dû les obliger de chercher ailleurs.
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4*^ corps occupent la ligne courbe qui s'étend du château de Mercy à Sainte-Barbe en passant par Laquenexy, Maizery, Grigy et Glatigny.
De bon matin nous partons avec d'Herbinville pour rejoindre l'arrière-garde du 4» corps où nous comptons des amis. Le temps à'est mis au beau, l*air est vif et nous franchissons rapidement la distance qui nous sépare de Gras-Château où se trouve le quartier général du général Ladmirauld.
Nous nous arrêtons à une misérable auberge qui fait le coin de la route de Boulay et du chemin de Sainte-Barbe; mais nous avons été devancés par des officiers du 43^ de ligne qui ont raflé les maigres provisions du lieu. Plus un poulet en vie. A peine un morceau de pain bien rassis et un verre de vin de pays. C'est maigre pour des gens qui viennent de si loin et qui se sont levés de si bonne heure ! Qu'on se figure bien en nous entendant traiter si sérieusement la question de nourriture que c'est, en campagne, je ne dirai pas la seule, mais à tout le moins celle qui prime les autres.
Par bonheur, les officiers du 43® ont réservé deux poujets pour la popote du soir, et ils ont la générosité de nous en céJer un. Ce n'est pas, on le pense, une poularde de Bresse, mais à cheval donné regarde t on le licol? Nous nous jetons sur l'infortuné — préalablement fricassé — et le dévorons avec l'appétit de gens à jeun et pressés de voir une bataille.
Un coup de rhum à la gourde nous sert de des-