‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 69 sur 162 · Chapitre Douzième. u · texte numérisé non relu

Chapitre Douzième. u

chef des éclaireurs, qu*il n'y avait aucun Prussien dans les environs .

Quelques instants après les obus tombaient dans son campement, ses chevaux dessellés et allant à Tabreuvoir.

Au reste, en dépit des avis du maire de Gorze, qui avait signalé hier soir le passage de troupes ennemies dans sa commune, on était si bien renseigné sur la marche des Prussiens que l'intendant en chef avait envoyé MM. Legrand, fournisseurs des vivres et viande, à Vionville et à Tronville, occupés par l'ennemi depuis la veille.

Au moment où les premiers obus tombaient sur la cavalerie de réserve et sur le 2® corps, le prince Murât déjeunait tranquillement. On vient le prévenir. Son Altesse daigne sortir la serviette à la main.

— N'est-ce que cela ? dit-il, ce n*est pas sérieux, nous avons le temps de prendre le café.

Au milieu de la journée, un des médecins nous raconte que le maréchal Bazaine a failli être pris ou tué par des hussards prussiens, au moment où il se trouvait au milieu de Tartillerie de la garde. Urf moment séparé de son escorte, il a dû mettre Tépée à la main. On Ta cru perdu, mais lorsqu'on a pu le dégager on l'a vu chargeant avec la fougue d'un jeune homme et le sang-froid d'un vieil homme de guerre. A peine dégagé, le maréchal profite de l'hésitation de l'ennemi et fait avancer les grenadiers. Cela se passait aux environs de Flavigny.

Vers le soir, à la dernière attaque de Tennemi,

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tentative désespérée contre le 3® corps et le 3« grenadiers, une partie de ce régiment s*est trouvée dans une position fort critique. Ils étaient là une centaine d'hommes groupés autour de leur drapeau et se défendant en désespérés contre les Prussiens qui surgissent de toutes parts des bois oti ils se tenaient cachés.

Juchée sur un petit mamelon, cette poignée de braves se défendait avec le courage du désespoir, à moitié enveloppée dans la blanche fumée de la poudre.

« Au drapeau I au drapeau ! » ne cessait de crier Tofficier qui agitait en Tair le palladium sacré du régiment.

Tous mouraient à leur poste, mais la position était critique. Le petit groupe allait s*éclaircissant, le drapeau n'était plus qu'une loque noire de poudre.

Tout à coup le clairon retentit sonnant la charge avec fureur, des cris enthousiastes arrivent jusqu'aux combattants.

C'est le 3® bataillon du 5 1® de ligne conduit par

*le lieutenant-colonel Bréard, qui arrive au pas de

course, fait un temps d'arrêt pour envoyer une

bordée de chassepot aux Prussiens et descendant le

mamelon tombe sur eux à la baïonnette.

Les Allemands reculent sous cette attaque impétueuse que viennent renforcer les voltigeurs de la garde, et réponses par l'irrésistible élan de nos sol* dats les Prussiens regagnent les bois.

Le drapeau du 3« grenadiers était sauvé I

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