‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 57 sur 162 · Chapitre Onpème · texte numérisé non relu

Chapitre Onpème

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poussent des cris de joie. Sans doute ces broussailles qui flambent ont pour but d'attirer de ce côté Tattention de Tennemi, et très-prochainement il se passera sur la gauche un événement important.

L'heure de la retraite a sonné pour nous, la lune nous ayant fait faux bond nous saisissons sur un bûcher des branches enflammées en façon de torches pour éclairer notre route. Tout le camp est en liesse, mais il me semble voir planer la mort sur ces figures joyeuses. Ma gaieté s'évanouit et c'est le cœur serré que je presse les mains de mes amis du 5i®; peut-être que demain quelques-uns manqueront à l'appel.

14 août.

Grand branle bas ce matin dans les rues. Le pavé résonne sous le pas des chevaux et le roulement des caissons et des voitures du train fait mettre aux habitants le nez à la fenêtre.

Je suis la foule des badauds, et parvenu à la Mo-^ selle j'apprends que toute l'armée passe, moitié sur lès ponts de la ville, moitié sur les ponts volants, de l'autre côté de la Moselle.

L'empereur et son fils^ accompagnés de leur état-* major et des cent-gardes^ sont partis à neuf heures pour Longeville oCi ils vont momentanément loger^ me dit-on, dans la maison du colonel Hennoque. Une proclamation qui s'étale sur les murs annonce, ce départ dont tout le monde semble content, car,

94 Met!jf lêjo.

à tort ou à raison, l*on attribue nos premiers revers au chef de l*État.

Voici cette proclamation, telle que je Tai copiée sur mon carnet :

(c S, M. r Empereur aux habitants de la ville

de Met^,

a En vous quittant pour aller combattre ^invasion je confie à votre patriotisme la défense de cette grande cité. Vous ne permettrez pas que l'étranger s'empare de ce boulevard de la France, et vous rivaliserez de dévouement et de courage avec l'armée.

t Je conserverai le souvenir reconnaissant de l'accueil que j*ai trouvé dans vos murs et j*espère que dans des temps plus heureux je pourrai venir vous remercier de votre noble conduite.

« Du quartier impérial dé Met^, le 14 août 18 70.

a NAPOLÉON; *

C'est en vain que je tente de traverser la rivière ; les ponts sont encombrés, le défilé des troupes et des bagages se fait avec une extrême lenteur, et des sentinelles placées à la tête des ponts empêchent — avec raison — les civils d'augmenter le désordre inséparable d'un tel déménagement.

Je me résous donc à patienter, je passerai toujours lorsque l'armée aura fini de défiler et je reviens

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