‹ Metz, 1870; notes et souvenirsChapitre 88 sur 162 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Serons-nous assiégés? — Où est Mac-Mahon? — Un chemin de fer prussien. — • Fermeture des cafés. — Le prince-abbé. -^ La garde nationale. — Les francs*tireurs. — M. Ward. — Quatre millions de cartouches. — Échange de prisonniers. — L'eau de Gorze. — La machine hydraulique. —

Le général Decaen.

22 août.

On attend) on désire Mac-Mahon depuis qu'il parait certain que les Prussiens se fortifient et entourent la plate de batteries de position qui s élèvent sur les hauteurs environnantes. Ce nom est sur toutes les lèvres et dans tous les coeurs. Lima* gination populaire, devançant les possibilités, fait tous les jours arriver devant nos murs l'héroïque vaincu de Reischoffen.

Hier on le disait à Étain? D'où le savait-on? Nul ne peut le dire^ mais comme on croit volontiers ce que Ton désire, tout le monde l'affirmait.

Dans tous les cas, un mouvement de troupes a eu lieu ce matin. Le 3« CK^rps a quitté précipitamment les hauteurs de Plappeville pour se porter eiv

144 Me/f iSjo.

tre les forts de Saint-Julien et de Queuleu. On croit qu'une partie de Tarmée va tenter d'opérer sa jonction avec celle de Mac-Mahon.

Il serait temps, car les Prussiens prennent fort au sérieux Tinvestissement de la place qu'ils comptent assiéger sans doute et qui sera d'une prise longue et difficile. Non content de rétablir les lignes détruites et de s'en servir pour ravitailler leurs troupes, il paraît, à ce que m'a dit M. Combler que j'ai rencontré aujourd'hui^ que nos ennemis construisent de Herny à Pont-à-Mousson un chemin de fer suivant la mode américaine, c'est-à-dire au moyen de quelques nivellements et de rails posés sur des traverses.

23 août.

Le général commandant supérieur vient de faire placarder un arrêté qui enjoint à tous les cafés et autres établissements de même nature d'être fermés à neuf heures du soir.

Cette mesure paraît contrarier beaucoup le princeabbé de Radziwil^ que nous avons depuis quelques jours prisonnier sur parole, et qui ne quitte presque pas le café Parisien, où il lie volontiers conversation. Je le trouve bien curieux pour un prisonnier sur parole.

On réorganise l'artillerie de la garde nationale pour faire le service des remparts et les jeunes gens de la viUe et des environs forment un corps de

Page 1