Chapitre Trei\ième
Aussitôt, nous voyons s'allumer sur la lisière des bois qui l'entourent, du côté de Magny, de Pouilly et de Merci-le-Haut.
Le feu de renncmi devient àt plus en plus vif, mais sans causer grand tort au brave petit fort qui répond de son mieux, et dont quelques obus por* tent en plein sur une batterie ennemie.
Les projectiles allemands, au contraire, bien que le tir ait été allongé, portent à peine jusqu'au glacis, la plupart tombent dans la Seille.
Le vent fraîchit à la hauteur où nous sommes, nous contournons la montagne et nous rencontrons des médeciqs de l'armée qui, les bras rouges de sang, se lavent à qui le mieux, après avoir, c'est leur expression, charcuté depuis le matin.
L'un d'eux donne à M. de Piolant des nouvelles de son frère, qui est sain et sauf. Le visage de notre compagnon s'éclaircit aussitôt et nous revenons plus gaiement à Metz, malgré l'encombrement provoqué par l'ineptie des convoyeurs.
j8 août.
Bataille encore. Nous allons bien, c'est la cinquième depuis le commencement du mois. Je n'ai pu y assister. Dès le matin j'étais parti pour Plappeville d'où je guettais la sortie du maréchal Bazaine qu'un officier d'état-major m'avait dit être à son quartier général.
C'est une belle maison de campagne, au milieu
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d*un parc ombragé, comme il y en a plusieurs à Plappeville. J*ai attaché Figaro au barreau d'une maison abandonnée; pour vingt sous un gamin du pays s'engage à me le garder toute la journée.
Je me promène de long en large espérant toujours que la grande porte de la maison va s'ouvrir pour livrer passage au maréchal et à sa brillante escorte; mais elle reste toujours muette.
Dans Téloignement le canon gronde cependant.
Des chevaux montent au galop la petite côte de Plappeville. Ce sont deux officiers d'état-major et leurs ordonnances. Les chevaux ruissellent de sueur. Leurs cavaliers sautent à bas de leur monture et pénètrent dans le parc par une petite porte à moitié cachée sous un lierre.
Je veux m'approcher des ordonnances, mais le factionnaire m'éloigne d'un geste significatif.
Je vois bientôt reparaître les deux officiers, qui, sans dire un mot, enfourchent leurs montures auxquelles ils enfoncent les éperons dans le ventre et descendent au galop la pente caillouteuse.
Il est on2e heures du matin. Rien ne bouge. Je pars en quête d'un morceau de pain et d'un verre de vin. Je trouve les deux espèces chez une vieille paysanne qui consent à recevoir le prix de son vin, mais refuse toute rétribution pour son pain, dont elle fourre le reste dans ma poche.
Je reviens m'asseoir à mon poste d'observation, fort indécis sur ce que je dois faire. Je fume pour tuer le temps et bientôt la place est jonchée